Critique

Berserk : un peu de noirceur dans ce monde de brutes

07 juin 2024
Par Antoine
Berserk : un peu de noirceur dans ce monde de brutes
©DR

Récit médiéval-fantastique à tendance ultra-violente, le manga Berserk s’est, dès sa première parution en 1989, imposé comme LA référence du genre.

Le manga de Kentaro Miura nous plonge dans le quotidien sanglant de Guts, jeune homme au tempérament flamboyant et à la force surhumaine, qui se retrouve embrigadé dans la célèbre troupe du Faucon, commandée par le charismatique Griffin. Là ses compétences au combat vont lui valoir une place de choix mais aussi son lot de malheurs et de souffrance. Surtout quand des forces obscures et démoniaques se rajoutent au tableau… Tout ce qu’on peut dire sans trop dévoiler le scénario, c’est que notre héros va en baver. Et pas qu’un peu !

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Bien que ne se déroulant pas dans notre monde, l’univers de Berserk emprunte beaucoup à l’époque médiévale européenne et notamment à ses périodes les plus difficiles telle que l’Inquisition du XIIe siècle et la Grande Famine du XVIIe siècle, où la mort planait sous maintes formes et la répression régnait. Difficile donc, dans ce décor peu enclin au bonheur, de tout simplement vivre et encore moins d’aimer.

Berserk est une oeuvre sombre et cruelle, et elle l’est à mesure que la plume de Kentaro Miura devient implaquable et précise. Certes les premières planches du manga seront jugées un peu vieillotes, voire médiocres, mais au fur et à mesure des cases et des volumes, le style s’affine, se perfectionne pour finalement nous éblouir de noirceur et d’horreur. Miura n’hésite pas à jouer sur les contrastes et un style nerveux proche du crayonné, pour appuyer les accès de rage de Guts. Il adopte parfois un style plus classique, académique même, pour nous présenter des champs de bataille qui fourmillent de détails le tout sur une double page pleine. Incroyable !

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On entend déjà les critiques s’élever : « N’importe quoi ! C’est qu’un manga de bourrins ! ». Peut-être ces critiques sont-ils passés à côté de l’histoire, qui monte en intensité et en profondeur au fil du temps, ce qui fait de Berserk une œuvre vicérale et mélancolique. Avec son lot de tristesse et de désespoir, le personnage de Guts se débat (malgré l’épée gigantesque qu’il se trimballe), et lutte pour conserver son humanité et protéger ceux qu’il aime.

Le manga Berserk n’est pas une œuvre à mettre entre toutes les mains et se destine à un public averti, mais il est clairement un incontournable du genre !

Article rédigé par
Antoine
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