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Mélange d’origine : les groupes multinationaux dans la K-Pop

30 mars 2023
Par Mathieu M.
Mélange d’origine : les groupes multinationaux dans la K-Pop
©@blackpinkofficial

À l’exemple de Twice, qui sort son nouvel album Ready to Be Ready, composé d’une Taïwanaise, de trois Japonaises et de quatre Sud-Coréennes, de nombreuses formations K-Pop comptent des membres issus de différents pays. Une façon de rendre le genre international, et de faire éclore des voix originales. Revue de détail.

L’internationalisation : un phénomène structuré

L’histoire commence il y a plus de treize ans. La grande maison de disque coréenne YG Entertainment organise à cette époque des sessions de casting dans différents pays de la zone Asie-Pacifique. L’objectif ? Trouver les futurs talents qui participeront à différents projets internes après une période d’entraînement et une phase de rencontre entre artistes. En Thaïlande, 4000 personnes répondent à l’appel. Une jeune femme nommée Lisa, qui se produit alors dans un collectif de danse, est repérée. Elle sera la seule à se voir gratifiée d’un contrat : elle part en Corée en 2012, apprend la langue locale, et retrouve là une collègue nommée Rosé. Cette Sud-Coréenne d’origine a grandi entre la Nouvelle-Zélande et l’Australie : c’est sur cette dernière île qu’elle a participé, à son tour, à un casting d’YG Entertainment. Il faudra encore quatre ans aux deux consoeurs pour être propulsées en haut de l’affiche : aux côtés de Jennie et Jisoo (dont sort le premier album Jisoo le 7 avril), elles formeront Blackpink, avec le succès que l’on sait.

L’idée de groupes « multinationaux » dans la K-Pop n’est bien sûr pas née avec Blackpink : le girl band au succès planétaire est plutôt le résultat d’une volonté affichée d’élargir le vivier de talents potentiels de la scène musicale coréenne, en multipliant les castings à l’étranger. Le début des années 2010 fourmille de concepts assez similaires.

Alors que les oreilles du monde entier se tournent vers le pays du matin calme à la suite du succès de PSY, et de son Gangnam Style, les producteurs locaux comprennent que la K-Pop peut, à la suite de la J-Pop, plaire à un public international, et valoriser des artistes venus de pays occidentaux. Cela donnera par exemple le groupe de filles ChocoLat, composé de métisses américano-coréennes, et lancé par la division coréenne d’une major américaine, Paramount Music. En 2012, Cross Gene fait également figure de laboratoire : un des membres est japonais (l’acteur Takuya Terada), un autre est chinois, quand les quatre autres interprètes de ce boys band viennent de Corée du Sud. Si la formation fut critiquée par des fans de K-Pop conservateurs, le groupe a pu s’appuyer sur sa richesse culturelle pour performer au Japon, en Chine ou à Hong Kong dès ses débuts.

NCT, WJSN… Quand le concept multinational réussit à la K-Pop

Au milieu des années 2010, une nouvelle génération d’artistes apparaît en Corée du Sud. Et l’intégration de membres issus de pays étrangers séduit de plus en plus de producteurs : les débouchés vers de nouveaux marchés et la possibilité d’organiser des événements davantage « personnalisés » au sein des contrées d’origines de ces expatriés offrent une vraie opportunité.

Le concept de NCT, qui présente plusieurs sous-groupes au cours de son Histoire, s’inscrit dans cette démarche. La première sous-unité, NCT 127, le démontre, en intégrant le rappeur canadien Mark, le Chinois Winwin, l’américain Johnny… En 2018, WayV émerge du collectif NCT : cette fois ce sont les membres chinois, hongkongais, macanais et taïwanais qui sont réunis. Leur trajectoire est même suivie par une filiale chinoise du label SM Entertainment, preuve de la convergence entre K-Pop et C-Pop, déclinaison chinoise de la variété asiatique, et sur laquelle les producteurs coréens veulent se positionner. Preuve du succès sans cesse renouvelé de NCT, et de son bouillonnement créatif international, un groupe NCT Tokyo verra le jour en 2023, et présentera des chansons interprétées par des artistes NCT japonais et sud-coréens.

À la même époque que les débuts de NCT, du côté des filles, un accord entre le label coréen Starship Entertainment et le label chinois Yuehua Entertainment aboutissait à la construction des Cosmic Girls, ou « WJSN ». Trois interprètes venues de Chine s’y mélangeaient avec dix artistes coréennes, créant un joli mélange des genres. Star de la K-Pop versant dance/electro, la formation s’est notamment distinguée par ses collaborations avec Monsta X

wjsn

© Starship Entertainment

Twice, stars multinationales

L’année passée, la très officielle Recording Industry Association of Japan annonçait que Twice devenait le groupe féminin de K-Pop le plus récompensé par disques d’or, de platine et autres certifications au Japon. Le signe du succès d’une formule qui s’est toujours appuyée sur l’internationalisation des membres : si cinq membres du nonette sont coréennes, trois Japonaises (Mina, Momo, Sana) et une Taïwanaise (la maknae Tzuyu) complètent son line-up.

Dès 2017, Twice tournait dans toute l’Asie, avec des affluences colossales aussi bien en Corée qu’au Japon, mais aussi à Singapour ou en Thaïlande. Leur succès en coréen et en japonais s’est même exporté : la formation est la première bande féminine de l’histoire de la K-Pop à avoir accompli une tournée des stades aux États-Unis. 

Célèbres également pour leurs incroyables chorégraphies, les jeunes femmes accomplissent une nouvelle étape de leur carrière cette année, avec l’enregistrement de leur second single en anglais, Moonlight Sunrise, prélude à leur E.P. Ready to Be, enfin disponible. À l’écoute du disque, l’on ne peut que constater l’efficacité de Twice, devenue une sommité de la pop mondiale, preuve du dépassement accompli par les artistes K-Pop, peu importe leur nationalité d’origine !

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Article rédigé par
Mathieu M.
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