Le coup d’envoi se joue là où tout a commencé. À rebours des grandes rétrospectives commémoratives, le musée des impressionnismes de Giverny propose une lecture plus nuancée du peintre, centrée sur les débuts plutôt que sur l’apogée.
Le centenaire de la disparition de Claude Monet donne lieu, en 2026, à une programmation d’envergure entre Paris et la Normandie. Pour inaugurer cette séquence, le musée des impressionnismes de Giverny présente l’exposition Avant les nymphéas. Monet découvre Giverny, 1883-1890, proposant de revenir aux années d’installation du peintre, à un moment encore incertain de sa trajectoire.
Que raconte cette exposition inaugurale ?
Le parcours se concentre donc sur cette période, de l’arrivée de Monet à Giverny jusqu’à l’achat de sa maison, moment qui lui permettra de concevoir son jardin. À travers une trentaine d’œuvres, l’exposition documente l’exploration d’un territoire : berges de l’Epte et de la Seine, coteaux, champs de coquelicots ou peupliers, qui deviendront les motifs de son travail.
Ce choix permet de mettre en lumière une phase moins connue, marquée par des hésitations et une recherche active. « (…) On découvre (…) un Monet très humain dans cette exposition, un Monet qui doute quand il arrive à Giverny », souligne Marie Delbarre, assistante de recherche au musée des impressionnismes, au média Ici.
L’un des partis pris réside dans l’ancrage géographique de l’exposition : « Ces œuvres sont exposées là même où elles ont été peintes », souligne le magazine Géo, qui évoque « une manière concrète et immersive de redécouvrir le maître impressionniste. »
Que pense la critique de l’exposition sur Monet ?
Connaissance des arts décrit une exposition « courte (vingt-cinq tableaux), pédagogique et bien structurée », qui éclaire « comment l’artiste choisit ses points de vue » et amorce ses séries. « Monet découvre Giverny rassemble une trentaine d’œuvres rarement exposées » et donne à voir « un Monet inédit, travailleur, qui cherche », souligne de son côté Géo.
Ouest-France insiste de son côté sur « des années fondatrices » durant lesquelles l’artiste « explore son nouvel environnement, toute une topographie façonnée par la pluie et le brouillard, le soleil et les nuages ».
L’absence des Nymphéas et des images les plus iconiques peut dérouter une partie du public. Mais ce parti pris confère à l’exposition une fonction spécifique : celle d’un prologue. Elle prépare les grandes rétrospectives à venir tout en replaçant Giverny au centre du processus créatif.