Critique

Rêve de glace : que vaut le nouveau teen drama glacé de Netflix ?

22 janvier 2026
Par Marion Olité
“Rêve de glace”, le 22 janvier sur Netflix.
“Rêve de glace”, le 22 janvier sur Netflix. ©Netflix

Chaussez vos patins à glace et votre habit de lumière : Rêve de glace, le nouveau teen drama de Netflix, mis en ligne le 22 janvier, nous plonge dans le monde du patinage artistique de haut niveau, sur fond de premières amours, de quête de soi et de rivalités familiales.

Chez les Russo, le patinage artistique se pratique en famille et on ne vise que la médaille d’or. Amoureuse de la glace comme ses parents, un couple de champions mythique et admiré de tous, Adriana Russo (Madelyn Keys) a raccroché ses patins après la mort de sa mère, deux ans plus tôt. Elle s’est glissée dans le rôle de manageuse de l’entreprise familiale, laissant ses deux sœurs, Elise, l’aînée, et Maria, la benjamine, poursuivre leur carrière.

Mais la team Russo, qui entraîne et loge chaque saison un pool d’athlètes, connaît des difficultés financières. Adriana remonte alors sur la glace pour faire équipe avec un nouvel arrivant, le talentueux, mais arrogant Brayden (Cale Ambrozic). La jeune femme doit aussi faire face au retour de Freddie, son ex-partenaire et premier amour, qui fait désormais équipe avec Riley, sa meilleure amie. Tout ce beau monde n’a qu’un rêve : remporter les championnats du monde juniors qui se profilent à l’horizon !

Une romance glacée, entre Spinning Out et Ma vie avec les Walter Boys

Adaptée par Jeff Norton (Geek Girl) du roman éponyme de Jennifer Iacopelli, elle-même inspirée par le roman Persuasion de Jane Austen, la série canadienne Rêve de glace sent les bons sentiments, saupoudrés de compétition sportive. Dès la mise en ligne de son trailer, les fans de Spinning Out, une autre série givrée et diffusée sur Netflix en 2020, sont venus laisser des commentaires amers, regrettant que le show porté par Kaya Scodelario n’ait pas connu de saison 2.

Si les deux séries ont en commun leur univers – le patinage artistique de haut niveau – et une héroïne en reconstruction après un drame, leur tonalité se révèle bien différente. Avec son héroïne à deux doigts de la dépression nerveuse, Spinning Out lorgnait du côté du très dark Black Swan.
Plus adolescente, la série Rêve de glace aborde dans sa première saison de huit épisodes des thématiques sensibles, comme le deuil d’un parent et la pression endurée par de jeunes athlètes, mais avec un ton plus édulcoré, proche d’une série comme Ma vie avec les Walter Boys.

Madelyn Keys et Cale Ambrozic dans Rêve de glace.©Netflix

Cette différence de traitement est particulièrement prégnante dans les scènes de patinage artistique : plaisantes à visionner dans Rêve de glace, elles restent sages comparées aux séquences nerveuses et aux gros plans de Spinning Out, qui nous permettait d’épouser le ressenti de Kat. Malgré leurs similitudes, les deux séries ne jouent donc pas dans la même catégorie. Rêve de glace assume son genre, la romance, avec ses trahisons et ses rebondissements soapesques.

Un jeune casting prometteur

Pour séduire ses fans, Rêve de glace peut compter sur un jeune casting convaincant, à commencer par Madelyn Keys, aka le sosie officiel de Jennifer Lawrence ! Si on a parfois envie de secouer son personnage Adriana, punching-ball de sa sœur dans les premiers épisodes, l’actrice assure à merveille sa partition de girl next door qui va petit à petit reprendre confiance en elle.

Alexandra Beaton, Alice Malakhov et Madelyn Keys dans Rêve de glace.©Netflix

Avec ses deux prétendants, incarnés par Olly Atkins (vu dans la série Percy Jackson et les Olympiens) et Brayden Elliot (Nous les menteurs), elle forme un triangle amoureux classique – avec le boy next door et le bad boy –, mais efficace.

L’alchimie est aussi au rendez-vous avec ses sœurs de fiction, Elise et Maria, interprétées par Alexandra Beaton et Alice Malakhov, toutes deux excellentes dans leurs rôles respectifs, celui de la grande sœur à bout de nerfs et de la petite dernière prête à prendre la relève. C’est l’un des plaisirs des teen dramas : découvrir les visages hollywoodiens de demain.

Être ou ne pas être une princesse de glace

Avec ces décors enneigés et cosy, et ses dramas familiaux, Rêve de glace s’inscrit dans la tradition des fictions adolescentes autour du patinage artistique, lancée par le succès du film Princesse on Ice en 2005. Dans ce film Disney porté par la regrettée Michelle Trachtenberg, Casey devait convaincre sa mère, hostile à un milieu qu’elle jugeait sexiste et superficiel, de la laisser vivre ses rêves de patinage artistique.

À sa manière, Rêve de glace s’attache aussi à déconstruire l’aspect très girly accolé à cette discipline, souvent méprisée en comparaison des autres sports. La princesse qui fend la glace dans un geste gracieux demeure une image matraquée aux petites filles dès leur plus jeune âge et participe à une éducation genrée. La série en a conscience. À travers divers dialogues, elle rappelle que le patinage artistique est un sport d’athlètes, pas de princesses.

Madelyn Keys dans Rêve de glace.©Netflix

Ses codes genrés peuvent aussi être remis en question : dans l’épisode 3, Elise, Adriana et Maria doivent se produire lors d’un événement privé où un couple riche a organisé une fête ambiance « rose tutu » pour leur fille, pas franchement réceptive. Maria décide alors de patiner en jean et veste rock, sur une chorégraphie qui décoiffe !

Et puis, si Adriana a la glace dans le sang, Elise, destinée à être une championne, mais peu heureuse sur des patins, représente un autre champ des possibles. Tout n’est pas parfait pour autant : Rêve de glace joue sur la rivalité entre les deux sœurs (une brune effacée, mais qui ne demande qu’à être révélée, une blonde mean girl et jalouse) de façon assez caricaturale.

Un rêve un peu sage

En visionnant Rêve de glace, on ne peut s’empêcher de penser à Heated Rivalry, autre série canadienne adaptée d’un roman (young adult cette fois) qui a aussi pour toile de fond la compétition de haut niveau et cartonne en ce moment. D’autant qu’une équipe de hockeyeurs va croiser Adriana et ses sœurs dans la série… Mais la comparaison s’arrête ici : si la série Netflix possède des personnages secondaires queers, elle conserve une approche très sage, à la Dawson, des relations amoureuses.

Cale Ambrozic et Madelyn Keys dans Rêve de glace.©Netflix

Le thermomètre augmente un peu en milieu de saison, quand Adriana et Brayden se retrouvent en qualifications avec leurs camarades pour les championnats du monde. La série gagne alors en tension et en enjeux, et on se prend à avoir envie d’enchaîner sur l’épisode suivant.

Olly Atkins, Millie Davis et Cale Ambrozic dans Rêve de glace.©Netflix

Reste que ce n’est jamais bon signe quand vous regardez une série et que vous pouvez prédire la scène suivante. Et cela arrive trop souvent en visionnant cette première saison de Rêve de glace. Si les amateur·ices de romances hivernales y trouveront probablement leur compte pour un week-end de binge-watching, ce teen drama aux vibes hivernales manque de tranchant.

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