Un bras articulé en titane, un module photo signé Arri et une batterie de 7 060 mAh. Avec le Robot Phone, Honor pousse le curseur de la vidéo mobile très loin, mais uniquement en Chine. On a quand même pu le manipuler pendant une heure pour se faire une idée de l’intérêt du concept.
Introduction
En février dernier, Honor étonnait son monde en dévoilant le Robot Phone au Mobile World Congress 2026 de Barcelone. Loin de laisser ensuite le concept dans un carton, la marque l’a commercialisé en Chine dans le courant de l’été. Même si ce smartphone ne sera jamais disponible chez nous, Honor en est si fière qu’elle est tout de même venue nous le présenter pendant un peu plus d’une heure.

Si vous êtes passé à côté de l’info, sachez que le Robot Phone se distingue de tous les autres smartphones par un attribut bien à lui, à savoir un véritable bras motorisé capable de sortir du châssis pour orienter le module photo, comme le ferait une petite nacelle stabilisée. Avouons d’emblée que lorsque nous avons découvert ce concept il y a quelques mois lors du MWC de Barcelone, nous nous étions dit que c’est le genre de nouvelle fonctionnalité qui pouvait autant redéfinir la vidéo mobile que finir comme un gadget gênant.
Pour l’occasion, Honor s’est associée à Arri, l’équipementier allemand connu pour ses caméras de cinéma. Le reste de la fiche technique joue dans la cour du très haut de gamme, avec un Snapdragon 8 Elite Gen 5, un écran AMOLED LTPO de 6,31 pouces (environ 16 cm de diagonale) en définition 2K, une batterie haute densité au silicium de 7 060 mAh et un trio de capteurs mené par un module principal de 200 mégapixels.

Le tout est facturé 9 999 yuans, soit environ 1 280 euros une fois converti, mais ce prix ne concerne pour l’instant que le marché chinois. Cette première génération ne serait pas commercialisée en France. Une seconde génération est en revanche envisagée à l’international, Europe comprise, sans calendrier précisé.
Comme dit plus haut, nous avons eu l’occasion de manipuler pendant une heure l’appareil, afin de nous faire une première idée.
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Design et ergonomie
Le Robot Phone assume son gabarit. Avec 248 grammes sur la balance, 9,6 mm d’épaisseur (hors bloc photo) et 73 mm de largeur, il se situe clairement dans la catégorie des poids lourds. Ce n’est pas un smartphone qu’on oublie dans une poche de chemise, et le mécanisme logé au dos y est pour beaucoup.

Le déclencheur photo physique installé sur la tranche droite trahit d’ailleurs les intentions de l’appareil. Sensible au toucher, il permet de zoomer d’un simple glissement de doigt, comme sur un appareil dédié. Le bras motorisé, lui, repose sur un châssis en alliage de titane et réunit plus d’une centaine de composants de précision. Honor a prévu une sécurité bienvenue : en cas de chute, le bras se rétracte automatiquement dans le boîtier pour limiter les risques de casse. On apprécie l’attention, même si la résistance de ce mécanisme sur la durée reste évidemment une inconnue à ce stade.

Côté protection, l’écran est recouvert d’un verre minéral baptisé Giant Rhino. En revanche, l’étanchéité se limite à une certification IP54, c’est-à-dire une simple résistance aux éclaboussures. Pour un appareil vendu au prix d’un flagship, difficile de ne pas y voir un compromis lié à la complexité du bras articulé, qui rend l’étanchéité totale bien plus délicate à obtenir.
Un écran haut de gamme sans compromis
Sur la partie affichage, Honor ne s’est pas économisée. La dalle AMOLED LTPO de 6,31 pouces grimpe à 120 Hz, affiche une définition 2K et une résolution de 464 pixels par pouce. Rien d’exotique ici, ce sont les prestations attendues d’un smartphone premium en 2026, et c’est une bonne chose au vu de la vocation vidéo de l’appareil.

Le lecteur d’empreintes est logé sous l’écran, et l’ensemble s’accompagne de haut-parleurs stéréo. De ce point de vue, rien à redire, l’écran remplit son rôle de moniteur de contrôle pour les vidéastes que vise clairement le Robot Phone.
Performances et connectique
Le cœur de la bête, c’est le Snapdragon 8 Elite Gen 5, la puce la plus musclée de Qualcomm au moment du lancement. Honor l’accompagne de 12 ou 16 Go de mémoire vive selon les configurations, et de 512 Go ou 1 To de stockage. Autant vous dire qu’il y a de la marge pour encaisser des rushes vidéo qui pèsent lourd.

La connectique ne fait pas les choses à moitié, avec du Bluetooth 6.0, du Wifi 7 et surtout un port USB 3.2 compatible DisplayPort. Nous n’avons pas pu mener de tests de performances chiffrés sur cette prise en main, mais sur le papier, la fiche ne laisse aucune place à la frustration côté puissance brute.
Le bras motorisé et la vidéo, la vraie raison d’être
C’est ici que le Robot Phone justifie son nom. Le mécanisme réunit un gimbal mécanique trois axes (panoramique, inclinaison, roulis) auquel s’ajoute le mouvement de bascule du bras lui-même, soit quatre degrés de liberté au total. Honor affirme même avoir développé le plus petit moteur du monde pour animer ce dispositif.

Le module principal motorisé embarque un capteur de 200 mégapixels au format 1/1,28 pouce, ouvrant à f/1,6, secondé par un téléobjectif périscopique de 200 mégapixels avec un zoom optique x2,7, un ultra grand-angle de 50 mégapixels couvrant un champ de 122°, ainsi qu’un autofocus laser et un capteur colorimétrique. À l’avant, le capteur frontal affiche 50 mégapixels. Le suivi de sujet se déclenche d’un double appui sur l’écran, le bras s’orientant alors pour garder la cible dans le cadre.

Côté vidéo, l’appareil grimpe jusqu’en 4K à 120 images par seconde. C’est le mode ARRI Cinema qui fait figure d’argument massue : il donne accès à un enregistrement en LogC3 10 bits à 60 i/s, au Wide Gamut 3 et à des préréglages LUT codéveloppés avec Arri, avec un rendu prévisualisable en direct. Pour qui monte ensuite ses images, c’est une souplesse au calibrage qu’on ne trouve pas ailleurs sur mobile.

Reste que ce bijou de mécanique a ses limites. Le constructeur lui-même recommande de ne pas dépasser 30 minutes de tournage en continu, en raison de la chauffe. Pour tenter d’y remédier, la marque commercialise en Chine un module de refroidissement magnétique. Signalons également qu’en mode portrait, la vidéo n’est qu’un recadrage de l’image verticale, ce qui fait mécaniquement chuter la définition sous la barre de la 4K.
Autonomie et charge
Pour alimenter tout cela, Honor loge une batterie haute densité au silicium de 7 060 mAh. Il s’agit d’une capacité confortable pour un smartphone classique, mais dont la performance reste à évaluer à l’aune d’un modèle voué à consommer plus que la moyenne, du fait de son bras motorisé.

Pour refaire le plein, le smartphone peut compter sur une charge rapide filaire à 120 W et une charge sans fil à 50 W.
Premières impressions
Le Robot Phone est un objet fascinant en tous points. De par sa nature même, son innovation majeure, le bras articulé donc, n’en fait pas un smartphone pour tout le monde, dans la mesure où ce bras est dédié à la captation vidéo. Pour ceux dont la vidéo mobile est le terrain de jeu, il n’existe tout simplement aucun équivalent du gimbal intégré doublé du mode ARRI Cinema. Du peu de temps que nous avons passé avec le produit, l’exécution du concept est assez exceptionnelle et pourrait vraiment révolutionner le marché de la vidéo mobile… si une version internationale voit le jour, pour une éventuelle seconde génération du produit par exemple.
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