Actu

La France et l’Unicef lancent un appel pour défendre les droits de l’enfant en ligne

13 novembre 2021
Par Kesso Diallo
La France veut protéger les enfants.
La France veut protéger les enfants. ©Andrey Popov/Shutterstock

Plusieurs États, plateformes numériques et associations se sont joints à cet appel à l’occasion du Forum de Paris sur la paix.

Pour les enfants, le numérique est à la fois bénéfique, avec l’éducation, mais aussi néfaste, avec les réseaux sociaux. C’est une chose que la France reconnaît et pour laquelle elle a lancé un appel avec le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) le 11 novembre, lors du Forum de Paris sur la paix. L’objectif est notamment de mieux protéger les enfants en ligne : « Nous appelons les gouvernements, les fournisseurs de services en ligne et les organisations concernées à coopérer plus étroitement pour protéger les droits de l’enfant en ligne », peut-on lire sur le document présentant l’appel à l’action.

Plusieurs pays se sont joints à la France et à l’Unicef dans cette initiative, à l’image de l’Italie, du Luxembourg ou encore de l’Argentine. Cet appel à l’action est aussi soutenu par les plateformes numériques comme Meta, Snap, YouTube ou Google, ainsi que par de nombreuses associations et organisations non gouvernementales telles que e-Enfance ou Génération numérique.

Protéger les enfants face aux menaces de l’environnement numérique

Par le biais de cette initiative, les différents signataires veulent rendre le cyberespace plus sûr pour les enfants : « Nous sommes résolus à prendre les mesures nécessaires pour permettre aux enfants d’utiliser les technologies numériques de façon plus sûre, sans être exposés à l’intimidation ou au harcèlement en ligne ni à d’autres formes de violence en ligne telles que les discours de haine. » Selon une étude récemment menée par la Caisse d’Épargne, en collaboration avec e-Enfance, 20 % des enfants de 8 à 18 ans ont en effet déjà été victimes de cyberharcèlement.

Cet appel demande également une révision des algorithmes des plateformes susceptibles de proposer des contenus préjudiciables aux enfants. Les réseaux sociaux, notamment Instagram, sont justement accusés de nuire à la santé mentale et physique des jeunes utilisateurs avec une surexposition aux vies apparemment idéales d’autres personnes, ainsi qu’à des images et publicités inappropriées. L’application de photos et de vidéos appartenant à Meta est particulièrement critiquée depuis les révélations des Facebook Files.

Face à ces accusations, ces plateformes ont déclaré qu’elles allaient prochainement introduire des outils de « contrôle parental » ou des fonctionnalités pour protéger les enfants et les adolescents. Des mesures que certains n’estiment pas suffisantes : « On peut construire beaucoup d’outils… mais toutes ces fonctionnalités sont inutiles, car les enfants mentent sur leur âge. Pour moi, c’est le gros problème », a déclaré Justine Atlan, directrice de l’association e-Enfance. En France, les réseaux sociaux sont interdits aux moins de 13 ans. Une étude menée par l’agence Heaven avec l’association Génération numérique a pourtant révélé que les enfants en dessous de cet âge y sont très présents. Concernant l’appel à l’action, la France et l’Unicef prévoient de faire un premier bilan des efforts réalisés dès le début de l’année prochaine, avant une réunion lors du prochain Forum de Paris sur la Paix.

Lire aussi

Article rédigé par
Kesso Diallo
Kesso Diallo
Journaliste