Critique

Palm Royale : la gloire à tout prix avec un air de déjà-vu

19 mars 2024
Par Léa Vincent
“Palm Royale” est disponible depuis le 20 mars sur AppleTV+.
“Palm Royale” est disponible depuis le 20 mars sur AppleTV+. ©Apple TV+

Diffusée ce 20 mars sur Apple TV+, le série nous plonge dans le Palm Beach des années 1970. Au royaume de la beauté et de la richesse, cette satire confronte les écarts de classes. Un duel qui traverse les époques et tente de se réinventer à l’écran. Cependant, l’ultime question reste la même : que serions-nous prêts à faire pour accéder à la première place du podium ?

Welcome to Palm Beach ! Sous le soleil écrasant de la Floride, les peaux satinées et les visages aux teints orangés se prélassent au bord de la piscine du Palm Royale, le club le plus exclusif de la ville. Tout en arborant leurs bijoux les plus clinquants, quatre femmes privilégiées dégustent leurs cocktails mondains, aveuglant l’assemblée d’un (faux) sourire. Toute la panoplie du prêt-à-montrer est en place. Adaptée du roman Mr. and Mrs. American Pie de Juliet McDaniel (2018), la nouvelle série disponible le 20 mars sur Apple TV+ retrace une chasse au succès qui semble perdue d’avance.

Le prix à payer

Créé par Abe Sylvia, Palm Royale se déroule en 1969 et voit défiler Ford Mustang et Cadillac le long des routes ornées de palmiers et de résidences huppées. Maxine Dellacorte, interprétée par Kristen Wiig (Saturday Night Live), est une jeune femme issue d’un milieu modeste prête à tout pour intégrer ce cercle très privé où seules les richissimes peuvent entrer. Perchée sur ses hauts talons, elle va tout mettre en place pour cacher ses origines sociales. Exit les règles strictes imposées, elle ne se laisse pas décourager par toutes les portes qui se ferment devant elle et montre un sens aiguisé des affaires.

De fil en aiguille, chaque épisode offre son lot de rebondissements à cette série qui a misé sur un casting haut en couleur : Ricky Martin en « bar guy », Kaia Gerber en jeune manucuriste, et enfin Laura Dern à la tête d’une librairie féministe. Quel est le prix à payer pour s’offrir une place sous le soleil californien ? Les nantis trichent, se trompent entre eux, se dénoncent, le tout dans un décor somptueux.

Drame après drame, les masques, parfaitement imbriqués, se désintègrent. En compétition permanente, les personnages ne sont que des pions les uns pour les autres, s’accordant des privilèges entre privilégiés. Le tout sans une once d’amitié. Maxine est quant à elle mariée à un pilote d’avion, avec qui elle file le parfait amour. Pourtant, la jeune femme fait de sa quête de gloire son seul mantra et refuse d’abandonner. Malgré des bases solides, leur relation va montrer au fil du temps quelques failles. 

L’éternelle lutte des classes 

Avec ses allées entretenues et le luxe à tous les coins de rue, le décor de Palm Royale a un air de déjà-vu. Outre quelques looks aux couleurs vives faisant référence aux années 1970, il est assez simple de projeter la série dans la société actuelle. C’est un packaging qui fonctionne, la dualité est parfaitement mise en scène : l’esthétisme des décors, la précision des plans et le jeu d’acteur crédible permettent à l’intrigue de se maintenir.

Mais, bien que divertissante, la série ne nous apprend rien de plus que Succession ou Gossip Girl, dont l’influence se fait sentir. Nombreux sont les scénarios mettant en lumière le célèbre duel entre la classe moyenne d’un côté et la haute société de l’autre.

©Apple TV+

Les démunis contre les nantis. Les uns semblent avoir besoin des autres pour briller. Le luxe fait rêver, mais est-ce qu’il rend heureux pour autant ? Si ce n’est pas le cas, pourquoi fait-il encore vendre ? Ce questionnement semble être un éternel recommencement. À travers cette satire, Abe Sylvia dénonce une fois de plus les limites de ce rêve aux contours faussement dorés, tout en révélant peu à peu la vulnérabilité de chaque personnage. Il y a fort à parier que ce type de série aux allures vintages continuera d’exister, puisque cette lutte des classes dans les années 1970 n’est guère différente de celle qui se joue aujourd’hui. Rien de nouveau sous le soleil californien, donc.

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