La nouvelle série d’animation reprend l’humour cru de Big Mouth dans une comédie animale sur le désir et les ratés amoureux. Une suite spirituelle jugée efficace, mais moins mordante que son modèle.
Introduction
Après les tourments adolescents de Big Mouth, Netflix retourne du côté des pulsions, mais change de territoire. Mating Season, lancée ce 22 mai sur la plateforme, transpose l’humour sexuel, embarrassant et sentimental de ses créateurs dans une forêt peuplée d’animaux anthropomorphes. Le résultat vise clairement les amateurs de comédie animée adulte. Mais peut-on retrouver la même férocité comique quand les hormones quittent le collège pour les bois ?
De quoi parle cette comédie animale ?
La série suit quatre amis confrontés aux désirs, aux ruptures et aux fiascos de la vie amoureuse. Josh, un ours sensible doublé par Zach Woods, sort d’hibernation pour découvrir que sa compagne l’a quitté. Ray, raton laveur hédoniste incarné par Nick Kroll, drague tout ce qui bouge. Fawn, biche romantique jouée par June Diane Raphael, se remet mal de ses histoires passées. Penelope, renarde doublée par Sabrina Jalees, cherche sa place dans sa vie sentimentale.

La série mélange les codes de la comédie romantique, de la sitcom et du documentaire animalier salace. Les rencontres passent par des odeurs, des parades, des instincts, mais les névroses restent très humaines. Les héros se retrouvent au Watering Hole, leur bar de quartier, comme d’autres se retrouveraient dans un café new-yorkais…
Qu’en dit la presse ?
Les premiers retours saluent l’efficacité comique du projet. The Hollywood Reporter y voit « une série grivoise, absurde et parfois sincère sur le plan émotionnel », tout en soulignant son goût pour les bizarreries zoologiques.

Variety insiste de son côté sur l’inventivité : la série « fait preuve d’une grande créativité dans ses mélanges de clichés romantiques et de thèmes animaux ». Les poncifs de la drague, de la peur de l’engagement ou du chagrin d’amour sont recyclés par le biais de la forêt, avec une logique de détournement assez lisible pour parler aux fans de Big Mouth.
Les voix sont-elles convaincantes ?
Le casting vocal reste l’un des atouts les plus solides du show. « L’ensemble vocal […] est quasiment parfait », juge The Hollywood Reporter, citant « l’énergie débordante de Kroll », « l’insécurité impeccable de Woods » et « le charme anxieux de Raphael et Jalees ». Collider estime de son côté que « ce quatuor forme un groupe attachant » et parle d’un ensemble « étonnamment touchant », alors que la série « est tout sauf cela ».
Quelques réserves apparaissent en revanche entre les lignes. The Hollywood Reporter estime que la série « semble privilégier la mignonnerie à la compassion et la vulgarité au sentiment ». « On y trouve moins d’analyse d’une expérience de vie peu explorée que dans la série originale, même si le niveau d’humour est sensiblement le même », juge Variety de son côté. Slant Magazine, enfin, se montre plus sévère, pointant une série « moins pertinente que Big Mouth ne l’a jamais été ».