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Test du Vasco Translator Q1 : le traducteur vocal qui veut cloner votre voix

01 avril 2026
Par Sofian Nouira
Test du Vasco Translator Q1 : le traducteur vocal qui veut cloner votre voix
©Vasco Electronics

Vasco pousse le curseur avec le Q1 : traduction vocale en temps réel, SIM mondiale intégrée et clonage vocal par IA. Reste à savoir ce que ça donne vraiment à l’usage.

En résumé

Si nous avions un doute sur son utilité réelle avant de le tester, le Vasco Translator Q1 nous a rassuré sur le fait qu’il ne s’agit pas du tout d’un gadget. Pour autant, il ne s’adresse pas non plus à tout le monde. Il s’agit en effet avant tout d’un outil de niche, qui s’adresse aux voyageurs fréquents. Pour eux, la combinaison SIM mondiale à vie, traduction d’appels en temps réel et format poche représente une proposition forte, que les smartphones peinent à complètement répliquer. Le Q1 ne réussit pas pour autant tout ce qu’il entreprend. On peut notamment lui reprocher un écran trop petit qui pénalise la traduction photo et la saisie texte. Mais c’est le prix de la compacité. En revanche, son clonage vocal My Voice reste trop aléatoire selon les profils de voix pour être considéré autrement que comme une fonction expérimentale. De même, la réactivité générale mériterait d’être améliorée. L’addition est de plus assez salée. Toutefois, malgré ces reproches, si vous traversez régulièrement des frontières linguistiques et que vous avez besoin d’un outil autonome qui ne dépend pas de votre téléphone, le Q1 mérite clairement votre attention.

Les plus et les moins
  • Le format compact et costaud, pensé pour le voyage
  • La SIM 4G fonctionnelle partout dans le monde, avec données illimitées à vie et sans abonnement !
  • La traduction d'appels téléphoniques en temps réel, une vraie nouveauté sur ce segment L'appareil photo 13 Mpx, suffisant pour la traduction visuelle
  • La reconnaissance vocale fiable en mode bouton
  • Le double micro à réduction de bruit et le haut-parleur suffisamment puissant
  • L'écran trop petit pour la saisie texte et la lecture des traductions photo
  • Le clonage vocal My Voice, très inégal selon les profils de voix
  • La réactivité en deçà des promesses, mais qui reste correcte
  • Le mode automatique capricieux, sujet aux confusions de langues
  • La batterie qui se décharge un peu plus vite que prévu en veille

Faut-il encore acheter un traducteur dédié en 2025 ? La question mérite clairement d’être posée. Samsung intègre la traduction en temps réel dans ses Galaxy, Apple fait de même sur iPhone, et Google va jusqu’à cloner la voix de l’utilisateur sur ses Pixel 10. Le marché du traducteur de poche aurait pu disparaître, étouffé par la suprématie des smartphones. Ce qui n’empêche pas Vasco Electronics d’avoir un avis différent. Avec son Translator Q1, le fabricant polonais contre-attaque avec un boîtier compact qui promet une traduction instantanée dans plus de cent langues, la connectivité mondiale sans abonnement et un système de clonage vocal baptisé My Voice.

Le tout pour la coquette somme de 549 euros au moment du lancement. Nous l’avons longuement utilisé pour vérifier si la promesse tient la route.

Un format poche bien pensé, taillé pour le voyage

La compacité est la première bonne surprise pour nous qui n’avions jamais testé de produit de la marque. Avec ses 115 × 61 × 17 mm et 147 grammes, le Q1 tient dans la paume. c’est le gabarit d’un petit lecteur MP3 d’il y a quinze ans, en un peu plus large.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

L’écran IPS de 3,54 pouces occupe l’essentiel de la face avant, flanqué de quelques boutons physiques sur les tranches : mise sous tension, volume, et surtout deux touches dédiées à la traduction, l’une pour votre interlocuteur, l’autre pour vous. Une barre LED complète le dispositif et permet un retour visuel sans même regarder l’écran. Le tout n’est d’ailleurs pas sans faire penser à certains anciens smartphones Sony Xperia.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Côté construction, Vasco annonce une résistance à la poussière, aux éclaboussures et aux chutes. Pas de certification IP formelle communiquée cela dit, mais le Q1 inspire confiance avec son châssis rigide et ses finitions soignées. Notre modèle de test arborait le coloris Mystic Plum, un violet sombre plutôt élégant. On note aussi la présence d’une lampe torche intégrée, un détail qui prend tout son sens quand on veut photographier un menu dans un restaurant mal éclairé à l’étranger.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Sous le capot, un SoC MediaTek MT8766V accompagné de 3 Go de RAM et 32 Go de stockage. Rien d’extravagant, mais c’est cohérent avec la mission du produit : traduire, pas faire tourner des jeux vidéo. La batterie de 2 500 mAh se recharge via USB-C. Vasco promet entre 2 et 5 jours d’autonomie selon l’intensité d’utilisation, et jusqu’à 160 heures en veille. Nous avons de notre côté plutôt constaté un peu moins d’une dizaine d’heures en usage intensif. Ce qui reste honnête pour ce type d’appareil mais se situe donc clairement dans le bas de la fourchette annoncée. La veille, elle, s’est révélée conforme aux annonces, même si la batterie a tendance à se vider un peu plus vite qu’on ne l’espérerait au repos.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

La SIM intégrée, argument massue du Q1

C’est probablement le point qui justifie le mieux l’achat d’un appareil dédié plutôt qu’une application sur smartphone. Le Q1 embarque une carte SIM 4G préchargée qui offre un accès internet illimité et à vie dans, selon Vasco, « près de 200 pays ». Une formulation qui ne manque pas de sel quand on sait que la communauté internationale n’en reconnaît que 195. Le Wi-Fi 2,4 GHz et 5 GHz vient compléter la connectivité quand un réseau est disponible.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Pas d’abonnement mensuel, pas de frais d’itinérance, pas de configuration manuelle. On allume, et ça se connecte. Pour un voyageur fréquent qui en a assez de jongler entre les eSIM locales à chaque passage de frontière, ce confort a une valeur réelle. Nous n’avons pas pu tester la couverture dans les 195 (ou « près de 200 ») pays en question, mais la connexion s’est établie sans difficulté lors de nos essais en France, en Espagne et en Allemagne.

Six modes de traduction, des résultats inégaux

L’interface est directe. Après un bref paramétrage, six modes s’affichent les uns sous les autres : conversation vocale, traduction photo, traduction texte, traduction d’appels, chat de groupe et un mode apprentissage façon Duolingo. Pas de menus imbriqués à l’infini, on s’y retrouve vite.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Le nombre de langues prises en charge varie selon le mode, ce qui peut prêter à confusion. Comptez 86 langues en traduction vocale, 108 en traduction texte, 113 en traduction photo et 53 pour la traduction d’appels. Pourquoi un tel écart ? Vasco ne l’explique pas vraiment.

Le mode conversation constitue le cœur de l’expérience. On tient le boîtier entre deux interlocuteurs, chacun appuie sur son bouton — ou laisse le mode automatique faire le tri — et la traduction s’affiche tout en étant prononcée à voix haute. Vasco revendique un temps de réponse d’environ une demie-seconde et une précision de 96 %. Dans les faits, nous avons constaté des délais sensiblement plus longs, avec plusieurs secondes de latence entre chaque traduction.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Le mode automatique, censé détecter qui parle sans intervention, s’est aussi montré capricieux d’après leurs essais, avec des confusions entre langues et des traductions erratiques quand l’appareil identifie mal le locuteur. La reconnaissance vocale en mode bouton, en revanche, s’est avérée quasi parfaite.

La traduction photo tire parti du capteur Sony de 13 mégapixels. On photographie un menu, un panneau ou une affiche, et le texte traduit s’affiche à l’écran. Rapide, fiable. Mais la taille de l’écran, 3,54 pouces oblige, contraint à zoomer et dézoomer sans arrêt pour lire les traductions complètes. On s’en lasse vite.

Test du Vasco Translator Q1
©L'Éclaireur Fnac

Le mode texte, lui, souffre du même problème de dalle trop exiguë. Taper au clavier virtuel sur un écran de cette taille relève de l’exercice de patience. Les erreurs de frappe s’enchaînent, au point qu’il vaut mieux passer par la reconnaissance vocale pour dicter son texte. Un comble pour un mode dédié à la saisie.

Le chat de groupe permet de réunir jusqu’à 100 participants, chacun dans sa langue, via un appareil Vasco ou l’application MultiTalk installée sur un smartphone. L’idée est séduisante pour des réunions internationales ou des visites guidées multilingues. La mise en place est toutefois un peu laborieuse, surtout si les participants n’ont pas déjà l’application.

Traduction d’appels en temps réel : la vraie nouveauté du Q1

C’est la grande nouveauté par rapport au Vasco V4 qui le précède, et aussi la fonctionnalité qui nous a le plus intrigués. Le traducteur permet de passer des appels téléphoniques avec traduction simultanée dans 53 langues. On sélectionne la langue de son correspondant, on compose le numéro, et un message automatique prévient les deux parties qu’un service de traduction est actif.

À l’usage, nous avons tenu plusieurs conversations assez soutenues avec des interlocuteurs allemands, anglais, espagnols et italiens, moyennant un rythme logiquement un peu ralenti par les délais de traduction qui se comptent en secondes. L’ensemble de l’échange s’affiche également en texte à l’écran, ce qui permet de vérifier la fidélité de la traduction au fur et à mesure.

Deux bémols tout de même. Seules 10 minutes d’appel sont incluses avec l’appareil. Au-delà, il faudra acheter des minutes supplémentaires au moment de notre test.

My Voice : le clonage vocal, entre curiosité et déception

C’est la fonctionnalité phare de la communication de Vasco, celle qui fait la couverture des communiqués de presse. My Voice utilise l’IA pour cloner le timbre et l’intonation de l’utilisateur. On lit un court texte affiché à l’écran, l’appareil analyse l’échantillon, et après quelques minutes de traitement, les traductions sont prononcées avec une voix censée ressembler à la vôtre.

L’idée est séduisante sur le papier. Plutôt qu’une voix robotique générique, vos traductions conserveraient une empreinte personnelle.

En pratique, les résultats s’avèrent très variables d’un utilisateur à l’autre. Nous avons obtenu coup sur coup des résultats parfois presque comiques tellement ils n’avaient rien à voir avec la voix d’origine et d’autres fois bluffants de ressemblance. Le petit haut-parleur du Q1, un peu métallique, n’arrange rien. On est loin de la prouesse démontrée par Google avec le Pixel 10, capable de cloner la voix en temps réel depuis le smartphone. My Voice reste donc une fonction certes intéressante, mais quasi expérimentale et pas encore aboutie.

Alors, pourquoi ne pas simplement utiliser son smartphone ?

C’est la question qui revient systématiquement dès qu’on parle de traducteurs dédiés. Vasco y répond avec quelques arguments qui se tiennent. Le Q1 ne vous bombarde pas de notifications en pleine conversation traduite, là où votre smartphone se chargera de vous rappeler que votre BFF a publié une story Instagram. La SIM intégrée vous affranchit du forfait mobile local et des Wi-Fi d’hôtel aléatoires. Et les deux micros à réduction de bruit couplés au haut-parleur sont dimensionnés pour fonctionner dans un hall de gare ou un marché bondé, des environnements où les micros de smartphone peuvent montrer quelques limites.

Conclusion

Si nous avions un doute sur son utilité réelle avant de le tester, le Vasco Translator Q1 nous a rassuré sur le fait qu’il ne s’agit pas du tout d’un gadget. Pour autant, il ne s’adresse pas non plus à tout le monde. Il s’agit en effet avant tout d’un outil de niche, qui s’adresse aux voyageurs fréquents. Pour eux, la combinaison SIM mondiale à vie, traduction d’appels en temps réel et format poche représente une proposition forte, que les smartphones peinent à complètement répliquer. Le Q1 ne réussit pas pour autant tout ce qu’il entreprend. On peut notamment lui reprocher un écran trop petit qui pénalise la traduction photo et la saisie texte. Mais c’est le prix de la compacité. En revanche, son clonage vocal My Voice reste trop aléatoire selon les profils de voix pour être considéré autrement que comme une fonction expérimentale. De même, la réactivité générale mériterait d’être améliorée. L’addition est de plus assez salée. Toutefois, malgré ces reproches, si vous traversez régulièrement des frontières linguistiques et que vous avez besoin d’un outil autonome qui ne dépend pas de votre téléphone, le Q1 mérite clairement votre attention.

Article rédigé par
Sofian Nouira
Sofian Nouira
Journaliste