Introduction
Les réfrigérateurs les plus récents facilitent l’organisation au quotidien. En effet, à quelques exceptions près (c’est-à-dire de rares appareils d’entrée de gamme à froid statique), la température est quasiment homogène dans la cavité. Si bien qu’on n’a plus besoin de penser le stockage de ses aliments en considérant qu’il y a un fort écart de température entre les clayettes du bas (les plus froides où placer les viandes, poissons crus, charcuterie…) et celles du haut (laitages, plats cuisinés, aliments déjà cuits…). La température dans la contreporte restant tout de même légèrement plus élevée, c’est là qu’on stocke les condiments, les confitures, la vinaigrette, les œufs…
L’équilibre entre économies d’énergie et conservation
Trouver le juste milieu entre une consommation d’énergie raisonnée et une conservation des aliments optimale n’est pas si évident. En effet, la plupart des fabricants recommandent de régler le compartiment réfrigérateur entre 3 °C et 4 °C pour limiter la consommation énergétique – certains suggèrent même d’aller jusqu’à 5 °C. Sauf qu’à 4 ou 5 °C, cela manque un peu de fraîcheur pour les aliments délicats comme les viandes ou les poissons. Alors comment bien conserver tous ses aliments sans exception ?

À chaque mets son tiroir
C’est là qu’interviennent des technologies spécifiques, qui permettent de garder chaque catégorie de denrées dans des bacs et tiroirs indépendants dans lesquels la température est réglable, de même que le niveau d’humidité. En effet, si les fruits et légumes (à l’exception des fruits exotiques) ont besoin d’un environnement très humide pour ne pas se dessécher (90 % ou plus), les viandes, les poissons et le fromage ont besoin de moins que cela. Autrefois réservées aux appareils haut de gamme, ces solutions se démocratisent. On en trouve sur de très nombreux réfrigérateurs, y compris des références abordables. Si on prend en exemple la marque Beko, elle a étendu sa technologie de conservation des fruits et légumes baptisée HarvestFresh sur l’ensemble de sa gamme d’appareils de froid, dès les premiers prix.
Quant au fabricant premium Liebherr, précurseur de ce type de technologies, il décline désormais sa solution de conservation sur trois niveaux de gamme – elle se nomme EasyFresh sur les modèles les plus accessibles, puis BioFresh et enfin, la version la plus sophistiquée est baptisée BioFresh Professional. Ce ne sont que des exemples, car la plupart des marques proposent maintenant de telles fonctions avec température et degré d’humidité optimisés, voire réglables (Fresh Box/Fresh Box+ chez Whirlpool, même nom chez Hisense, My Zone/Dry Zone/Humidity Zone chez Haier, Fresh Converter chez LG, Fresh Zone/Optimal Fresh+/Humidity Fresh+ chez Samsung…). Notez toutefois que certains aliments sont plus à l’aise en dehors du réfrigérateur, notamment les fruits exotiques (mangue, ananas, banane, kiwi, avocat…).

L’enjeu : préserver mieux et surtout plus longtemps
Quel que soit le nom donné à ces technologies, l’objectif poursuivi est toujours le même, à savoir allonger la durée de conservation des aliments au maximum pour des raisons pratiques et pour éviter le gaspillage. Cela n’est pas tout. L’idée est de les garder plus longtemps en conservant le goût, la texture, l’aspect et les éléments nutritifs. Avez-vous déjà imaginé manger des carottes qui ont passé 40 jours dans votre bac à légumes ou une salade qui y est restée plus d’une dizaine de jours ?
À partir de 999,99€
En stock
Acheter sur Fnac.com
C’est ce que promet par exemple Liebherr avec son système BioFresh, la marque estimant qu’on peut conserver les fruits et légumes frais et croquants jusqu’à cinq fois plus longtemps. Le secret : une température basse (proche de 0 °C), beaucoup d’humidité et même, sur la version la plus évoluée, une brume qui « hydrate » les aliments à intervalles réguliers ainsi qu’à chaque ouverture. Résultat : la possibilité d’allonger la conservation d’environ dix jours pour une laitue ou 40 jours pour des pommes. Avec son système HarvestFresh, Beko mise plutôt sur la lumière, des LED tricolores reproduisant artificiellement le cycle quotidien du soleil. L’idée : « stimuler » les fruits et légumes pour qu’ils continuent à produire des vitamines. Selon les études, ces aliments garderaient ainsi leur teneur en vitamines A et C durant sept jours.

Les aliments les plus délicats restent les viandes et poissons. Haier, qui a justement travaillé sur ce sujet en particulier, est en train de lancer une nouvelle technologie nommée Nutribank. Le constat est le suivant : si on fait ses courses le week-end, les technologies actuelles permettent de garder la plupart des aliments frais pendant toute la semaine, mais pas la viande et le poisson, qui eux perdent de la fraîcheur au bout de deux ou trois jours. Jusqu’à présent, la seule alternative était la congélation, qui altère la qualité. D’où cette innovation brevetée qui promet « de conserver la viande et le poisson cinq fois plus longtemps sans congélation, en maintenant jusqu’à 95 % des protéines et sans compromettre leur texture et leur saveur » – soit environ sept jours pour le poisson et dix pour la viande.

Pour cela, la température est légèrement négative (-3 °C), des champs magnétiques évitant la congélation (en empêchant la cristallisation de l’eau contenue dans les aliments). La température peut toutefois être modifiée si on souhaite utiliser ce compartiment pour stocker des légumes, par exemple. Cette technologie équipera dans un premier temps des appareils premium de la marque ; le premier sortira à la fin du mois de juin. Un autre, également équipé d’un écran tactile et d’IA, sera commercialisé en fin d’année.