Entretien

Alex Wolff pour So Long, Marianne : “Leonard Cohen m’a guidé toute ma vie”

21 mars 2024
Par Agathe Renac
Alex Wolff incarne Leonard Cohen dans “So Long, Marianne”.
Alex Wolff incarne Leonard Cohen dans “So Long, Marianne”. ©Crave/Bell Média

Dans So Long, Marianne, Alex Wolff incarne un Leonard Cohen plus vrai que nature. L’acteur s’est prêté au jeu de l’interview, à l’occasion de l’avant-première mondiale de la série à Series Mania.

Alex Wolff nous accueille, tout sourire, dans son costume rose ajusté. Derrière sa jovialité, le comédien semble avoir gardé cette forme de mélancolie si caractéristique du personnage qu’il incarne dans So Long, Marianne. Quand on lui annonce que l’enregistrement va démarrer, il ne peut s’empêcher de rire, nous demandant de prononcer, encore une fois, le mot “record” avec notre accent à couper au couteau. Une fois le cours de français donné, l’acteur nous indique d’un geste bienveillant de la main que l’interview peut désormais commencer.

Quel regard portiez-vous sur Leonard Cohen, avant de l’interpréter dans So Long, Marianne ?

J’avais énormément d’estime pour lui, et c’est toujours le cas. En réalité, je l’aime de plus en plus, chaque jour. Je ne sais pas où j’en serais aujourd’hui s’il n’avait pas existé, aussi bien sur le plan émotionnel que spirituel. J’ai l’impression qu’il m’a guidé toute ma vie. C’est comme un meilleur ami et une figure paternelle, même si je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer.

Comment avez-vous préparé votre interprétation de ce personnage mythique ?

J’ai justement essayé de ne pas le considérer comme un mythe, mais plutôt comme une personne avec qui je partage beaucoup de points communs. J’ai eu du mal à me concentrer sur l’homme derrière la légende, mais, quand j’y suis parvenu, le travail a été bien plus facile !

©Crave/Bell Média

En ce qui concerne la partie purement technique, j’ai pris des cours de guitare classique et j’ai travaillé avec un coach vocal incroyable. On travaillait ensemble tous les soirs, et je n’aurais jamais réussi à incarner Leonard Cohen sans lui.

Leonard Cohen était un artiste, mais sa mère l’a obligé à se lancer dans une carrière plus conventionnelle. Avez-vous déjà été confronté à cette problématique ?

J’y suis confronté à chaque fois que je ne travaille pas. Quand je n’ai pas de rôle, je me dis : “Mince, je devrais peut-être faire autre chose.” J’ai toujours peur que le personnage que j’incarne soit le dernier. J’y pense vraiment et c’est un sentiment effrayant. Je pense que tous les artistes, ou ceux qui aspirent à l’être, doivent faire la paix avec cette idée et ce sentiment, parce qu’il reviendra toujours – sauf si vous jouez dans une sitcom, qui est une excellente sécurité en termes d’emploi. Cependant, si vous souhaitez vous lancer dans des projets et des films très différents, c’est plus difficile. Il faut se battre pour être acteur et continuer à exercer son métier.

La série se déroule sur l’île paradisiaque d’Hydra. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

On a pu nager dans la mer Égée, on a mangé du poulpe, on a vécu des moments incroyables… Hydra est l’un des plus beaux lieux que j’ai visités de toute ma vie. Le plus grand défi était de quitter cette île, à la fin du tournage !

Au début de la série, la vie de Léonard est imagée en noir et blanc. Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir ce même filtre de tristesse au point de perdre toutes les couleurs de la vie ?

C’est une excellente question et la réponse est un grand oui.

Alors quel est votre secret pour retrouver ces couleurs ?

Je porte des vêtements colorés, comme aujourd’hui (rires) !

Leonard Cohen le dit dès le premier épisode : il y a des amours qui nous marquent pour toujours. Partagez-vous sa vision très romantique et passionnée des relations ?

Je pense que l’amour fonctionne de cette manière. Ce qu’il y a de plus romantique à son sujet, c’est son caractère simple et sincère. C’est poétique, doux, mais jamais oppressant. La citation de Leonard est très juste. Certaines personnes laissent une marque en nous, pour toujours. Je ne connais personne qui ne perd pas son sourire avec un regard nostalgique en entendant un nom précis. C’est aussi pour cette raison que la mélancolie et la colère sont des sentiments si puissants.

Vous le savez, vous ne pourrez échapper à cette question : quelles sont vos chansons préférées de Leonard Cohen ?

J’en ai tellement ! C’est comme si vous me demandiez de choisir mon enfant préféré : c’est impossible. Je vais dire Suzanne pour être intelligent, et Bird on the Wire et Blue Raincoat parce que ce sont des chansons qui me tiennent particulièrement à cœur.

Les deux premiers épisodes sont à voir durant 24 heures sur le site de Series Mania. La série n’a pas trouvé de diffuseur français pour le moment.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste