L’année 2026 semble bien partie côté soul et funk. La preuve avec ce premier trimestre qui regorge de sorties qui devraient logiquement titiller les oreilles des amateur·rices de groove. À l’ancienne ou dans une veine plus contemporaine, voici une sélection de ces nouveaux albums à ne rater sous aucun prétexte.
Quelques grandes voix néo-soul des nineties sur le retour, de jeunes musiciens et musiciennes qui démarrent ou confirment ce que l’on avait entendu sur leurs tout premiers albums ou EP, et d’autres qui ronronnent sans trop de surprises -mais avec goût et sincérité… Rajoutez à cela des groupes aux multiples influences, se nourrissant de l’âge d’or passé pour mieux réinventer le présent, et vous avez là les grandes lignes des artistes qui, en ce début d’année 2026, se sont d’ores et déjà aimantés à nos platines.
This House Is Empty Without You – Jeb Loy Nichol
On s’est délecté de ses singles publiés chaque mois depuis l’été 2025 et on se régale enfin avec l’album complet de Jeb Loy Nichols, qui vient de sortir physiquement. This House Is Empty Without You livre une superbe blue-eyed soul « à l’ancienne » d’un vétéran du genre, malheureusement bien éloigné des programmateurs de salles de spectacles et de radios. Dix nouveaux titres chaloupés à souhait, tout en rondeur et en douceur. Le meilleur des médicaments pour calmer la furie du monde.
Off The Fence – James Hunter Six
Changement de crémerie pour le soulman anglais James Hunter, dévoué depuis 30 ans à la cause d’un rhythm & blues exigeant et fédérateur. Bye bye Daptone Records et New York, où il avait posé ses valises depuis quatre albums. C’est désormais Dan « Black Keys » Auerbach et son label Easy Eye Sound qui hébergent son accent cocasse sur Off The Fence, son neuvième album. Un opus où apparaît le plus fervent défenseur de James Hunter depuis ses débuts dans les années 2000, la légende de Belfast, Van Morrison.
In Search Of A Revival – The Olympians
Sorte d’all-star regroupant la crème des studios new-yorkais, ce groupe instrumental de funk pourrait parfaitement servir le monde du cinéma de blaxploitation s’il existait encore. Le fondateur parle de « Temple of Sound », d’où la référence à la Grèce antique pour le nom du groupe, The Olympians.
Arrangements copieux et catchy, breaks prêts à sampler, orgues groovy, cuivres, flûtes, percussions claquantes… The Olympians, de vrais champions du genre.
To Whom This May Concern – Jill Scott
Ça y est, l’Américaine Jill Scott signe enfin son grand retour après une longue période d’absence. Figure de la nu-soul des nineties et des années 2000, proche collaboratrice de la scène hip-hop et spoken word de Philadelphie – The Roots en tête -, son nouvel album s’annonce comme une belle surprise, à l’image de l’un des singles déjà disponibles, Pressha.
Soul Woman – Michelle David & The True Tones
Est-ce que ce ne serait pas sa vie en Europe depuis plusieurs dizaines d’années qui aurait donné le goût à la chanteuse américaine Michelle David de se jeter dans l’arène de la soul et du gospel ? Depuis 2015, elle évolue avec ses deux formations parallèles (The Gospel Sessions et The True Tones), comme pour mieux défendre une culture musicale qui lui est intimement liée.
Sobre et efficace, Soul Woman illustre encore une fois le langage indémodable des grandes maisons de disques de l’époque telles que Motown ou Stax, comme la contre-culture encore bien vivante de la northern soul.
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Emeralds – Parlors Green
À cheval entre soul-jazz/mod-jazz d’obédience sixties et un funk cru, direct, au groove ultra-communicatif, les musiciens de Parlors Green emmènent le format power trio aux frontières de la perfection. Une joyeuse troupe en trio que chaque membre avait déjà éprouvée dans différents groupes (Delvon Lamar Organ Trio, G.A-20, The Sugarman 3…). Et qui, à l’écoute de cette incroyable alchimie musicale, fera le bonheur de votre platine et de quelques programmateurs de concerts au nez fin.