Critique

The Last Ship de Sting : une première à Paris !

18 février 2026
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“The Last Ship”.
“The Last Ship”. ©Mark Senior

Ancien leader du groupe The Police, avec plus de 100 millions d’albums vendus au compteur, Sting fait escale à Paris et pose ses valises à La Seine Musicale pour présenter sa comédie musicale historique, The Last Ship, en bonne compagnie : celle de Shaggy. Retour sur ce phénomène inédit en France.

Pour les amateurs de séries, le titre The Last Ship évoquera la fiction post-apocalyptique américaine diffusée entre 2014 et 2018. Mais avant cela, il désignait surtout le 11e album studio de Sting et son titre d’ouverture, parus en 2013 et certifiés disque de platine en France. Le chanteur britannique de 74 ans y rend hommage aux chantiers navals de Newcastle, où il a grandi. En 2014, il en tire une comédie musicale spectaculaire.

The Last Ship.©Mark Senior

La première mondiale a lieu à Chicago, au Bank of America Theatre, puis le spectacle s’exporte à Broadway, au Neil Simon Theatre, où ses débuts sont difficiles. Le succès critique et public s’affirme néanmoins rapidement et lui vaut deux nominations aux Tony Awards en 2015. Aujourd’hui, il débarque pour la première fois à Paris, à La Seine Musicale, du 18 février au 8 mars, dans une nouvelle version dirigée par le producteur Karl Sydow.

Une histoire de luttes ouvrières et amoureuses

Le music-hall retrace le parcours de Gideon Fletcher qui, après 17 ans passés en mer, revient à Wallsend, sa ville natale du nord-est de l’Angleterre, comme Sting. Il y retrouve un chantier naval promis à la fermeture et une communauté à bout de souffle, au bord de l’implosion, à l’image de la relation amoureuse qu’il avait laissée derrière lui et qu’il tente de renouer. Son retour fait ressurgir blessures et espoirs, sur fond de colère ouvrière.

The Last Ship.©Mark Senior

Au milieu de cette cité en lutte pour sa survie, un navire inachevé se dresse, comme un symbole de résistance. Alors que les ouvriers s’organisent autour du contremaître Jackie White et de son épouse Peggy pour défendre leur chantier, Gideon tente de reconquérir Meg, son amour de jeunesse, bien décidée à ne plus revivre les incertitudes du passé. Entre lutte sociale et combat intime, The Last Ship déploie une fresque humaine où l’individuel et le collectif se répondent, faisant de l’œuvre un récit universel en prise avec l’actualité.

48 artistes sur scène

Engagé pour les droits humains et l’environnement, cofondateur de la Rainforest Foundation, Sting avait, dans un premier temps, été très critiqué par ses fans. Ils lui reprochaient de ne pas y jouer. À leur écoute, il s’est finalement octroyé le beau rôle : celui de Jackie White, leader charismatique et alter ego de l’artiste. En effet, The Last Ship est directement inspiré de son enfance dans cette cité ouvrière du nord-est de l’Angleterre, au cœur de l’industrie navale. Cette fresque musicale explore les thèmes de l’identité et de la résilience collective face à la désindustrialisation.

The Last Ship.©Nienke de Groot

Pour l’incarner sur scène : 48 artistes, musiciens et choristes l’accompagnent, dont Shaggy. Complice de longue date, mais aussi porte-drapeau du reggae et du dancehall dans les années 2000, il est surtout connu pour ses succès planétaires comme Boombastic et It Wasn’t Me. Ici, il interprète le Passeur, « The Wallsend Ferryman », dans un registre inattendu : celui de l’opéra folk.

De possibles surprises

Violons, accordéons, cornemuses, guitares acoustiques, percussions traditionnelles… The Last Ship célèbre le folk britannique et les chants de marins (les sea shanties), qui servent à synchroniser leurs gestes lors des tâches physiques répétitives et qui se caractérisent par des refrains courts et puissants. Résolument chorale et presque rustique, l’œuvre alterne solos intimistes et grands numéros collectifs, dans une tonalité mélancolique, mais lumineuse, à (re)découvrir sur la nouvelle version CD The Last Ship – Expanded Edition, qui comprend cinq nouveaux enregistrements, dont Ship of State avec Renée Fleming.

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Parfait pour se replonger dans l’ambiance de ce spectacle musical, présenté comme tel – et pour cause, il ne compte que trois chorégraphies. Mais cela pourrait bien changer. Sting ne s’interdit rien et ne cesse de le faire évoluer. Particulièrement attaché à la France, où il a été nommé chevalier des Arts et des Lettres en 2007, il pourrait bien nous réserver quelques surprises.

The Last Ship, de Sting, à La Seine musicale du 18 février au 8 mars 2026. Billetterie par ici.

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