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Grégoire Delacourt : des romans après les slogans

19 février 2019
Par Melanie C.
Grégoire Delacourt : des romans après les slogans

Après le succès de La Femme qui ne vieillissait, dont l’édition poche vient de paraître, Grégoire Delacourt est de retour avec Mon Père, un huis clos étouffant sur fond de pédophilie au sein de l’église. Voilà un nouveau roman très attendu au sujet hautement sensible qui offre une bonne occasion de revenir sur le parcours atypique d’un auteur devenu incontournable.

L-ecrivain-de-la-familleAu début, il y avait la pub…

Il y a encore quelques années, la publicité pouvait être une formidable rampe de lancement pour quelques talentueux esprits créatifs qui se sentaient à l’étroit dans un art mineur dont la transversalité leur ouvrait pourtant le champs des possibles. Fallait-il encore avoir le talent indispensable pour amorcer et réussir sa nouvelle vie en littérature, au cinéma ou au théâtre… Comme il n’est jamais trop tard pour quitter par la grande porte le monde de la réclame, c’est donc à cinquante ans, au sommet de sa carrière de publicitaire, que Grégoire Delacourt abandonne les beaux slogans qui claquent pour écrire d’excellents romans qui marchent. Un virage bien inspiré et mûrement réfléchi pour cet ex-patron d’agence de pub à qui l’on doit de célèbres signatures produit préfigurant une évidente qualité littéraire dont le premier roman fit tout de suite mouche.

Rendez-vous avec le succès

Avec la parution de L’Écrivain de la famille en 2011, Grégoire Delacourt débute sa nouvelle vie d’auteur par un succès à la fois public et critique. C’est à partir de cette histoire d’enfant mis sous pression par des parents aveuglés par le destin qu’ils lui ont choisi que commence une œuvre éclectique et passionnante qui accueille aujourd’hui dans ses rangs un huitième roman. Ses qualités littéraires unanimement reconnues jusqu’en dehors des frontières de l’hexagone qui ont valu une kyrielle de prix littéraires et des adaptations théâtrales et cinématographiques réussies pour trois de ses quatre premiers romans (L’écrivain de la famille, La Liste de mes envies et On ne voyait que le bonheur).

La-liste-de-mes-envies On-ne-voyait-que-le-bonheur

Fort en thèmes

Écrivain précis et sensible, Grégoire Delacourt est un auteur de son temps qui s’empare avec ferveur des sujets qui agitent notre société. Après avoir abordé, entre autres thèmes, la construction de l’identité (L’écrivain de la famille), la relation entre le bonheur et l’argent (La Liste de mes envies), la célébrité et ses dérives (La Première chose qu’on regarde suscitant par ailleurs un drôle d’imbroglio judiciaire avec Scarlett Johansson), la disparition des êtres chers (On ne voyait que le bonheur) ou encore le désir (Danser au bord de l’abîme), il interroge notre rapport au vieillissement et aux diktats de la beauté dans La Femme qui ne vieillissait pas. Grand succès lors de sa parution, ce roman parfois inconfortable où l’on plonge dans l’intimité douce-amère d’une femme touchée par la malédiction de l’éternelle jeunesse va certainement faire de nouveaux adeptes grâce à sa réédition en format poche.

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Mon père, ce salaud… mon père v2

Avec son nouveau roman, l’auteur se penche cette fois sur un autre sujet brûlant de l’actualité : la pédophilie au sein de l’église. Construit autour de la confrontation à huis clos entre un père et le prêtre qui a violé son fils, Mon Père se place de chaque côté du drame pour mieux soulèver une multitude de questionnements vertigineux sur les conséquences profondes qu’engendre un tel acte. Refusant tout manichéisme, Grégoire Delacourt fait une nouvelle fois le pari d’une littérature adulte et responsable qui brille par la finesse et la justesse d’analyse qu’il exerce sur les travers de notre société.

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Article rédigé par
Melanie C.
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