Prise en main

Prise en main du Asus Zenbook Duo (2026) : un PC portable à 2 écrans enfin convaincant ?

19 juin 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©Asus

En matière d’ordinateur portable à double écran, Asus peaufine sa formule depuis 2024. Il aura toutefois fallu attendre cette édition 2026 du Zenbook Duo pour que le concept commence à tenir sa promesse initiale. La présence de la nouvelle plateforme Intel Panther Lake n’est sans doute pas étrangère à la réussite globale du produit. On vous dit tout.

En résumé

Après avoir tâtonné avec les deux précédents modèles de la gamme, Asus a eu raison de s’entêter. Ce Zenbook Duo 2026 parvient en effet à transformer un concept longtemps bancal en outil de travail crédible grâce aux deux dalles OLED qui recréent un véritable poste à double moniteur dans un sac à dos, à une autonomie qui encaisse une journée complète de bureautique en double affichage et une partie graphique qui surclasse tout ce que le segment des ultraportables propose en puce intégrée. Bien sûr, tout n’est pas encore parfait. En attestent le clavier perfectible une fois détaché et le gabarit « costaud » pour un 14 pouces (1,65 kg). Toutefois, malgré ces petits défauts, le Zenbook Duo 2026 est tout simplement la meilleure machine à date pour les utilisateurs pour qui le second écran en mobilité n’est pas un confort mais une nécessité.

Les plus et les moins
  • Les deux dalles OLED, aussi convaincantes empilées que côte à côte
  • L'autonomie qui tient une journée de travail, même en double écran
  • Les gains graphiques très nets de la puce Panther Lake La trappe SSD accessible en deux vis
  • Le clavier un peu mou, pénalisant une fois posé à plat sur un bureau
  • La logithèque préinstallée envahissante pour une machine à ce prix
  • Le gabarit et le poids en hausse face aux ultraportables classiques

Introduction

Le design général des PC portables n’a jamais évolué depuis leur création il y a des dizaines d’années. Il s’agit toujours d’une machine pliante avec un clavier surplombé d’un écran. Bien sûr, les technologies qu’embarquent nos PC portables modernes sont sans commune mesure. Dans le fond, leur gabarit n’a pas changé. Ces dernières années, nous avons tout de même eu droit à des tentatives du côté d’Asus et Huawei, avec des écrans pliants. Toutefois, le prix prohibitif de ces machines en faisait davantage des concepts commercialisés que des appareils à destination du grand public et capables de créer une véritable nouvelle catégorie.

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Asus reste le seul constructeur à s’accrocher à cette niche avec constance. Après le Zenbook 17 Fold de 2022 et son écran pliable fascinant (mais hors de prix donc), le fabricant a dégainé le premier Zenbook Duo de la formule actuelle en 2024, suivi d’une révision en 2025. À chaque génération, le même bilan en demi-teinte. Le concept séduisait, l’exécution laissait des regrets, entre l’écart disgracieux qui séparait les deux dalles, une autonomie en retrait et des performances graphiques tout juste correctes. Le millésime 2026 s’attaque frontalement à ces trois reproches. Nous avons utilisé la machine pendant plusieurs semaines, en déplacement comme posée sur un bureau, pour vérifier si la formule tient enfin la route.

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Ce Zenbook Duo 2026 reprend la recette inaugurée il y a deux ans. Deux dalles tactiles de 14 pouces superposées, un clavier détachable qui vient se poser sur l’écran inférieur pour retrouver un format d’ordinateur classique, et une béquille intégrée pour exploiter les deux affichages une fois le clavier retiré. La nouveauté se trouve surtout sous le capot. Asus a en effet décroché la primeur des puces Intel Core Ultra Series 3, alias Panther Lake, gravées sur le procédé 18A du fondeur. Notre configuration de test embarque le Core Ultra X9 388H, accompagné de 32 Go de mémoire vive et d’un SSD de 1 To. Elle est commercialisée depuis quelques semaines en France à un tarif qui place d’emblée la machine face aux ultraportables les plus huppés du marché, alors même qu’elle vise un public bien particulier. À savoir les utilisateurs qui travaillent en mobilité et refusent de sacrifier leur second moniteur.

Design et ergonomie

Fermé, le Zenbook Duo passerait presque pour un portable ordinaire, à peine plus épais que la moyenne avec ses 23,4 mm. Le châssis est usiné dans le ceraluminum cher à Asus, un aluminium au traitement céramique agréable au toucher et peu sensible aux traces de doigts. Le coloris gris Moher, très sobre, ne cherche pas à attirer l’œil. L’ensemble affiche 1,65 kg sur la balance avec le clavier, soit environ 300 g de plus qu’un ultraportable de 14 pouces classique. On les sent dans le sac, mais le calcul reste imbattable face à un attelage ordinateur plus moniteur portable, câbles compris.

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L’évolution la plus visible concerne la charnière. Asus annonce un écart entre les deux dalles réduit de 70 % par rapport au modèle précédent. De fait, moins d’un centimètre sépare désormais les deux affichages une fois la machine dépliée, et l’œil finit par reconstituer une image quasi continue. La béquille intégrée au dos autorise plusieurs configurations.

Écrans empilés en paysage, le mode le plus convaincant à nos yeux, deux colonnes verticales en portrait, ou ouverture à plat à 180 degrés pour partager l’affichage avec un vis-à-vis. Notez que la stabilité varie selon les usages. Irréprochable avec les écrans superposés, la béquille demande un angle bien précis en portrait côte à côte, sous peine de tanguer.

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Quelques concessions demeurent. Voyager sans le clavier laisse un interstice entre les deux dalles refermées, où la poussière du sac peut se glisser. En mode portrait, la connectique se retrouve répartie entre le haut et le bas de la machine, une position peu commode pour brancher le chargeur. Bon point en revanche pour la trappe logée sous la béquille. Deux vis Torx suffisent pour accéder au SSD, un M.2 2280 au format standard, seul composant remplaçable de l’engin. La connectique, justement, reste complète pour le gabarit, avec deux ports Thunderbolt 4, un USB-A, une sortie HDMI 2.1 et une prise casque.

Le clavier détachable

Le clavier Bluetooth se fixe sur l’écran inférieur par aimants et connecteurs pogo, et se recharge automatiquement dans cette position. La course des touches atteint 1,7 mm, une valeur honorable pour un format aussi fin. Posé sur la machine, il nous a permis d’enchaîner les longues sessions de frappe sans fatigue particulière. Nous avons d’ailleurs relevé un peu plus de 100 mots par minute sur un test de dactylographie, soit notre rythme habituel.

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Le tableau se gâte une fois le clavier posé à plat sur un bureau. Privé de la moindre inclinaison, il impose aux poignets une position inconfortable. La sensation de frappe est assez bonne dans l’ensemble, même si nous n’aurions pas été contre des touches un peu plus fermes.

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Pour un usage sédentaire prolongé, un bon clavier externe rendra clairement de meilleurs services. Le pavé tactile remplit son office, avec un clic assez ferme. En plus des habituels gestes à plusieurs doigts pour contrôler Windows, Asus y a intégré des zones de balayage pour régler le volume et la luminosité.

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Les écrans

Chaque moitié de la machine accueille une dalle OLED Lumina Pro de 14 pouces, définie en 2 880×1 800 pixels, tactile, avec un rafraîchissement variable de 48 à 144 Hz. Asus revendique un pic de 1 000 nits en HDR ainsi qu’un traitement censé réduire les reflets de 65 %. Des chiffres que nous ne manquerons pas de vérifier une fois la machine passée sous les sondes de notre Labo Fnac. À l’usage, les deux affichages livrent en tout cas ce que l’on attend de l’OLED, des noirs profonds et des couleurs flatteuses, avec une lisibilité correcte en extérieur.

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C’est surtout la logique d’ensemble qui convainc. Empilés en paysage, les deux écrans reproduisent le confort d’un poste de travail à double moniteur, document principal en haut, références, messageries ou notes en bas. Le gain de productivité est incontestable dans un train ou un café, sans le moindre câble à transporter.

La webcam 1080p, correcte sans plus, rappelle toutefois que le mode portrait a ses limites. Le capteur se retrouve alors sur le côté et l’image ne pivote pas automatiquement. Mieux vaut donc repasser en paysage pour les visioconférences. Le système audio à six haut-parleurs, étonnamment puissant, met très en avant les voix, parfois au détriment des basses.

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Les performances

La bonne surprise de ce PC n’est pas visible d’emblée puisqu’elle se niche sous le capot. L’appareil embarque en effet un Core Ultra X9 388H doté de 16 cœurs capables de grimper à 5,1 GHz. La partie CPU est une championne des benchmarks synthétiques et fait mieux que les plateformes Snapdragon X Elite et Ryzen AI de la génération précédente. Sans vous assommer de chiffres abscons, on note par exemple des scores d’un peu plus de 3 000 points en single-core et 17 178 en multi-core sur Geekbench et environ 3 800 points sur Cinebench 2026. Seul le MacBook Pro M5 fait mieux dans cette catégorie de machines. Des gains réels face à la génération précédente Arrow Lake, mais pas de quoi justifier à eux seuls un renouvellement.

La vraie surprise vient de la partie graphique. Forte de 12 cœurs Xe3, la puce graphique Arc B390 intégrée se fend de 13 488 points sur 3DMark Fire Strike. Sur le bench Steel Nomad, plus récent, l’écart se resserre face au M5 d’Apple, avec 1 491 points contre 1 134, mais l’avance demeure. Au-delà des chiffres, c’est vraiment en jeu que la machine est assez bluffante, pour un PC non gamer évidemment. Ainsi, Microsoft Flight Simulator 2024 tourne à une cinquantaine d’images par seconde en 1920×1200, avec les réglages certes au minimum. Il demeure néanmoins parfaitement jouable dans ces conditions. Moins exigeant, Fortnite affiche en réglage moyen entre 80 et 90 images par seconde. Pour une puce graphique intégrée dans un châssis aussi fin, le résultat force le respect. Le NPU embarqué fournit de son côté jusqu’à 50 TOPS, de quoi décrocher la certification Copilot+ et les fonctions d’IA locales de Windows 11.

L’autonomie

L’autre bonne surprise vient de l’autonomie, traditionnel talon d’Achille de la formule. Asus est ici parvenu à loger 99 Wh dans le châssis, répartis entre les deux moitiés de la machine, contre 75 Wh sur le modèle 2025. C’est tout simplement la capacité maximale autorisée en cabine d’avion. Le constructeur promet jusqu’à 18 heures de lecture vidéo avec les deux écrans actifs, une valeur à prendre avec les précautions d’usage.

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Nous avons tenu pour notre part une grosse dizaine d’heures par charge en bureautique double écran, navigateur bien rempli, messagerie et traitement de texte ouverts en permanence. Le chiffre varie évidemment beaucoup selon la sollicitation, mais une journée de travail complète loin d’une prise devient envisageable, là où les générations précédentes réclamaient le chargeur au mieux en milieu d’après-midi.

Le bloc 100 W USB-C, compact, est pour sa part annoncé capable de remonter à 60 % de batterie en 49 minutes.

L’interface utilisateur

Comme souvent chez Asus, la machine arrive chargée d’une logithèque conséquente. ScreenXpert échappe à la critique puisque ce logiciel orchestre toute l’expérience double écran, du clavier virtuel aux gestes de bascule des fenêtres.

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MyAsus rend aussi des services, entre gestion des profils de performance et suivi de la batterie. Le reste relève du superflu. GlideX et ses achats intégrés, des offres promotionnelles Adobe, un abonnement Dropbox temporaire et un raccourci McAfee glissé dans les favoris du navigateur. Sans parler de toutes les sollicitations propres à Microsoft.

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Journaliste

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