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Disparition de Claude Brasseur, dernier éléphant d’Yves Robert

23 décembre 2020
Par Lucie
Disparition de Claude Brasseur, dernier éléphant d’Yves Robert

Il était l’une des dernières stars encore de ce monde du film Un éléphant, ça trompe énormément. Claude Brasseur, le papa de Vic dans La Boum, vient de nous quitter ce mardi 22 décembre à l’âge de 84 ans, après plus d’une soixantaine d’années d’une carrière pleine de rebondissements et de succès.

Un comédien qui s’est fait un prénom

Les-nouvelles-aventures-de-Vidocq-Coffret-4-DVDClaude Brasseur un enfant du sérail avec deux parents comédiens, Alexandre Brasseur et Odette Joyeux, et un parrain écrivain culte (Ernest Hemingway). Cela n’a donc pas été une surprise pour son entourage quand il a décidé de se lancer à son tour à l’assaut des planches de théâtre et des plateaux de cinéma. Il se retrouve pour la première fois sur scène en 1955 dans Judas, une pièce de Marcel Pagnol, tout en faisant des apparitions dans quelques films. S’il joue avec les plus grands tout d’abord dans des seconds rôles (Rue des prairies de Denys de La Patellière, La Bride sur le cou de Roger Vadim, ou Peau de banane de Marcel Ophüls), c’est grâce à la télévision qu’il parvient à tirer son épingle du jeu : le petit écran est en effet en train de se lancer dans la production de séries et de téléfilms.

Il interprète ainsi Rouletabille dans Le Mystère de la chambre jaune en 1965 et Vidocq, dans Les Nouvelles Aventures de Vidocq au début des années 1970. Claude Brasseur se fait enfin un prénom et devient de plus en plus demandé, autant sur scène dans une trentaine de pièces entre 1955 et 2017 (dont Le Souper de Jean-Claude Brisville et Le Dîner de cons de Francis Veber) qu’au cinéma. Acteur incontournable à partir des années 1970, il alterne sans difficulté premiers et seconds rôles, dans lesquels il insuffle sa faconde et sa voix éraillée.

Un acteur populaire et insaisissable

un éléphant ça trompe énormémentIl tourne pour François Truffaut, Jean-Luc Godard, Georges Lautner ou André Téchiné, avant d’embrasser le rôle qui va changer sa vie, celui de Daniel, homosexuel joyeux et toléré par ses amis dans Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis, diptyque culte d’Yves Robert. Il y donne la réplique à quelques-uns des acteurs fleurons du cinéma français, de Jean Rochefort à Victor Lanoux en passant par Guy Bedos, qui nous ont tous quittés les uns après les autres ces dernières années. Daniel lui permettra d’ailleurs d’obtenir le César du meilleur comédien dans un second rôle en 1977 pour Un éléphant ça trompe énormément. Brasseur récidive en 1980 dans un style plus musclé, en remportant cette fois le César du meilleur comédien dans La Guerre des polices de Robin Davis en 1980. Flic ou voyou, en costumes ou en mari volage, Claude Brasseur joue dans des films populaires qui traversent les années et marquent plusieurs générations.

Une fin de carrière sous le signe de la comédie

La-Boum-La-Boum-2-DVDC’est le cas notamment des deux volets de La Boum, où il interprète le père protecteur de Sophie Marceau, mais aussi des films Détective de Godard, La Gitane de Philippe de Broca ou Fauteuils d’orchestre de Danièle Thomson, comédie dramatique chorale où il incarne un homme au crépuscule de sa vie, délestant son passé aux enchères. Ces dernières années, il a privilégié le rire, que ce soit aux côtés de Franck Dubosc pour la trilogie Camping et Tout le monde debout ou de la jeune génération de comédiens dans L’Étudiante et Monsieur Henri. On en oublierait presque que Claude Brasseur a été également, dans une autre vie, sélectionné aux Jeux olympiques d’hiver de 1964 dans l’équipe de France de bobsleigh ou qu’il a co-remporté le Paris-Dakar, édition 1983, aux côtés de Jacky Ickx. Mais ça, c’est une autre de ces histoires dont il avait le secret…

Article rédigé par
Lucie
Lucie
rédactrice cinéma sur Fnac.com
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