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Test de la Laifen Wave Pro : une brosse à dents connectée qui la joue haut de gamme

07 juin 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Laifen

La jeune marque chinoise Laifen débarque sur le terrain des Philips et Oral-B avec une brosse soniques-oscillante, une appli bardée de réglages et un tarif agressif. Au-delà des alléchantes promesses, ce tout tient-il vraiment la route ?

En résumé

Au final, la Laifen Wave Pro réussit son entrée dans un secteur pourtant encombré par des géants. Son mouvement hybride sonique-oscillant constitue une vraie proposition technique, son application offre une finesse de réglage rare, et son tarif de départ la rend immédiatement crédible face aux références haut de gamme. La Wave Pro n’est pas toutefois pas exempte de réserves. L’autonomie réelle s’éloigne nettement des 70 jours promis dès qu’on l’utilise sérieusement, même si elle reste confortable dans l’absolu. Mais si vous cherchez une brosse bien construite, richement paramétrable et abordable, et que l’idée d’un mouvement de brossage différent vous séduit, la Wave Pro mérite franchement le coup d’œil. Si en revanche votre priorité absolue est une autonomie de plusieurs semaines sans recharge ou des résultats cliniquement validés, mieux vaut tempérer vos attentes ou regarder du côté des valeurs sûres du marché.

Les plus et les moins
  • Le mouvement hybride sonique-oscillant
  • L'application aux très (très) nombreuses variations de réglages
  • Le tarif de départ agressif, avec deux têtes incluses
  • La qualité de fabrication de la version aluminium, solide et compacte
  • L'autonomie réelle très en deçà des 70 jours annoncés en usage intensif
  • La base de charge magnétique propriétaire, sans recharge USB-C directe
  • L'absence de preuve clinique démontrant un nettoyage supérieur

Introduction

Dire que Laifen est pressé tient du doux euphémisme. La marque n’a en effet que six ans d’existence et déjà l’ambition de bousculer les références du soin bucco-dentaire. Fondée en 2019, elle s’est d’abord fait connaître sur les appareils de soins personnels avant de se tourner vers les brosses à dents en 2023 avec la Laifen Wave, qui embarquait une technologie de servomoteur empruntée à la robotique. La Wave Pro reprend le flambeau et arrive sur un marché verrouillé depuis des années par deux mastodontes, Philips Soniccare et Oral-B. Autant vous dire que pour exister face à eux, il faut proposer autre chose qu’une énième brosse vibrante.

C’est précisément le pari de cette nouvelle venue. Sur le papier, la fiche technique a de quoi attirer l’œil. Elle propose en effet un mouvement qui combine vibrations soniques et oscillation mécanique, six modes de brossage, une application mobile aux mille et une variations, une certification d’étanchéité IPX8 et jusqu’à 70 jours d’autonomie annoncés.

Le tout au prix public conseillé de 99,99 € à son lancement en France. Un prix éminemment agressif face à la concurrence haut de gamme. Voyons ce que cela donne une fois la brosse en main (et en bouche).

Design et ergonomie

Le premier contact avec l’appareil est à la fois rassurant et étonnant. La version aluminium que nous avons eu entre les mains pèse 149 grammes. Un poids qui inspire immédiatement confiance, loin de la sensation plastique de certaines concurrentes.

La qualité de fabrication se montre donc absolument excellente. Et avec sa douzaine de centimètres de long, le manche se glisse sans difficulté dans une trousse de toilette pour partir en voyage.

La Wave Pro se décline en quatre finitions, avec une version en plastique (ABS), une en aluminium, une en acier inoxydable et enfin une version en noir transparent. On apprécie bien sûr la présence d’une étanchéité IPX8, même si c’est censé aller de soit pour une brosse à dents. La connectique, en revanche, réserve une surprise qui ne plaira pas à tout le monde. La brosse ne se recharge pas en USB-C directement. Il faut passer par une base magnétique propriétaire, elle-même reliée en USB-C. Le câble fourni, tressé, mesure 1 mètre.

À l’usage

C’est ici que la Wave Pro entend briller pour éclipser la concurrence. Plutôt que de se contenter de vibrations comme la plupart des brosses soniques, elle combine deux mouvements. Cette architecture permet d’atteindre une oscillation ample de 60° associée à 66 000 vibrations par minute. L’idée derrière cette combinaison ? Accompagner la méthode de brossage Bass, largement recommandée par les dentistes pour nettoyer efficacement le long des gencives.

Les 66 000 vibrations par minute placent la Wave Pro tout en haut du tableau. Pour situer, la Philips Sonicare 9900 Prestige et l’Oral-B Pulsonic Slim Luxe 4100 plafonnent à 62 000 VPM, tandis que la plupart des autres concurrentes se contentent d’environ la moitié. Sur le papier, l’écart est donc notable.

Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut crier victoire trop vite. À l’heure actuelle, il n’existe en effet aucune preuve clinique scientifique démontrant que cette approche hybride apporte une amélioration significative par rapport aux brosses électriques déjà sur le marché. La promesse technologique est séduisante, l’innovation du mouvement bien réelle, mais la supériorité concrète en matière de nettoyage reste à étayer.

L’application et les modes

La Wave Pro propose deux modes principaux, Daily Clean et Deep Clean, chacun décliné en trois niveaux d’intensité, soit six combinaisons pour adapter le brossage à ses préférences. De quoi couvrir aussi bien le nettoyage quotidien que les sessions plus appuyées.

Mais le vrai terrain de jeu, c’est l’application. Celle-ci permet d’affiner chaque réglage avec une précision rare, en offrant plus de 1000 variations possibles d’intensité et de comportement. La minuterie, programmée par défaut sur 2 minutes, se révèle bien pensée : la brosse émet un petit bip toutes les 30 secondes pour signaler qu’il est temps de changer de zone. Et si deux minutes ne vous suffisent pas, l’application permet de moduler ce temps jusqu’à 5 minutes selon vos habitudes.

L’appli embarque aussi quelques attentions appréciables. Un mode avion verrouille la brosse pour éviter qu’elle ne se déclenche toute seule au fond d’une valise, et la Wave Pro supporte même les mises à jour firmware, chose rare sur une brosse à dents et qui laisse entrevoir des améliorations futures. En revanche, la traduction n’est pas toujours irréprochable, même si cela ne pose pas de problème pour naviguer dans les menus.

L’autonomie

Sur le papier, le constructeur annonce jusqu’à 70 jours d’autonomie. C’est deux fois mieux que la Laifen Wave non Pro, qui se contente de 30 jours annoncés. Voilà qui devrait limiter les contraintes de recharge au quotidien.

Sauf que la réalité de l’usage tempère sérieusement cette annonce. Avec un brossage régulier, deux à trois fois par jour, et en jonglant entre les différents modes, la batterie est passée de 100 % à 20 % en tout juste un mois. On est donc loin des 70 jours promis dès lors que l’on utilise la brosse intensivement et que l’on sollicite les modes les plus gourmands. La promesse constructeur correspond manifestement à un usage plus modéré. Toutefois, dans l’absolu, une autonomie d’un mois est déjà très bien. D’autant qu’elle se recharge très facilement sur son socle.

Conclusion

Au final, la Laifen Wave Pro réussit son entrée dans un secteur pourtant encombré par des géants. Son mouvement hybride sonique-oscillant constitue une vraie proposition technique, son application offre une finesse de réglage rare, et son tarif de départ la rend immédiatement crédible face aux références haut de gamme. La Wave Pro n’est pas toutefois pas exempte de réserves. L’autonomie réelle s’éloigne nettement des 70 jours promis dès qu’on l’utilise sérieusement, même si elle reste confortable dans l’absolu. Mais si vous cherchez une brosse bien construite, richement paramétrable et abordable, et que l’idée d’un mouvement de brossage différent vous séduit, la Wave Pro mérite franchement le coup d’œil. Si en revanche votre priorité absolue est une autonomie de plusieurs semaines sans recharge ou des résultats cliniquement validés, mieux vaut tempérer vos attentes ou regarder du côté des valeurs sûres du marché.

Article rédigé par

Journaliste