Critique

Vous avez aimé Your Name ? Vous allez adorer Suzume

12 avril 2023
Par Agathe Renac
“Suzume” est sorti ce 12 avril au cinéma.
“Suzume” est sorti ce 12 avril au cinéma. ©Crunchyroll

Après avoir cartonné au Japon, le nouveau film de Makoto Shinkai sort dans les salles françaises aujourd’hui. Tout comme Your Name, Suzume et son univers magique et poétique devrait devenir un véritable phénomène dans l’Hexagone.

Makoto Shinkai enchaîne les succès. En 2016, Your Name était devenu le film d’animation le plus lucratif de tous les temps en récoltant 350 millions d’euros de recettes au box-office mondial. Son intrigue fantastique, sa poésie et la beauté de ses plans avaient séduit les spectateurs, qui n’attendaient qu’une chose : un nouveau film du réalisateur.

Sorti le 11 novembre 2022 au Japon, Suzume a déjà envoûté l’archipel, en engrangeant plus de 90 millions d’euros sur le territoire. Prochaine destination : la France. Le long-métrage parviendra-t-il à charmer nos spectateurs ? Selon nous, tous les ingrédients sont réunis pour assister à la naissance d’un nouveau phénomène.

Le retour des amants maudits

Your Name suivait l’histoire de Taki et Mitsuha, deux adolescents qui échangeaient leurs corps durant leur sommeil, alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Suzume s’intéresse encore à la jeunesse japonaise, en nous présentant des personnages tout aussi intéressants. La lycéenne Suzume vit dans la petite ville de Kyushu. Sur le chemin de l’école, elle rencontre Sōta, un étudiant tokyoïte qui est à la recherche de portes mystérieuses. Les deux inconnus vont très rapidement se retrouver liés par une quête magique qui les mènera aux quatre coins du pays.

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Contrairement à Your Name, les protagonistes vont faire ce périple ensemble. Ils peuvent se voir et se toucher, mais Makoto Shinkai utilise encore une fois sa thématique favorite : celle de l’amour impossible. On ne vous spoilera pas cette transformation étonnante, mais un envoûtement modifiera l’apparence de Sōta, ce qui bousculera le cours de l’histoire et de la relation entre les deux adolescents.

Que ce soit les personnages principaux ou secondaires, toutes les personnalités que l’on rencontre durant le film sont attachantes. Elles sont sensibles, touchantes et vraiment drôles. C’est le genre de protagonistes qu’on ne veut pas quitter lorsque le générique de fin apparaît.

Des catastrophes en série

Pour son sixième long-métrage, Makoto Shinkai ne perd pas de temps. Il plante le décor, l’intrigue et les personnages très rapidement, et nous embarque dans son histoire dès les premières minutes. Tout va très vite et on n’a pas le temps de s’ennuyer durant ces deux heures de film. Tout comme Your Name, Suzume repose sur un principe fantastique.

Tout commence quand l’adolescente rencontre Sōta, qui est donc à la recherche d’un lieu abandonné. La jeune femme est sous le charme de cet inconnu et décide de partir à sa recherche, dans les montagnes. À défaut de le trouver, elle tombe sur une porte délabrée, qui trône au milieu de ruines.

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Curieuse, Suzume tourne la poignée et laisse s’échapper des portes magiques aux quatre coins du Japon. Ces dernières contiennent des monstres géants et invisibles, qui causent des séismes dans les villes qui les entourent. Guidée par Sōta, Suzume va devoir toutes les refermer pour sauver des milliers de personnes.

On retrouve là une thématique déjà abordée dans Your Name. En effet, Makoto Shinkai traite encore une fois la question des catastrophes naturelles, notamment celle qui a eu lieu en 2011 au Japon. À la différence des précédents films du réalisateur, Suzume contient de nombreuses scènes d’action. Il se démarque par son rythme, qui maintient notre attention du début à la fin.

Une invitation au voyage

De la même manière que dans Your Name, la quête des héros est un prétexte pour nous faire voyager à travers le pays. Campagne, montagne, centre-ville, parc d’attractions laissé à l’abandon… Les aventures des personnages les mènent dans des lieux très différents, et c’est toujours très beau.

L’animation de Makoto Shinkai est splendide, les couleurs sont magnifiques et le tout est sublimé par la bande-son du groupe RADWINPS, qui était aussi à l’œuvre sur Your Name et Les Enfants du temps. Les musiques sont toujours aussi mélodieuses, mais certaines, plus intenses, accompagnent des scènes épiques, comme les combats avec les monstres.

On retrouve avec plaisir la poésie qui nous avait marqués dans les précédents films du réalisateur. Le voyage entrepris par l’adolescente est aussi un moyen d’aborder la thématique du deuil avec beaucoup de douceur. Finalement, Suzume reprend tous les ingrédients qui nous avaient séduits dans Your Name, tout en parvenant à créer son propre univers et son propre rythme – et le résultat est juste génial. On est ressorti de la salle un peu chamboulés, avec un grand sourire aux lèvres, et l’intime conviction que ce long-métrage allait devenir un film doudou par excellence.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste