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Le Royaume-Uni prévoit de criminaliser l’envoi d’images sexuelles non sollicitées

14 mars 2022
Par Kesso Diallo
Une pratique touchant surtout les femmes et les filles.
Une pratique touchant surtout les femmes et les filles. ©B.Forenius / Shutterstock

Avec le projet de loi sur la sécurité en ligne, cette pratique connue sous le nom de cyberflashing deviendra une infraction pénale et sera passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison.

Depuis près d’un an, le Royaume-Uni prépare un projet de loi pour protéger les Britanniques sur Internet, en adaptant ses lois à l’ère numérique. Pour assurer cette sécurité en ligne, le pays a déjà prévu plusieurs mesures dont le fait de rendre illégale la publication de contenus causant des dommages psychologiques, physiques ou émotionnels. Dans le même objectif, une autre pratique deviendra prochainement une infraction pénale : le cyberflashing. Elle consiste à envoyer une image sexuelle non sollicitée à des personnes sur les réseaux sociaux ou les applications de rencontre. Cela peut aussi se faire avec des services de partage de données comme le bluetooth ou Airdrop.

Selon des recherches publiées en 2020, 76% des filles britanniques âgées de 12 à 18 ans ont reçu des images nues non sollicitées de garçons ou d’hommes. En interdisant ce comportement avec diverses lois incluses dans le projet de sécurité en ligne, le Royaume-Uni a également pour objectif de donner une plus grande capacité, à la police et au ministère public, de traduire plus d’auteurs en justice.

Une criminalisation pour protéger les filles et les femmes

Concrètement, une personne qui envoie une photo ou une vidéo des organes génitaux d’un individu, pour sa propre gratification sexuelle, pour causer de l’humiliation, de l’inquiétude ou de la détresse, pourra encourir jusqu’à deux ans de prison. En criminalisant le cyberflashing, le gouvernement britannique veut surtout protéger les femmes et les filles, qui en sont les premières victimes. « Il est inacceptable que des femmes et des filles qui se déplacent dans les transports en commun ou qui vaquent simplement à leurs occupations quotidiennes soient soumises à cette pratique ignoble. Le cyberflashing peut causer une profonde détresse aux victimes et nos changements garantissent que la police et les procureurs disposent de la clarté dont ils ont besoin pour y faire face et assurer la sécurité des personnes », a déclaré Victoria Atkins, la ministre britannique de la Justice.

D’autres actions ont été prises par le gouvernement pour protéger les femmes et les filles. L’upskirting, cette pratique consistant à photographier ou filmer sous les jupes d’une femme à son insu, est désormais une infraction pénale. Il cherche également à criminaliser le voyeurisme de l’allaitement.

Par le biais de son projet de loi sur la sécurité en ligne, le Royaume-Uni souhaite créer d’autres infractions pénales dont l’envoi d’emails et de messages menaçants sur les réseaux sociaux. Ces plateformes, ainsi que les moteurs de recherche et autres sites Web ou applications hébergeant du contenu généré par les utilisateurs auront une plus grande responsabilité légale par rapport à la lutte contre les publications illégales et préjudiciables avec ce projet de loi. Concernant le cyberflashing, il « obligera les entreprises technologiques à cesser l’utilisation de leurs plateformes pour commettre [ces] actes ignobles », selon Nadine Dorries, secrétaire d’État au numérique.

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Kesso Diallo
Kesso Diallo
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