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Test de l’Apple Vision Pro M5 : une évolution sous le signe du confort et de la puissance

04 janvier 2026
Par Sofian Nouira
Test de l'Apple Vision Pro M5 : une évolution sous le signe du confort et de la puissance
©L'Éclaireur Fnac

Plus rapide, plus endurant et enfin confortable grâce à son nouveau bandeau, le nouveau Vision Pro M5 affiche toujours un prix capable de freiner bien des ardeurs.Voyons si cette nouvelle mouture a évolué par rapport à son illustre devancière.

En résumé

Le Vision Pro M5 améliore son prédécesseur sur quasiment tous les points qui compte. Le Dual Knit Band transforme l’expérience de port au quotidien, la puce M5 apporte une meilleure stabilité, l’affichage gagne en netteté et en fluidité, et l’autonomie supplémentaire, même modeste, change concrètement l’usage. visionOS 26 montre qu’Apple continue d’investir dans la plateforme, avec des ajouts intéressants. En revanche, le manque de certaines applications phare reste dommageables, même s’il reste possible d’y accéder à travers le navigateur web. Toutefois, même si des frustrations demeurent, le Vision Pro M5 se montre tout simplement éblouissant quand il s’agit de l’utiliser avec un Mac à travers la fonction Mac Virtual Display, de regarder une vidéo en mode home cinéma immersif ou de consulter les contenus spatiaux souvent bluffants. Si vous avez déjà le modèle M2, les améliorations ne justifient pas de débourser de nouveau près de 4000 euros. L’achat du seul Dual Knit Band devrait suffire à votre bonheur. Pour les autres, si vous avez les moyens de vous l’offrir et que les points forts évoqués plus haut vous séduisent, vous auriez tort de vous priver.

Les plus et les moins
  • Le confort enfin à la hauteur grâce au Dual Knit Band
  • Les performances de la puce M5
  • Autonomie allongée de 30 à 60 minutes
  • visionOS 26 s'étoffe avec widgets, Spatial Scenes
  • Affichage 120 Hz, zone fovéale élargie
  • Mac Virtual Display encore amélioré
  • La qualité de fabrication, toujours aussi impressionnante
  • Aucune réduction du poids/taille du casque
  • Écosystème d'apps toujours lacunaire
  • Pas de Visual Intelligence, Siri limitée
  • Passthrough peu amélioré

Dire que le monde de la Tech s’est trouvé sonné en février 2024 par le lancement du premier Vision Pro d’Apple tient de l’euphémisme. La marque californienne avait frappé fort avec un casque de réalité mixte bardé de capteurs, pilotable du regard et des doigts, avec des dalles micro-OLED d’une densité à faire pâlir n’importe quel écran existant.

Mais d’emblée, un frein majeur est apparu avec un tarif de 3 499 dollars à sa sortie aux États-Unis, puis 4000 euros avec les taxes en Europe. Ce qui destinait ce produit à quelques heureux fortunés technophiles. Dix-huit mois plus tard, le soufflé est un peu retombé. Depuis, l’intelligence artificielle ne cesse de vampiriser l’attention médiatique, tandis que Meta vend ses Ray-Ban connectées par wagons et que Samsung prépare son propre casque spatial avec Google Gemini aux commandes.

C’est dans ce contexte qu’Apple dévoile la seconde itération de son Vision Pro, équipé d’une puce M5. La même donc que nous vous avons déjà évoqué dans notre test du MacBook Pro M5.

Test Apple Vision Pro M5
Le produit est livré avec une protection pour sa face avant.©L'Éclaireur Fnac

Le design et l’ergonomie

Visuellement, rien ne distingue ce Vision Pro M5 de son prédécesseur. On retrouve la même coque en aluminium, magnésium et fibre de carbone, la même façade en verre courbé abritant 12 caméras et capteurs IR, le même joint facial magnétique en mousse, la même batterie externe reliée par un câble propriétaire. Apple n’a pas touché au châssis. Le poids du module frontal reste supérieur à 600 grammes, soit la masse d’un petit casque de moto plaqué sur votre visage. Difficile de l’oublier.

Test Apple Vision Pro M5
©L'Éclaireur Fnac

Là où les choses deviennent intéressantes, c’est au-dessus et à l’arrière de votre tête. Le nouveau Dual Knit Band remplace l’ancien Solo Knit Band, ce bandeau unique qui ne tenait que l’arrière du crâne et laissait tout le poids reposer sur l’arête du nez. Le principe est simple, presque évident : deux bandes tricotées reliées, l’une passant derrière la tête, l’autre par-dessus. Un unique bouton-molette pilote la tension des deux. Poussé, il serre la bande arrière. Tiré, il ajuste celle du dessus.

Test Apple Vision Pro M5
©L'Éclaireur Fnac
Test Apple Vision Pro M5
©L'Éclaireur Fnac

Et puis il y a le détail qui change vraiment la donne avec des inserts en tungstène logés dans la partie inférieure du bandeau, faisant office de contrepoids. Résultat, le casque pèse techniquement plus lourd qu’avant, entre 750 et 800 grammes au total. Mais il paraît plus léger, parce que la charge se répartit sur l’ensemble du crâne au lieu d’écraser votre front. Nous avons porté le Vision Pro M5 plus de trois heures d’affilée sans ressentir l’envie irrésistible de l’arracher, ce qui n’était tout simplement pas envisageable avec le modèle précédent avec lequel nous tenions entre une heure et une heure trente au mieux. C’est ce qu’Apple aurait dû livrer dès le premier jour. Que les propriétaires du modèle M2 se rassurent, le Dual Knit Band est compatible et se vend séparément pour 99 euros.

Les performances

Le M2 du premier Vision Pro accusait déjà un petit retard à sa sortie puisque Apple commercialisait des Mac sous M3 au même moment. Avec le M5, gravé en 3 nm, on rattrape le peloton d’un coup. Plus de cœurs CPU et GPU, chaque cœur graphique embarquant son propre accélérateur neuronal, une mémoire plus rapide, 16 Go de RAM.

Les gains se font sentir, surtout en termes de stabilité. Là où le M2 peinait quand on empilait les fenêtres, avec parfois à la clé quelques chutes de framerate et des ventilateurs qui s’emballent, le M5 maintient le cap sans broncher.

Test Apple Vision Pro M5
©L'Éclaireur Fnac

Le chargement des applications est sensiblement plus rapide. Le suivi des mains gagne une fraction de seconde en réactivité, ce qui se ressent dans les jeux exigeants. Mais soyons honnêtes, au quotidien, l’écart avec le M2 ne saute pas aux yeux pour la navigation standard ou la consultation de contenus. Le premier casque était déjà excellent dans ce domaine. La vraie différence se niche dans les usages soutenus et le multitâche intensif.

Test Apple Vision Pro M5
L’encoche sur le casque pour brancher la batterie.©L'Éclaireur Fnac

Côté autonomie, l’efficacité énergétique du M5 porte ses fruits. Apple annonce désormais 2h30 d’usage général et 3 heures de lecture vidéo, contre 2 heures et 2h30 auparavant. Un gain de 30 à 60 minutes selon l’usage, vérifié lors de nos tests. Ça peut sembler modeste, mais quand votre casque s’éteignait auparavant pile à la fin du générique de Dune, cette demi-heure supplémentaire s’avère souvent salutaire. La batterie, en revanche, reste externe, reliée par câble. Il va falloir s’y faire, d’autant que la concurrence a copié ce paradigme.

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©L'Éclaireur Fnac

L’affichage

Du côté des écrans, on retrouve les mêmes excellentes dalles micro-OLED. Il s’agit donc toujours de deux écrans cumulant 23 millions de pixels, soit une résolution supérieure au 4K par œil. Ce qui change en revanche, c’est ce que la puce M5 permet d’en faire. Le taux de rafraîchissement grimpe à 120 Hz, contre 100 Hz maximum sur le modèle M2. Le rendu fovéal, c’est-à-dire cette technique qui concentre la résolution là où votre regard se pose grâce à l’eye tracking, voit sa zone nette élargie d’environ 10 %. Apple parle de « 10 % de pixels rendus en plus », et le champ de vision gagne lui aussi une poignée de degrés.

Test Apple Vision Pro M5
Grâce au Mac Display, il est possible d’afficher quatre fenêtres qui resteront très lisibles.©L'Éclaireur Fnac

Concrètement, le texte est encore plus net et le défilement se montre plus fluide. C’est surtout sur la fonctionnalité Mac Virtual Display que le gain est le plus flagrant. Cet écran virtuel géant qui reproduit l’affichage de votre MacBook dans l’espace offre désormais des options Wide et Ultra Wide, avec un rendu aussi bluffant que parfait. N’y allons pas par quatre chemins : travailler deux heures sur ce moniteur virtuel incurvé est devenu un plaisir. À tel point que ce Mac Virtual Display nous semble être le meilleur argument du casque, surtout pour les professionnels nomades habitués aux configurations multi-écrans.

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La vue ultra width avec quelques fenêtres ouvertes seulement.©L'Éclaireur Fnac

Le passthrough, en revanche, ne connaît pas le même bond. La vue du monde extérieur gagne un soupçon de fluidité grâce au 120 Hz, avec un peu moins de motion blur, mais il n’y a pas de saut qualitatif notable.

L’interface utilisateur

À nouvelle puce, nouveau système. visionOS 26 accompagne cette mise à jour matérielle et apporte son lot de nouveautés, certaines plus marquantes que d’autres.

Les widgets persistants sont sans doute l’ajout le plus plaisant. On peut désormais épingler des blocs d’information (météo, calendrier, horloge, notes, musique) directement sur les murs de son environnement. Ils restent en place, session après session. L’effet est saisissant : regarder l’heure sur un cadran virtuel collé au mur de son bureau comme un vrai tableau, c’est exactement le genre de détail qui donne un avant-goût du futur de la réalité augmentée lorsqu’elle se sera démocratisée.

Test Apple Vision Pro M5
©L'Éclaireur Fnac

De leur côté, les Personas ont également fait d’énormes progrès. Ces avatars 3D, générés par les caméras frontales du casque, incluent maintenant les épaules, les mains, le profil du visage. La création prend moins d’une minute. Le résultat est plus réaliste, les mouvements plus naturels. Un appel FaceTime entre porteurs de Vision Pro, où les Personas flottent dans l’espace, se passent des objets 3D et maintiennent le contact visuel, a de quoi impressionner la première fois.

Test Apple Vision Pro M5
À droite, le personæ pourrait presque faire illusion… s’il soignait un peu plus le rendu des cheveux.©L'Éclaireur Fnac

On note aussi un nouveau geste pour accéder au Centre de contrôle, puisqu’il suffit maintenant de regarder sa paume, pincer, retourner la main. On adore la nouvelle fonctionnalité Spatial Scenes qui permet de convertir n’importe quelle photo 2D en scène 3D. La Spatial Gallery agrège pour sa part du contenu immersif à faire défiler, dans un format qui rappelle TikTok. Autant de petites briques qui enrichissent l’expérience sans la transformer radicalement.

Les applications

C’est ici que le bât blesse. Presque deux ans après le lancement du Vision Pro, le catalogue d’applications dédiées reste famélique. Pas de YouTube en app native. Pas de Netflix, il faut passer par Safari, avec une qualité d’image un peu dégradée qui fait forcément tache sur un écran aussi fin. Aucune application Google : ni Gmail, ni Maps, ni Chrome. Instagram ? Absent. Il est heureusement possible d’accéder à tous ces services à travers le navigateur Safari. Mais il est dommage que les éditeurs tiers boudent à ce point le Vision Pro. C’est d’autant plus étonnant que Netflix avait à l’époque dégainé une application pour l’Oculus Go, le tout premier casque autonome, dès sa sortie.

La plupart des apps disponibles sont des versions iPad tournant dans des fenêtres virtuelles plates, sans tirer parti de la dimension spatiale du casque.

La situation a très peu évoluée depuis février 2024. Quelques jeux natifs valent toutefois le détour, parmi lesquels Synth Riders, Beat Punch, Thrasher, et l’ajout du support des manettes PlayStation VR2 élargit les possibilités. Mais l’absence d’un vrai écosystème applicatif reste le frein principal à l’adoption, bien plus que le poids ou même le prix.

Côté contenus immersifs en revanche, Apple ne ménage pas ses efforts. Le catalogue d’Apple Immersive Video s’étoffe avec des productions soignées. On peut citer en exemple le documentaire MotoGP Tour de Force, le court-métrage de guerre Submerged signé Edward Berger, les vidéos Elevated: Hawaï avec leurs survols de volcans en activité, ou encore un film autobiographique centré sur Bono qui explore de manière inventive les possibilités du format spatial. Des partenariats avec la NBA et la Formule 1 sont annoncés par ailleurs. Chaque plongée dans ces contenus est proprement saisissante et nous rappelle le potentiel exceptionnel de ce produit.

Conclusion

Le Vision Pro M5 améliore son prédécesseur sur quasiment tous les points qui compte. Le Dual Knit Band transforme l’expérience de port au quotidien, la puce M5 apporte une meilleure stabilité, l’affichage gagne en netteté et en fluidité, et l’autonomie supplémentaire, même modeste, change concrètement l’usage. visionOS 26 montre qu’Apple continue d’investir dans la plateforme, avec des ajouts intéressants. En revanche, le manque de certaines applications phare reste dommageables, même s’il reste possible d’y accéder à travers le navigateur web. Toutefois, même si des frustrations demeurent, le Vision Pro M5 se montre tout simplement éblouissant quand il s’agit de l’utiliser avec un Mac à travers la fonction Mac Virtual Display, de regarder une vidéo en mode home cinéma immersif ou de consulter les contenus spatiaux souvent bluffants. Si vous avez déjà le modèle M2, les améliorations ne justifient pas de débourser de nouveau près de 4000 euros. L’achat du seul Dual Knit Band devrait suffire à votre bonheur. Pour les autres, si vous avez les moyens de vous l’offrir et que les points forts évoqués plus haut vous séduisent, vous auriez tort de vous priver.

Article rédigé par
Sofian Nouira
Sofian Nouira
Journaliste
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