Et si le meilleur moyen de ralentir cet été consistait simplement à ouvrir un livre ? Dans un quotidien saturé de notifications, des romans, récits et autres essais invitent à lever les yeux des écrans. Alors, on pose son téléphone, on s’éloigne des autres écrans et on ouvre un livre sans prêter attention au temps qui passe.
Des romans “cocons” qui ralentissent le rythme
(|) Une soupe à la grenade de Marsha Mehran
Le décor : un petit village d’Irlande pluvieux, replié sur lui-même. Sur le papier, pas de quoi faire rêver, mais c’est là que trois jeunes sœurs ayant fui l’Iran au moment de la Révolution ont trouvé refuge et ouvert le Babylon Café. Alors que l’accueil des habitants est d’abord plutôt glacial, la cuisine persane des trois sœurs change les choses. Dans Une soupe à la grenade, l’autrice s’est inspirée de sa propre histoire pour donner corps à un roman chaleureux où chaque chapitre est accompagné d’une recette. De quoi perpétuer le plaisir une fois le livre terminé.
(|) La papeterie Tsubaki d’Ito Ogawa
À 25 ans, Hatoko est de retour à Kamakura, une petite ville japonaise au bord de l’océan. Là, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère, elle fait ses premiers pas comme écrivaine public. Avec bonheur, elle se plie aux exigences de tous ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. La papeterie Tsubaki est une ode à l’écriture manuscrite, au calme et aux petits gestes du quotidien.
(|) Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates d’Annie Barrows
Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates est un roman épistolaire plein d’humanité qui donne envie de débrancher le téléphone. On y suit Juliet, jeune écrivaine anglaise, qui, en janvier 1946, est à la recherche du sujet de son prochain roman. C’est alors qu’elle reçoit une lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey. Au fil des échanges, elle découvre son monde et celui de ses amis : celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…). Peu à peu, elle élargit sa correspondance et comprend qu’elle tient avec le Cercle le sujet de son prochain roman. Elle se rend alors sur place et ce qu’elle trouve là-bas change sa vie à jamais.
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Des essais et livres inspirants sur le rapport au temps
(|) Éloge de la lenteur de Carl Honoré
Dans une époque où tout va toujours plus vite, Carl Honoré enquête au cœur d’un courant d’opinion baptisé « Slow », qui propose de rééquilibrer rapidité et lenteur dans notre vie. Alors que nous avons tendance à privilégier la quantité des tâches à abattre à la qualité de nos actes du quotidien, l’auteur propose une réflexion accessible sur notre obsession de la vitesse : pourquoi sommes-nous si pressésh ? Pouvons-nous et voulons-nous aller moins vite ? Et si un bon usage de la lenteur pouvait rendre nos existences plus riches ? Pour une fois, prenons le temps d’y réfléchir et d’y répondre.
(|) Paresse pour tous d’Hadrien Klent
Dans ce roman où la fiction se mêle à de réelles théories économiques, Émilien Long, fictionnel prix Nobel français d’économie fait, dans son dernier ouvrage, Le droit à la paresse au XXe siècle, une proposition : et si on ne travaillait que trois heures par jour ? Très vite, portée par la renommée de l’économiste et le sérieux de ses analyses, l’idée fait son chemin dans le débat public et devient le sujet sur lequel tous doivent se prononcer. L’ampleur est telle qu’Émilien Long se voit poussé par ses proches à l’élection présidentielle de 2022. L’enjeu est simple : changer de modèle de société, sortir d’un productivisme morbide pour redécouvrir le bonheur de vivre. Paresse pour tous rend crédible une utopie, celle d’une société qui renverse ses priorités et prend le temps d’exister.
Et pour ceux qui apprécient la plume de l’auteur, il a sorti début mai un nouveau roman : Le jour zéro. Cette fois-ci, le point de départ est un monde où plus aucun appareil électronique ne fonctionne après une tempête solaire. Tandis que certains font tout pour revenir au plus vite au monde d’avant, d’autres se saisissent de cet événement pour interroger notre société. À l’échelon local comme à la tête de l’État, la même question revient : et si c’était l’occasion inespérée de nous réinventer ?
Pour une digital detox “évasion”
(|) Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson
Passionné de voyages et d’aventures, Sylvain Tesson a parcouru le monde depuis les années 1990. Mais, après une chute d’un toit en 2014 qui le laisse le visage en partie paralysé, sourd d’une oreille et avec une perte du goût, il prend conscience qu’il dispose en France d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, où le silence et le vide sont rois. « La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre. » Loin du bruit et de l’hyperconnexion, Sur les chemins noirs invite à faire une pause et à suivre l’auteur dans son voyage vers la réappropriation de son corps.
(|) Voyage au bout de la solitude de Jon Krakauer
Ce livre, dont Into the Wild est l’adaptation cinématographique, est le récit biographique de Christopher McCandless, un jeune homme s’étant lancé dans un voyage initiatique au début des années 1990. Après avoir été diplômé de l’université, il décide de ne pas suivre le chemin tout tracé vers le rêve américain : il coupe tout rapport avec sa famille, se débarrasse de ce qu’il lui reste de sa bourse et se lance dans un périple de deux ans au plus près de la nature américaine. Ses pas le mènent jusqu’en Alaska où il trouve finalement la mort, son corps ayant été découvert dans un bus abandonné. À travers un récit d’aventure introspectif, Voyage au bout de la solitude interroge notre besoin de retrait du monde.
(|) Mange, prie, aime d’Elizabeth Gilbert
Elizabeth a 30 ans et, sur le papier, a tout ce qu’il faut pour être heureuse : un mari dévoué, une belle maison et une carrière prometteuse. Pourtant, l’angoisse et le doute la rongent. Suivent un divorce, une dépression et une liaison désastreuse, jusqu’à ce qu’Elizabeth prenne une décision : tout plaquer pour partir seule à travers le monde. Elle pose alors ses valises en Italie, en Inde et à Bali, découvre d’autres cultures et modes de vie, à la recherche d’un équilibre qu’on appelle le bonheur. Mange, prie, aime est un autre roman relatant un voyage initiatique, axé sur le recentrage personnel et le besoin de ralentir.