Test Labo

Test Labo de l’Oppo A3 : de l’allure, mais des imperfections

27 septembre 2018
Par Mathieu Freitas, Jean-Charles Frelier
Test Labo de l'Oppo A3 : de l'allure, mais des imperfections

En résumé

Note LABOFNAC

L’Oppo A3 est un smartphone milieu de gamme plutôt réussi dans l’ensemble, et que l’on pourrait même prendre pour un modèle haut de gamme de prime abord grâce à un design particulièrement soigné. Ses 128 Go de stockage interne, qui plus est extensible, participent aussi à l’illusion, et on lui reconnaîtra sans peine des qualités pour l’affichage, l’audio ou encore la prise de vue. Également très endurant grâce à sa batterie de 3400 mAh, l’A3 trahit néanmoins son positionnement en raison des performances moyennes de l’Helio P60, mais aussi en faisant l’impasse sur l’étanchéité, l’USB-C et même sur le lecteur d’empreintes. Oppo propose à la place de ce dernier une reconnaissance faciale perfectible, et un smartphone peut-être un peu trop simple dans l’ensemble pour justifier son prix de lancement de 300 euros.

Note technique

Les plus et les moins

Les plus
  • Design très soigné
  • Grand écran de qualité
  • Qualité des photos avec le capteur 16 mégapixels
  • Autonomie longue durée
  • 128 Go de stockage extensible
Les moins
  • Pas de lecteur d'empreintes, ni d'USB-C
  • Performances moyennes de l'Helio P60

Détail des sous notes

Réseau et connectivité
Écran
Cette note reflète la qualité globale de l'écran
Photo
Cette note reflète la performance de l'appareil à produire des clichés de qualité
Autonomie
Plus la note est elevée et plus le smartphone restera allumé sans avoir à être rechargé.
Performance et rapidité
Un smartphone qui exécute le plus rapidement possible toutes sortes de tâches obtiendra un 10/10
Qualité audio
Cette note reflète de la qualité globale du système audio du smartphone

Notre test détaillé

Bien moins ambitieux que le Find X qui sera surtout pour Oppo l’occasion de démontrer son savoir-faire à un public français qui ne le connaît pas encore très bien, l’A3 peut tout de même compter sur quelques attributs qu’il est rare de trouver dans sa catégorie. Il inclut notamment, au sein d’un châssis alliant verre et métal, un espace de stockage particulièrement généreux. Si bien qu’il dénote un peu au milieu d’une fiche technique autrement assez classique. N’aurait-il donc pas été préférable d’en pousser d’autres aspects ? Réponse dans ce test.

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Smartphone milieu de gamme, l’Oppo A3 présente à l’avant un écran 19:9 avec encoche de 6,2 pouces sur lequel s’affiche, en Full HD+, l’interface de ColorOS 5.0 qui habille ici Android 8.1 Oreo. Également équipé d’une caméra de 8 mégapixels en façade, le smartphone en profite pour proposer de la reconnaissance faciale et se passer de lecteur d’empreintes. Un second capteur, de 16 mégapixels cette fois, est présent au dos alors qu’à l’intérieur se trouve un chipset octa-core fourni par MediaTek : l’Helio P60. Celui-ci est en outre accompagné de 4 Go de RAM et 128 Go de stockage, extensible via microSD. Une batterie de 3400 mAh alimente l’ensemble, qui permettra aussi de profiter de connexions 4G, Wi-Fi ac et Bluetooth 4.2.

L’ergonomie et le design

S’il n’hésite pas à sortir des sentiers battus pour apporter une touche d’originalité à ses terminaux haut de gamme, comme il l’a fait avec le système coulissant du Find X, Oppo fait pour l’A3 dans le très classique. Le smartphone se contente de reprendre les codes de la téléphonie mobile d’aujourd’hui, avec un écran plus ou moins bord à bord et dessinant une encoche autour du haut-parleur et de la caméra frontale, des tranches arrondies et des matériaux très brillants – plus exactement du verre et du métal – sur l’extérieur. Force est néanmoins de reconnaître que les finitions sont irréprochables, et mises en valeur par des coloris assez jolis. Le bleu acier de notre modèle de test est en tout cas très réussi, même si les traces de doigt viennent assez rapidement gâcher le plaisir des yeux sur la vitre arrière.

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Pour l’aspect un peu plus pratique, on notera tout de même que le grand écran du A3, souligné de plus par une bordure assez large en bas, impose des dimensions de 156 x 75,3 x 7,8 mm empêchant une prise assurée lors de l’utilisation à une main. Il est donc préférable de faire appel à la seconde pour éviter une chute qui pourrait bien être lourde de conséquences compte tenu des finitions brillantes du smartphone. Soulignons néanmoins qu’il ne laisse, en dehors de cela, pas apparaître de fragilité particulière malgré l’impression de poids plume qu’il peut laisser en main, et qu’Oppo fournit une coque pour les plus maladroits. Les boutons de mise en marche et du volume, respectivement sur les tranches droite et gauche, sont plutôt à bonne hauteur pour les actionner.

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Également dans la série des reproches, nous aurions préféré trouver du verre 2,5D plutôt qu’une vitre surélevée rendant son contour légèrement tranchant à l’avant, et surtout un lecteur d’empreintes facilitant le déverrouillage du smartphone. Oppo préfère ici s’appuyer sur sa technologie de reconnaissance faciale tout en précisant qu’elle n’est pas très sécurisée au moment de la paramétrer… Un choix pour le moins étrange donc, même s’il faut reconnaître que l’authentification est très rapide en pleine lumière. Également dépourvu de port USB-C – puisque c’est un bon vieux port micro-USB que l’on retrouve entre la prise jack et le haut-parleur multimédia au bas – et non résistant à l’eau, l’Oppo A3 manque donc aux exigences de l’image haut de gamme qu’il parvient certes très bien à se donner.

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

L’écran

Dans la tendance actuelle, l’Oppo A3 est équipé d’un écran de 6,2 pouces présentant un ratio 19:9 et une encoche au niveau de la bordure supérieure. Une partie des contenus sera donc tronquée en plein écran, et aucune option ne permet ici de la masquer dans les paramètres. Un choix qui risque sans doute d’en décevoir certains, alors même que cet écran se révèle finalement assez bon, en dehors d’un gamma décevant – comme sur de nombreux autres smartphones, d’ailleurs – et d’un contraste tout de même assez moyen à 306:5 (rapport du blanc 100 % sur du blanc 5 %, soit du gris très foncé). Les meilleurs sont plutôt autour des 400:5.

Test Oppo A3

© LaboFnac

On y trouve pour le reste une définition de 2280 x 1080 pixels lui permettant d’afficher 404 points par pouce. Une résolution très satisfaisante, et qui permettra de distinguer de nombreux détails au sein des images et vidéos, ou encore de surfer sans avoir à trop zoomer pour lire les textes des pages même non optimisées. L’écran de cet Oppo A3 s’en sort également bien en colorimétrie, avec un gamut proche de la norme sRGB. Le delta U’V’ s’établit ainsi à 0,015, essentiellement à cause des écarts mesurés dans le bleu. D’autres sont apparus à l’issue de nos mesures, dans le vert ou le rouge par exemple, sans qu’ils n’affectent réellement la perception des couleurs.

Test Oppo A3

© LaboFnac

Pour finir, l’écran du Oppo A3 se montre assez peu directif, n’enregistrant qu’une perte de luminosité limitée jusqu’à 15° d’inclinaison. 200 cd/m2 sont encore mesurés, contre 259 en face. L’écran s’assombrit en revanche assez vite au-delà. Seuls 98 cd/m2 sont encore visibles à 30°, et 47 à 45°.

Fidelité des couleurs
7.5
Contraste et progressivité
5
Directivité
6
Densite des pixels
6

L’interface utilisateur

L’A3 est livré avec Android 8.1 Oreo qu’Oppo habille de sa surcouche ColorOS, ici dans sa version 5.0. Comme sur la plupart des smartphones chinois, le tiroir d’applications a été supprimé, et le smartphone ne propose pas d’options permettant de l’activer. Mieux vaut donc être bien organisé pour s’y retrouver facilement sur le bureau. On peut également noter l’absence d’option pour masquer l’encoche de l’écran, mais ColorOS n’est pas une mauvaise interface pour autant. Elle affecte finalement peu les éléments de l’interface de Google, en dehors du tiroir d’applications donc, et l’enrichit de quelques fonctionnalités intéressantes.

Le multitâche est par exemple amélioré à l’aide d’un raccourci évitant le passage par le gestionnaire d’applications en arrière-plan et certaines applications peuvent s’ouvrir dans des fenêtres flottantes en affichage paysage. Oppo propose également une fonction de clonage qui permettra, pour les quelques applications compatibles, l’authentification avec plusieurs comptes utilisateur, un coffre-fort pour protéger des fichiers sensibles ou encore un clavier sécurisé pour la saisie de mots de passe. Une surcouche finalement assez riche donc, en dehors des options de personnalisation pour l’interface que nous aurions aimées un peu plus nombreuses.

Les performances

Oppo a décidé de se fournir chez MediaTek pour donner vie au A3, et opté pour son Helio P60. Chipset milieu de gamme lancé au début de l’année 2018, il intègre un CPU à huit cœurs, dont quatre Cortex-A73 cadencés à 2 GHz. Les quatre autres conservent la même fréquence, mais s’appuient sur l’architecture Cortex-A53 d’ARM, alors que le traitement graphique est confié à une puce Mali-G72 MP3, d’ARM également. Oppo ajoute à cela 4 Go de RAM qui devraient permettre de laisser quelques applications tourner en arrière-plan sans craindre de ralentissements gênants. Le smartphone n’a en tout cas pas été pris à défaut sur ce point sur la durée de notre test, faisant même preuve d’une vivacité très appréciable à la reprise d’applications.

Bien sûr, cela dépendra aussi des applications et des ressources qu’elles demandent. Notre test JavaScript composé de quatre paliers permettant de simuler l’exécution d’applications très légères à très gourmandes a tout de même rapidement montré les limites de l’Helio P60. Si le smartphone s’en est sorti avec un temps d’exécution de 97 ms, soit une cadence de 10 fps à l’affichage, au palier le plus bas, c’est une tout autre histoire dès le second. Le temps d’exécution passe à 252 ms, soit plus du double. Le framerate chute donc à 4 fps, puis à 3 et 2 fps sur nos séquences JavaScript les plus chargées avec des temps d’exécution de 386 et 500 ms. L’A3 est donc un bon smartphone pour le quotidien, mais les “power users” préféreront donc aller voir ailleurs…

La photo et la vidéo

La prise de vue passe avec l’A3 par un simple capteur de 16 mégapixels associé à une optique ouvrant à f/1.8 au dos, et un module 8 mégapixels avec optique f/2.2 à l’avant. Pas de double capteur ici donc, ni même d’intelligence artificielle à l’intérieur d’ailleurs.

Oppo A3

© Fahim Alloul / LaboFnac

Cela n’empêche pas Oppo de proposer un “Effet profondeur” pour l’ajout de flou d’arrière-plan, mais l’absence de capteur secondaire se fait très vite ressentir. Le smartphone ne parvient pas à distinguer les plans la plupart du temps, et quand il y parvient, ledit “Effet profondeur” semble presque s’appliquer de manière aléatoire, en floutant par exemple la main entière d’un sujet avec l’arrière-plan. L’A3 s’en sort un peu mieux avec les stickers en réalité augmentée et une fonction Super Vif est également disponible pour les amateurs de couleurs saturées, mais on préférera donc se passer de ces artifices au quotidien.

Photo prise avec l'Oppo A3

Photo prise avec l’Oppo A3

Photo prise avec l'Oppo A3 + fonction Super Vif

Photo prise avec l’Oppo A3 + fonction Super Vif

Globalement, les clichés que délivre l’A3 à partir de son capteur 16 mégapixels sont assez réussis. Si une légère tendance à la surexposition est à noter dans les environnements lumineux, avec des couleurs assombries à la clé, Oppo propose un traitement assez doux. Les contours légèrement accentués donnent un effet de piqué assez convaincant et naturel sur les sujets proches, et peu de déformations sont à déplorer en périphérie.

L’A3 s’en tire également avec les honneurs en situation de basse luminosité grâce à son optique lumineuse, et parvient ainsi à délivrer des couleurs assez naturelles même si le niveau de détails pâtit d’un lissage tout de même assez prononcé. Oppo a donc préféré limiter le bruit. Dans tous les cas, c’est bien mieux que ce que proposent la plupart des smartphones à moins de 300 euros en éclairage difficile.

Le capteur frontal de 8 mégapixels délivre pour sa part des selfies convenables tant sur le plan de la colorimétrie que celui des détails, à condition toutefois de se trouver à la bonne distance en l’absence d’autofocus. Soulignons pour finir que les deux capteurs permettent également de filmer en 1080p, à 30 images par seconde. Rien d’exceptionnel, donc.

Le rendu audio

Sans prétention particulière en audio, l’Oppo A3 surprend finalement par des prestations plus qu’honorables. Le haut-parleur n’est certes pas brillant si l’on s’attarde sur la réponse en fréquence, largement en dessous dans les graves et réellement satisfaisante qu’entre 400 Hz et 2,5 kHz, mais la puissance qu’il est capable de délivrer compte parmi les plus élevées. Notre micro placé à 50 cm a ainsi pu enregistrer un niveau de 74 dB.

Réponse en fréquences des Haut-Parleurs
©Labo Fnac

L’Oppo A3 est également équipé d’une prise jack satisfaisante dans l’ensemble. Si le signal ressort avec un peu de bruit, la distorsion est globalement bien maîtrisée et la bande passante relevée dans notre Labo est très linéaire. Bon point également pour la séparation des canaux pour l’écoute stéréo. Oppo a en outre le mérite de fournir, pour profiter de cette sortie délivrant aussi une tension de 97 mV pour un niveau de 0 dB à 1 kHz, une paire d’écouteurs plutôt correcte. La bande passante aurait pu être meilleure, comme l’isolation d’ailleurs, mais l’on apprécie la distorsion mesurée à l’écoute et leur capacité à laisser échapper peu de bruit vers l’extérieur.

Qualité audio
6.9

La qualité de réception (performances radio)

L’Helio P60 inclut un modem permettant à l’Oppo A3 d’accéder aux réseaux 2G, 3G et 4G, et force est de reconnaître que le smartphone délivre une connexion solide dans la plupart des cas. Seul notre test 2G réalisé sur la bande des 1800 MHz a donné des résultats réellement décevants, principalement à cause d’une sensibilité médiocre. Elle se montre meilleure sur les autres bandes de fréquences, mais reste tout de même assez moyenne sur celles des 1800 MHz et 2600 MHz utilisées pour la 4G. De petits problèmes de sensibilité peuvent également gêner la connexion en 2G, mais le smartphone d’Oppo est globalement capable d’offrir des connexions stables, en plus d’excellents débits en 4G. Si votre zone de vie est bien couverte par votre opérateur, il n’y a donc que peu de soucis à se faire.

Communication
7.6
Note 2G
6.4
Note 3G
8.2
Note 4G
8.1

L’autonomie

Avec une batterie de 3400 mAh sous le capot, l’Oppo A3 parvient à se classer parmi les smartphones les plus endurants que nous avons testés au Labo. Sur notre test en utilisation légère, mais continue, il a tenu en moyenne 10 heures et 16 minutes avant de s’éteindre. Une excellente performance puisque les smartphones dépassant la dizaine d’heures sont assez rares. Celui-ci se montre en outre assez rapide à charger, 1h46 suffisant à passer de 0 à 100 % de batterie. Dommage tout de même qu’il faille pour cela passer par un port microUSB alors que l’USB-C commence tout de même à se démocratiser sur le milieu de gamme…

Autonomie
7
Temps de charge
01:46:00

Conclusion

Note LABOFNAC

L’Oppo A3 est un smartphone milieu de gamme plutôt réussi dans l’ensemble, et que l’on pourrait même prendre pour un modèle haut de gamme de prime abord grâce à un design particulièrement soigné. Ses 128 Go de stockage interne, qui plus est extensible, participent aussi à l’illusion, et on lui reconnaîtra sans peine des qualités pour l’affichage, l’audio ou encore la prise de vue. Également très endurant grâce à sa batterie de 3400 mAh, l’A3 trahit néanmoins son positionnement en raison des performances moyennes de l’Helio P60, mais aussi en faisant l’impasse sur l’étanchéité, l’USB-C et même sur le lecteur d’empreintes. Oppo propose à la place de ce dernier une reconnaissance faciale perfectible, et un smartphone peut-être un peu trop simple dans l’ensemble pour justifier son prix de lancement de 300 euros.

Note technique

Détail des sous notes

Réseau et connectivité
Écran
Photo
Autonomie
Performance et rapidité
Qualité audio

L’avis des clients Fnac

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La note des clients Fnac 4.5 (42 avis)
Article rédigé par
Mathieu Freitas
Mathieu Freitas
Journaliste
Jean-Charles Frelier
Jean-Charles Frelier
Responsable des tests smartphones, casques audio et lecteurs vidéo
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