Critique

Fiasco : le meilleur tournage raté de Pierre Niney et Igor Gotesman

25 avril 2024
Par Laurent Frey
“Fiasco” est disponible depuis le 30 avril sur Netflix.
“Fiasco” est disponible depuis le 30 avril sur Netflix. ©Netflix

Onze ans après leur première fiction produite ensemble, les deux amis se retrouvent devant et derrière la caméra pour Fiasco, une minisérie déjantée attendue le 30 avril sur Netflix.

La première fois qu’Igor Gotesman évoque le projet de Fiasco à son ami Pierre Niney, c’est en 2010. Le réalisateur termine la production de son court-métrage nommé Five, et il veut réaliser une série sur la famille du cinéma et le chaos des tournages. Pierre Niney travaille alors sur un sujet analogue, celui des castings, et propose à Gotesman de le rejoindre sur le projet.

C’est ainsi que l’acteur, réalisateur et scénariste devient l’un des auteurs de Casting(s), un format court produit par Canal+. Nous sommes en 2013, et la popularité de Pierre Niney explose, d’un côté avec cette série qui totalisera trois saisons, de l’autre avec 20 ans d’écart, le film qui le révèle au grand public.

Affaire de famille

Malgré son succès, Niney n’oublie pas les deux meilleurs amis qu’il compte dans l’industrie : Igor Gotesman et François Civil (qu’il connaît depuis des années et qui jouait déjà dans Casting(s)). Le trio se retrouve en 2016 dans Five, le premier long-métrage d’Igor Gotesman, où les comédiens incarnent trois des cinq amis d’enfance du film. On y retrouve déjà toutes les thématiques que Gotesman chérit : l’amitié, la famille, les mensonges, et une inexorable spirale de catastrophes.

©Netflix

Igor Gotesman poursuit ces thématiques dans Family Business, qui l’érigent au rang d’auteur de confiance. Cette dernière fait partie des rares séries françaises à être renouvelée pour trois saisons par Netflix. Cette fois, aucune trace de Pierre Niney ou de François Civl. Il faudra attendre ce mardi 30 avril pour voir les trois amis se retrouver à l’écran dans la minisérie Fiasco, à nouveau sur Netflix.

Anatomie d’un tournage catastrophe

Dans Fiasco (co-crée et co-scénarisée par Igor Gotesman et Pierre Niney) on suit le tournage chaotique du premier film de Raphaël Valande (Niney), un biopic ambitieux qui traverse les époques (Vikings, préhistoire, Seconde Guerre mondiale…).

Cependant, Raphaël est un jeune premier trop timide, incapable de se faire entendre, et qui, forcément, fait tout de travers. Alors, quand l’équipe découvre que quelqu’un essaie de saboter le tournage, c’est le début du fiasco.

©Netflix

Là encore, on retrouve les thématiques chères à Gotesman, puisque le personnage de Pierre Niney est un menteur compulsif. Raphaël passe son temps à s’enfoncer en croyant bien faire, frôlant avec l’illégalité et les magouilles pour reprendre le contrôle de son tournage. La série est un faux documentaire, ou plutôt un faux making-of, en l’occurrence, et on y sent l’influence de sitcoms américaines telles que The Office.

L’humour est créé par le malaise et la galerie de personnages, tous plus loufoques et dégénérés les uns que les autres, incarnés par un casting trois étoiles : Géraldine Nakache, Djimo, Louise Coldefy (vue dans Family Business) et bien d’autres. Les plus attachants étant le producteur ringard incarné par Pascal Demolon et le meilleur ami de Raphaël, Tom (François Civil), acteur adepte de « la Méthode », qui consiste à rester en permanence dans son personnage, quitte à confondre la fiction et la réalité.

©Netflix

Et, comme dans The Office, les personnages sont pathétiques. Ça nous amuse aux premiers abords, mais, plus ils s’enfoncent dans leur médiocrité, plus leur destin se révèle triste, ce qui fait de Fiasco une comédie parfois amère. Les magouilles cachent un mal-être profond chez Raphaël, comme chez le producteur Jean-Marc ou Magalie, l’assistance campée par Géraldine Nakache.

On regrette quelques longueurs (la série aurait gagné à compter un épisode de moins) et un final un peu trop artificiel, mais, dans l’ensemble, Fiasco ravira les fans de Family Business et de comédie. Le duo Igor Gotesman-Pierre Niney surprend une nouvelle fois, et ce dernier s’offre une formidable vitrine avec un rôle qui tranche avec ses autres compositions.

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