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Le top des lectures imposées et finalement adorées

10 octobre 2019
Par Anna
Le top des lectures imposées et finalement adorées
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On ne veut pas se l’avouer, parce qu’elles nous été imposées (par nos profs, de la primaire à l’enseignement supérieur), mais ces lectures, nous les avons finalement adorées. Les curiosités littéraires du mois de juillet vous démontrent par le menu que tous les classiques et autres livres « à avoir lus » ne sont pas forcément ennuyeux, ringards, ou simplement soporifiques. Loin de là.

Tous les goûts sont dans la lecture


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Commençons par ces lectures conseillées par des enseignants zélés, persuadés d’être investis d’une mission sacrée : donner aux jeunes âmes le goût de lire. Et ils ont bien raison. Toutes les études le disent : c’est au sortir de l’enfance que les livres nous tombent des mains. C’est donc précisément le moment de lire de supers bons livres. Heureusement, la littérature jeunesse en regorge.

Matilda, de Roald Dahl

Tiens, une petite fille qui lit depuis son plus jeune âge et adore ça… Cette histoire ne serait-elle pas un appel du pied, voire un message assez limpide et peu subtil (« lisez, c’est cool, vous verrez ») ?  Malin, ce Roald. Sauf qu’en tant qu’enfant ou ado, on ne se laisse pas prendre au piège si facilement, on attend de voir… Mais l’issue est certaine : on se fait finalement berner par la drôlerie féroce de Matilda, qui, grâce à ses pouvoirs magiques parvient à se venger de son horrible directrice, Mlle Legourdin.

Harry Potter, de J.K. Rowling

Valeurs d’amitié, de courage et de tolérance, succès public et critique : on comprend pourquoi la saga Harry Potter a fleuri ces dernières années sur les listes de lectures estivales obligatoires au collège. En réalité, la plupart des élèves n’auront pas attendu ce bon conseil pour faire connaissance avec l’apprenti sorcier. Les autres savent déjà qu’ils vont adorer cette lecture forcée.

Vendredi ou la vie sauvage, de Michel Tournier

On connaît l’histoire, inspirée de Daniel Defoe : Robinson est échoué sur l’île de Speranza, et s’y croit seul jusqu’à ce qu’il découvre la présence de Vendredi. Tournier a d’abord écrit une première version de son livre destinée aux adultes et traversée de considérations philosophiques : Vendredi ou les limbes du pacifique. À propos d’une seconde version réécrite pour les enfants, Vendredi ou la vie sauvage, Tournier déclarera : « Fini le charabia. Voici mon vrai style. ». Après élagage, reste un texte simple et profond, roman d’apprentissage incontournable de la littérature jeunesse.

Aller + loin : Tournier la page… Décès de l’écrivain Michel Tournier

Le cantique des classiques


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Ennuyeux, rabâcheurs, datés… voici quelques-unes des douces qualités que l’on prête régulièrement aux classiques, étudiés immanquablement au secondaire. Un peu d’effort : vous y trouverez aussi de la gouaille, de l’humour, et souvent même un côté diablement coquin.

Le rouge et le noir, de Stendhal

Ah, Le Rouge et le Noir… LE livre prétexte à des sujets de dissert’ propres à vous plonger dans l’abîme (Julien Sorel est-il un héros ? Mme de Rênal est-elle un personnage romantique ?…). Cela mis à part, Le Rouge et le Noir est un roman sublime. Certes, Julien est un jeune ambitieux fana de Napoléon, pas toujours sympathique et qui met les femmes à sa botte. Mais on découvre aussi le portrait d’un garçon hyper-sensible, vite rattrapé par ses émotions et acteur tragique d’une histoire d’amour digne de Roméo et Juliette.

L’École des femmes, de Molière

Vous avez forcément croisé une, voire plusieurs, pièces de Molière au cours de votre scolarité. Et même si vous avez frôlé l’overdose, n’enterrez pas toute l’œuvre du dramaturge. Arnolphe, le héros de L’École des femmes, est un homme monomaniaque : il se voit en rêve épouser la jeune Agnès, qu’il a recueillie enfant. Sauf qu’elle ne l’entend pas de cette oreille et lui préfère les charmes du bel Horace. Écrit il y a quelques siècles, L’École des femmes n’en est pas moins mordant et piquant lorsqu’il s’agit d’épingler un sentiment intemporel : la jalousie.

Les Fleurs du mal, de Charles Baudelaire

Les lectures obligatoires peuvent aussi être l’occasion de s’éveiller à la poésie, et, par-là, à la sensualité. On pense à Baudelaire, et, par exemple, à ce vers extrait du poème Sed non satiata, dans Les Fleurs du mal : « Je préfère au constance, à l’opium, au nuits, l’élixir de ta bouche où l’amour se pavane. » De quoi faire monter la température de la salle de classe.

Aller + loin : Le top des livres qui donnent chaud

Une tête bien faite


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Après avoir étudié nombre d’œuvres littéraires plus moins indépassables, vous n’êtes pas sortis de vos peines. Reste un gros morceau, tout ce qui doit vous permettre d’ériger des chefs-d’œuvre de raisonnement au milieu de votre conscience analytique en chantier : des essais à lire à la pelle.

Les Essais, de Michel de Montaigne

« Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête bien pleine. », c’est Montaigne qui le dit dans ses Essais. Un argument humaniste que l’on pourra opposer à tout professeur trop porté sur le par cœur. Merci l’école, qui se saborde elle-même !

Tristes Tropiques, de Claude Lévi-Strauss

Vous pouvez lire Tristes Tropiques même si personne ne vous y oblige, et aller au-delà de son célèbre incipit, « Je hais les voyages et les explorateurs ». L’ethnologue Claude Lévi-Strauss y raconte ses expéditions chez les Indiens du Brésil, et y tacle au passage le goût trop prononcé de l’Occident pour l’exotisme, reflet de son ethnocentrisme. Il faut rester jusqu’à la conclusion, superbe réquisitoire invitant les hommes à « suspendre [leur] marche » pour s’adonner à la contemplation des choses de la nature.

Le deuxième sexe, de Simone de Beauvoir

Bon, Le deuxième sexe, ça passe ou ça casse. Enfin, ce pavé en deux volumes a surtout cassé les pieds de bien des étudiants en sciences humaines. Simone de Beauvoir y analyse de façon encyclopédique tout ce qui touche à la construction de la féminité, à travers les dimensions historique, sociale, sexuelle et littéraire (et j’en passe). Reste qu’il n’y a rien de mieux pour comprendre les tenants et les aboutissants de l’une des phrases-clés du féminisme : « on ne naît pas femme, on le devient ».

Aller + loin : 1 mois / 1 classique : Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir

  

Aller + loin : Les curiosités littéraires

Visuel d’illustration : Kaley Dykstra 

Article rédigé par
Anna
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