Entretien

Le Festival de Cannes vu par les influenceurs avec Juste Zoé

28 mai 2023
Par Agathe Renac
Zoé Tondut partage son quotidien sur les réseaux sociaux.
Zoé Tondut partage son quotidien sur les réseaux sociaux. ©Zoé Tondut

Sur YouTube, Zoé Tondut partage son quotidien à ses 1,58 million d’abonnés. On a profité de sa venue à Cannes pour découvrir les coulisses de l’événement – à la même terrasse qu’un certain Chuck Bass.

Que ressentez-vous aujourd’hui, après avoir monté les marches ? Que représente le Festival de Cannes pour vous ? 

Je suis un peu choquée d’être là. Je ne réalise toujours pas, même si c’est la troisième fois que je viens ici. C’est clairement un rêve de petite fille. Les plus grandes stars et les films les plus prestigieux sont à Cannes, donc c’est trop cool d’avoir le privilège de participer au Festival.

Avant, je le regardais à la télé et je le suivais dans les médias ; maintenant, je suis dans les coulisses. Pour être honnête, je ne sais pas trop pourquoi je suis là, mais je le suis, donc je vis le moment à 100 %. D’autant plus que je n’ai pas trop de pression. Je ne suis pas actrice, ni réalisatrice. Tout ce qu’on me demande, c’est de profiter de Cannes et des films.

Et quel est votre meilleur souvenir de ces trois dernières éditions ?

Je pense que c’était la première année. J’étais hyper stressée avant le tapis rouge et je me disais : “Waouw, je suis au FESTIVAL DE CANNES !” J’étais avec une bande de créateurs de contenus avec lesquels je me suis super bien entendue durant le séjour. Au moment de monter les marches, on se regardait tous, en mode : “Mais qu’est-ce qu’on fait là ?” Au final, on n’a pas réfléchi, on est tous passés et, une fois en haut des marches, on s’est dit : “Ok, on l’a fait !”

“Et on n’est pas tombés !”

Et on n’est pas tombés ! Ça s’est bien passé, et c’était une expérience folle. Cette première montée des marches reste un souvenir mémorable.

Êtes-vous une grande cinéphile, ou plutôt du genre à binger des séries ou des vidéos YouTube ?

J’ai grandi avec YouTube et les séries, mais j’adore les films. Pendant le confinement, j’ai dressé la liste de tous les classiques que je n’avais pas vus et que je voulais rattraper. J’ai envie de développer ma culture cinématographique. En revanche, j’ai besoin qu’un film m’embarque directement dans son histoire. J’ai tendance à facilement me lasser. Après, si l’œuvre me plaît, j’irai jusqu’au bout, que ce soit un documentaire ou un long-métrage de trois heures.

Vous venez en tant que créatrice de contenu. Avez-vous l’impression que le regard des festivaliers et de la presse a évolué sur la présence des influenceurs au Festival de Cannes ?

C’est vrai qu’on se prenait pas mal de réflexions au début. Elles ne venaient pas forcément de la part des festivaliers, mais plutôt des gens sur les réseaux sociaux. Certains ne comprenaient pas notre présence ici, ils disaient que le Festival était réservé aux grands acteurs et au milieu du cinéma. J’étais la première à me demander ce qu’on faisait là, en tant qu’influenceur. J’avais l’impression de ne pas être à ma place.

J’ai beaucoup réfléchi sur la question et j’en suis venue à la conclusion que l’événement est basé sur le cinéma, mais que de nombreuses marques sont aussi présentes pour le faire vivre. Aujourd’hui, la stratégie de ces marques est aussi sur les réseaux sociaux. Elles évoluent et invitent désormais des personnalités influentes sur Internet. Je pense que tant qu’on sait rester à notre place, c’est cool. On est ici au même titre que les autres médias. On regarde les films et on en parle sur nos réseaux. C’est juste une nouvelle manière de parler du Festival.

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Avez-vous remarqué une réelle évolution au cours de ces trois dernières éditions ? 

Oui. Déjà, il y a beaucoup plus de créateurs invités aujourd’hui. Ils le sont par de grandes marques, qui travaillent aussi avec des acteurs et des égéries stars. Mais globalement, il y a une vraie évolution des mentalités par rapport à l’influence et aux réseaux sociaux. Les gens sont plus ouverts sur ce sujet et ces métiers.

Après vos Vlostralie (contraction de “vlog” et “Australie”), pouvez-vous nous faire un VloCannes et nous emmener dans les coulisses du Festival avec vous ?

Ok, on va faire le VloCannes d’aujourd’hui. Tu essaies de te lever tôt, car tu ne veux pas gâcher ta journée, même si tu t’es couché à 3 heures la veille. Résultat : t’es un peu crevée. Tu te prépares, tu prends ton petit-dej’, et après, tu pars pour ta journée. Cette année, je suis venue avec une marque, donc tu crées des contenus durant la matinée. À midi, tu déjeunes avec une marque, des amis, ou des connaissances qui sont aussi à Cannes – parce qu’à peu près toute la Terre y est.

Ensuite, en début d’aprem, tu peux avoir des petites activités. Par exemple, aujourd’hui, je visite des yachts avec une marque qui m’a contactée pour faire des contenus dessus – et c’est trop cool. À 18 heures, tu rentres pour aller te préparer pour monter les marches ou pour une autre soirée. Ta journée se termine entre 3 heures et 4 heures, puis tu recommences le lendemain.

Y a-t-il des petits secrets cannois que vous avez découverts au fil des années ?

Premier point : on n’a pas le droit d’avoir notre téléphone quand on monte les marches. C’est hyper frustrant parce que tu vis un truc de fou, mais tu ne peux pas envoyer de photos à tes proches. Si les photographes ne te shootent pas quand tu marches sur le tapis rouge, tu n’as pas le droit de t’arrêter. Ils te poussent en te disant d’avancer et de monter directement pour ne pas créer de bouchon.

Ensuite, il faut savoir qu’on passe trois heures à se préparer dans une chambre avec toute une équipe pour finalement rester quelques secondes sur les marches. Ce Festival, c’est ma plus grosse préparation en termes de make-up, de coiffure et de tenue. Il faut trouver un juste milieu et ne pas en faire trop, puisqu’on n’est pas des stars, mais en même temps être assez classe, puisque c’est Cannes. Mais, au final, on se retrouve dans le noir devant un film donc toute cette préparation ne sert à rien ! Surtout que 99 % du temps, on se change pour la soirée d’après, car la première tenue n’est pas assez confortable ou ne convient pas.

De plus en plus de créateurs de contenu se lancent dans le cinéma, même pour de petites apparitions. Est-ce un exercice qui vous plairait ? 

J’avais été contactée pour la série Les Bracelets rouges, diffusée sur TF1. Ils m’avaient demandé d’envoyer des petites vidéos pour le casting, mais je n’y arrivais pas. C’était trop gênant. Je regardais les vidéos et je me disais que ce n’était pas possible. Pourtant, j’ai fait option cinéma audiovisuel au lycée, donc j’avais un peu des bases. Mais honnêtement, incarner un personnage, c’est super dur.

À la limite, jouer mon rôle ou un qui soit un peu similaire, pourquoi pas. Mais s’il s’agit d’une tout autre personne, c’est pas possible. Je n’y arrive pas. En fait, je préfère être derrière la caméra et gérer tous les petits détails, comme le cadrage et le montage.

Et quel est votre top 3 des meilleurs films de tous les temps ?

En première place, Inception. Je l’ai regardé pendant le confinement, et j’ai beaucoup aimé. En deuxième, L’Arnacoeur. Pareil, j’ai adoré. En troisième, je dirais The Truman Show. Il m’a retourné le cerveau. Après l’avoir vu, je me disais : “Mais attends, est-ce qu’on vit dans un vrai monde ? Est-ce qu’on est tous dans une simulation ?”

Ces trois films m’ont énormément marquée, mais je ne les ai pas revus pour autant. Je n’aime pas me replonger dans une même œuvre, parce que je n’aime pas savoir ce qu’il va se passer. Je préfère être étonnée et toujours découvrir de nouvelles histoires.

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Article rédigé par
Agathe Renac
Agathe Renac
Journaliste