La rentrée littéraire s’annonce exceptionnelle dans nos librairies. Pour vous guider au cœur de cette jungle éditoriale, nous avons décrypté les nouveautés incontournables du 9e art. Des récits intimes de Catherine Meurisse à la science-fiction de Nicolas Dehghani, découvrez notre sélection de romans graphiques pour la saison. De superbes albums à dévorer confortablement dans un bon fauteuil, ou à glisser dans votre sac !
Notre sélection de romans graphiques en un clin d’oeil
| Titre | Auteur | Éditeur | Nombre de pages | Pour quel lectorat ? |
| Akujo | Asako Yamasaki | Actes Sud | 208 | Amateurs de récits métaphoriques |
| Quand j’étais petite je rêvais d’être muse | Maëlle Réat, Erell Hannah | Casterman | 192 | Lecteurs en quête de récits initiatiques et féministes |
| Invitations | Jirô Taniguchi | Casterman | 112 | Passionnés du Japon, de la contemplation et de poésie |
| Providence | Nicolas Dehghani | Sarbacane | 336 | Férus de science-fiction, d’anticipation et de dystopie |
| Beauvoir made in America | Nathalie Masduraud, Valérie Urréa, Lisa Chetteau | Gallimard BD | 256 | Passionnés de biographie, de féminisme et d’histoire |
| Dead man walking | Helen Prejean, Rose Vines, Catherine Anyango Grünwald | Bayard Graphic | 304 | Amateurs de récits engagés et de justice sociale |
| Portraits de Persil | Jean-Christophe Deveney, Saïd Sassine | Glénat | 216 | Lecteurs aimant les récits historiques et l’art |
| Calvitie | Florence Dupré La Tour | Vents d’Ouest | 128 | Amateurs de comédies douces-amères et d’autodérision |
| Face A Face B | Blutch | Éditions 2042 | 204 | Fans de BD d’auteur et d’expérimentation graphique |
| Le clan de Walden | Catherine Meurisse | Dargaud | 152 | Amoureux de la nature, de philosophie et d’écologie |
| Ensemble on aboie en silence | Gaét’s, Gringe, Julien Monier | Dupuis | 144 | Lecteurs de récits intimes et sur la santé mentale |
| Montefiore | Pierre-Henry Gomont | Dargaud | 192 | Amateurs de récits d’aventure et de biographies |
| Cahiers de recherche Nanbanjin | Cyril Pedrosa, Taiyô Matsumoto | Dupuis | 480 | Passionnés d’histoire du Japon et de chocs visuels |
| Un jardin de sphères Livre 1 | Linnéa Sterte | Éditions de la Cerise | 338 | Lecteurs férus de récits oniriques et de mysticisme |
Akujo – Asako Yamasaki (Actes Sud BD)
Akujo de l’autrice nippone Asako Yamasaki vous plonge au cœur d’un univers onirique d’une rare intensité. Ce manga fantastique à l’esthétique envoûtante narre une histoire où le mystère se mêle à une contemplation vertigineuse. Le dessin minutieux d’Asako Yamasaki offre un monde magnétique où chaque détail compte, captivant le lecteur dès la première page. Parfait pour les amateurs de récits surnaturels.
Quand j’étais petite, je rêvais d’être muse – Maëlle Reat, Erell Hannah (Casterman)
Dans Quand j’étais petite je rêvais d’être muse, l’illustratrice Maëlle Réat et la scénariste Erell Hannah livrent une œuvre d’une grande justesse sur la construction de l’identité féminine. Avec un graphisme expressif, Maëlle Réat interroge la place de la femme, non plus comme simple inspiratrice, mais bien comme créatrice de son destin. Ce roman graphique engagé touchera particulièrement les passionnés de sociologie et de récits initiatiques. Une très belle découverte.
Invitations – Jirô Taniguchi (Casterman)
Avec Invitations, découvrez une facette inédite et fascinante du maître japonais Jirô Taniguchi. Ce recueil poétique nous entraîne dans de multiples déambulations contemplatives. Chaque page célèbre la lenteur, l’observation de la nature et l’appréciation des détails du quotidien, offrant une véritable ode à la sérénité. Jirô Taniguchi nous livre une œuvre intemporelle.
Providence – Nicolas Dehghani (Sarbacane)
Le dessinateur Nicolas Dehghani frappe très fort avec Providence, un imposant récit d’anticipation. Dans ce monde ultra-connecté sous l’emprise des algorithmes et des données, un jeune terrien voit son destin basculer. Nicolas Dehghani dépeint un futur vertigineux grâce à un univers visuel massif, audacieux et immersif. Si vous êtes un mordu d’univers dystopiques ou si vous cherchez à comprendre les tendances technologiques, ce titre est pour vous : vous y retrouverez une puissante ambiance cyberpunk. Un incontournable ambitieux.
Beauvoir in America – Nathalie Masduraud, Valérie Urréa, Lisa Chetteau (Gallimard BD)
En janvier 1947, Simone de Beauvoir débarque aux États-Unis pour une tournée de conférences de quatre mois. De New York à Los Angeles en passant par La Nouvelle-Orléans, la philosophe existentialiste sillonne une Amérique sous tension ségrégationniste. Ce périple transatlantique se transforme vite en une quête aussi intime que politique. Entre passions amoureuses et observation lucide des inégalités de genre, la penseuse éprouve sa propre liberté. À travers huit chapitres et autant de portraits captivants, Beauvoir made in America révèle une intellectuelle libre, mordante et vibrante. Un voyage initiatique décisif qui posera les fondations du Deuxième Sexe, monument et bible du féminisme.
Dead man walking – Helen Prejean, Rose Vines, Catherine Anyango Grünewald (Bayard Graphic)
Depuis plus de quarante ans, sœur Helen Prejean accompagne les condamnés à mort américains. Figure mondiale de l’abolitionnisme, son combat s’incarne ici dans Dead man walking, une adaptation en roman graphique nommée aux Eisner Awards 2026. Scénarisé par Rose Vines, l’ouvrage s’intéresse aux destins croisés de deux détenus : l’un inspirant la sympathie, l’autre violent et clivant. Entre angoisse des recours et fatalité des exécutions, le récit explore la réalité crue du couloir de la mort. Il bouscule nos certitudes morales sur la justice, le pardon et les limites de la compassion. Alors que la peine capitale refait surface dans le débat politique aux États-Unis, cet album puissant s’impose comme un outil essentiel de sensibilisation pour comprendre la cruauté d’un tel châtiment.
Portraits de Persil – Jean-Christophe Deveney, Saïd Sassine (Glénat)
Portraits de Persil, scénarisé par Jean-Christophe Deveney et dessiné par Saïd Sassine, est une perle fantastique nichée dans une Europe alternative du Second Empire. Jean-Christophe Deveney raconte la trajectoire de Lina, jeune peintre rebelle, dont l’art transcende les conventions à travers ses toiles. Un récit visuellement somptueux qui aborde la naissance d’une artiste et sa soif de liberté. Parfait pour les passionnés d’art, cette bande dessinée célèbre la puissance créatrice. Une fresque magnifique et sensorielle recommandée par notre rédaction pour s’évader avec bonheur.
Calvitie – Florence Dupré la Tour (Vents d’Ouest)
Quand la crinière de lion d’Emmanuel commence à se dégarnir, c’est tout son univers qui s’effondre. Séducteur accompli, cadre stylé dans la mode et roi des applis de rencontre, ce trentenaire au physique avantageux voit sa vie basculer le jour où un stagiaire pointe du doigt sa calvitie naissante. Pris de paranoïa, terrifié à l’idée de perdre sa virilité dans une société obsédée par le paraître, Emmanuel tente le tout pour le tout : lotions miracles, casques futuristes et voyages improbables. Dans Clavitie, Florence Dupré la Tour livre une comédie dramatique hilarante, tendre et cruelle. Entre fiascos amoureux, drames au bureau et soutien bancal d’un cousin toulousain, l’autrice interroge avec audace nos complexes et les diktats de la beauté. Un album savoureux et mordant.
Face A Face B – Blutch (Éditions 2042)
Blutch déploie toute sa maestria narrative pour ausculter les métamorphoses du sentiment amoureux. Face A Face B réunit deux récits miroirs qui s’avancent l’un vers l’autre pour se rejoindre au cœur même du livre, comme les deux moitiés d’une même étreinte. La Face A lance un couple d’amoureux dans une traversée épique sur le lac Lémancolie : marins d’eau douce égarés dans les entrailles d’un navire antique, ils ravivent le souffle de la grande aventure dessinée, avec ses capitaines intrépides et ses manoirs abandonnés. La Face B explore l’intimité du quotidien, de la gare au lit conjugal où l’un lit pendant que l’autre dessine. Chronique tendre, sensuelle et troublante du temps qui passe, ce diptyque virtuose capture toute la grandeur et la fragilité de la vie à deux.
Le Clan Walden – Catherine Meurisse (Dargaud)
En 1845, alors que l’Amérique s’enfonce dans l’industrialisation et le matérialisme, le jeune Henry David Thoreau choisit la dissidence. Son ambition ? S’installer au bord de l’étang de Walden, vivre de peu, observer le vivant et tenter l’expérience de l’autosuffisance. Mais cette quiétude est ébranlée. Autour de lui, des animaux sauvages bavards et éclairés entendent bien défendre leur terre. Quand la construction d’un barrage vient menacer leur havre de paix, la communauté s’organise. Avec Le Clan Walden, Catherine Meurisse orchestre une fable écologique savoureuse où philosophe et faune s’allient dans un plan d’action explosif. Une célébration joyeuse de la nature et de la désobéissance civile.
Ensemble, on aboie en silence – Gaët’s, Gringe, Julien Monier (Dupuis)
Ensemble, on aboie en silence marque la collaboration entre le rappeur et comédien Gringe, le scénariste Gaët’s et le dessinateur Julien Monier pour l’adaptation de son livre autobiographique en bande dessinée. Le récit retrace le quotidien de deux frères, Guillaume et Thibault, dont la vie bascule en 2001 lorsque le cadet est diagnostiqué schizophrène. Face à la maladie et aux idées reçues, le grand frère protecteur s’engage aux côtés de son cadet. Ce drame familial se mue alors en une odyssée initiatique vibrante, fondée sur l’acceptation de l’autre et une complicité sans faille. Entre traitements, visions, voyages et fous rires, les deux hommes forgent un lien indestructible. Sublimé par le tandem derrière la série RIP, cet album livre une déclaration d’amour fraternelle d’une tendresse inouïe.
Montefiore – Pierre-Henry Gomont (Dargaud)
Préparez-vous à un voyage exaltant avec Montefiore ! Pierre-Henry Gomont nous plonge au cœur d’une Italie fiévreuse et populaire. Andrea et Angelo, deux jeunes frères passionnés de chevaux, découvrent l’univers brut des courses locales. Leur guide ? L’oncle Guido, figure truculente et vice incarné, qui les invite pour l’été au sein de l’élevage familial. Les enfants y explorent le passé secret d’un père qui les avait tenus à l’écart, aux côtés de la tante Rina, de l’entraîneur Ambroggio et d’une bande de jeunes cavaliers rivaux. Surtout, ils font la rencontre d’Hermès, un cheval fou à la robe vif-argent. Entre la ferveur du dessin et la juste puissance des mots, Pierre-Henry Gomont signe un récit initiatique vibrant sur la filiation, la famille choisie et l’enfance se heurtant à l’ordre établi. Une œuvre magnifique.
Nanbanjin : cahiers de recherche – Cyril Pedrosa, Taiyô Matsumoto (Dupuis)
L’année 1543 marque une rupture sur l’île japonaise de Tanegashima. Un marin portugais nommé Fernando s’y échoue, provoquant la toute première rencontre entre deux mondes qui s’ignoraient. Fascinations et incompréhensions se mêlent alors que cet étranger affronte ses démons face à des villageois — samouraï, prêtresse, pêcheur — dont le quotidien bascule irrémédiablement. Fruit d’une collaboration magistrale, Nanbanjin : cahiers de recherche unit les talents de Cyril Pedrosa et Taiyô Matsumoto. Les auteurs proposent ici un fascinant album tête-bêche. Ce format audacieux permet d’explorer cette fresque poétique et historique sous deux angles : occidental et oriental. Un véritable choc esthétique qui s’inscrit indéniablement parmi les incontournables de la bande dessinée en cette rentrée.
Un jardin de sphères Livre 1 – Linnéa Sterte (Éditions de la Cerise)
Enfin, laissez-vous envoûter par Un jardin de sphères Livre 1 de la talentueuse suédoise Linnéa Sterte. Émergeant aux confins du monde, une déesse de la destruction entame une errance contemplative de plusieurs siècles. Témoin privilégié de la naissance des montagnes comme de l’essor des civilisations, elle cherche sa place dans un univers aussi sublime que brutal, où se croisent dragons, engins volants et divinités versatiles. Avec cette fresque poétique et visuellement saisissante, l’illustratrice orchestre une saga ambitieuse aux frontières de la fantasy et de la science-fiction.