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Mort d’un géant : le grand Fats Domino est tombé

26 octobre 2017
Par Mathieu M.
Mort d’un géant : le grand Fats Domino est tombé
©dr

Premier héros du rock’n’roll et véritable trait d’union entre musique noire et public blanc, Fats Domino aura marqué l’Histoire. Emblème de La Nouvelle Orléans, il s’était fait discret ses dernières années, mais beaucoup se souviennent de cette star flamboyante, décédée ce mardi à 89 ans.

Enfant de Louisianefats50s

Fats Domino est né à La Nouvelle-Orléans en 1928, au sein d’une famille ouverte à la musique. C’est son beau-père, trompettiste, qui lui fit découvrir les rythmes et mélodie de cette cité si intimement liée au jazz. Sa vocation naît peu à peu dans les bars de la ville, où il joue du piano en s’inspirant de quelques figures du boogie-woogie, comme Albert Ammons. Petit à petit, il s’inscrit dans un style à la charnière du blues et du swing : le rhythm’n’blues, alors naissant. Une forme de musique particulièrement rythmée qui fait la part belle au piano et se danse aisément.

Rockstar précoce

En 1946, Antoine Domino devint « Fats » : le surnom lui fut attribué par le contrebassiste et leader Billy Diamond, qui avait embauché le pianiste dans son band. Lors d’un concert, en 1949, le producteur Dave Bartholomew remarqua le style de Fats Domino et entreprit de le faire enregistrer. Ce fut là le début d’une collaboration qui allait faire entrer les deux hommes dans l’Histoire. The Fat Man inaugura une longue série de singles qui connurent un énorme succès au début des années 1950. Reprenant les codes du rhythm’n’blues en accentuant son emphase, Domino et Bartholomew inventèrent le rock’n’roll tel qu’Elvis Presley l’a compris à ses débuts (pour la petite histoire, Elvis est le seul rockeur à avoir, parmi les pionniers, vendu plus de disques que Fats).

The-imperial-singles-collectionCulte et discret

Goin’ Home, Going To The River, Please Don’t Leave Me, Blueberry Hill… Au cours des fifties, le pianiste devenu chanteur enchaîna les hits avec une régularité qui allait de pair avec sa sincérité. Enregistré pour la firme Imperial, ils sont à retrouver sur la compilation The Imperial Singles Collection et la très copieuse The Indispensable. Contrastant avec le caractère sulfureux de nombre de ses condisciples (Jerry Lee Lewis et ses mœurs douteuses, Elvis et son entourage inquiétant, Little Richard et sa débauche), Fats Domino jouait sa musique dans une relative discrétion, sans défrayer la chronique, malgré quelques problèmes d’addiction à l’alcool.

Au firmamentFats Domino

Comme beaucoup des pionniers du rock américain, il sera balayé dans les charts par les groupes anglais à guitare (Beatles et Rolling Stones en tête, deux groupes qui ont été influencés par ce modèle) au début des années 1960. Ses tournées et ses enregistrements s’espacèrent au fil des années. Il continua néanmoins, dans les décennies suivantes, à défendre son répertoire dans le monde entier. Membre de la première promotion du Rock’n’roll Hall of Fame, Fats Domino était resté une figure légendaire depuis les années 1980, date à partir de laquelle ses apparitions médiatiques ont grandement diminué. Les nombreux hommages qui lui sont rendus depuis son décès mardi ont rappelé à quel point son aura était restée intacte.

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Article rédigé par
Mathieu M.
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