Tous les dix ans, le monde du cinéma retient son souffle. La prestigieuse revue britannique « Sight & Sound » publie son célèbre sondage auprès des critiques du monde entier pour classer les meilleurs films de tous les temps. A vos carnets de notes, voici les chefs-d’œuvre absolus qu’il faut avoir vus au moins une fois dans sa vie.
Depuis 1952, le British Film Institute (BFI) interroge une décennie après l’autre un panel international d’experts cinéphiles. Pour cette huitième édition, ce ne sont pas moins de 1 639 critiques, programmateurs, conservateurs et universitaires qui ont soumis leur Top 10 personnel.
L’objectif ? Sortir du simple box-office pour identifier les œuvres qui ont véritablement changé la grammaire du cinéma. Si Citizen Kane d’Orson Welles a régné pendant 50 ans avant d’être détrôné par Vertigo d’Alfred Hitchcock en 2012, le dernier cru en date – dévoilé en 2022 – marquait un tournant majeur avec le sacre, pour la toute première fois, d’un film réalisé par une femme.
Découvrez le classement des meilleurs films de tous les temps.
1. Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles, Chantal Akerman (1975)
Le film suit trois jours de la vie routinière de Jeanne Dielman (Delphine Seyrig), une mère veuve qui organise ses journées entre les tâches ménagères, les soins apportés à son fils et une activité de prostitution occasionnelle pour subvenir à ses besoins. La mise en scène rigoureuse montre l’aliénation domestique jusqu’à ce qu’un grain de sable ne vienne enrayer cette mécanique millimétrée.
L’accession de Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles à la première place a fait grand bruit en 2022. Chef-d’œuvre du cinéma féministe et expérimental, le long-métrage, signé Chantal Akerman, transforme le quotidien banal en une expérience cinématographique radicale et hypnotique.
2. Sueurs froides, Alfred Hitchcock (1958)
Scottie (James Stewart), un ancien policier sujet au vertige, est engagé, par une ancienne connaissance, pour suivre Madeleine (Kim Novak), une femme au comportement étrange qui semble possédée par l’esprit d’une aïeule décédée. Après la mort tragique de celle-ci, il rencontre Judy, le sosie parfait de la disparue, et sombre dans une obsession maladive pour la transformer à l’image de son amour perdu.
Longtemps numéro 1, Sueurs froides reste le sommet du génie d’Hitchcock. C’est une exploration psychanalytique complexe sur le désir, le deuil et l’obsession, portée par une photographie sublime et une musique hantée de Bernard Herrmann.
3. Citizen Kane, Orson Welles (1941)
À la mort du richissime magnat de la presse Charles Foster Kane (Orson Welles), un journaliste enquête sur le sens de ses dernières paroles : « Rosebud ». À travers les témoignages de ses proches, le film retrace l’ascension fulgurante et la chute solitaire d’un homme de pouvoir complexe, de son enfance arrachée à sa fin dans son immense demeure de Xanadu.
Bien que troisième de ce classement, Citizen Kane est souvent cité comme le plus grand film de l’histoire. Notamment pour ses innovations techniques révolutionnaires (profondeur de champ, montage, éclairage) qui ont inventé le langage du cinéma moderne tel qu’on le connait.
4. Voyage à Tokyo, Yasujirō Ozu (1953)
Un couple de retraités, Shukichi (Chishū Ryū) et Tomi (Chieko Higashiyama), quitte leur province pour rendre visite à leurs enfants installés à Tokyo. Ces derniers, trop occupés par leur travail et leur vie urbaine, les délaissent. Seule leur belle-fille Noriko (Setsuko Hara), veuve de guerre, leur accorde du temps et de la tendresse.
Voyage à Tokyo est une méditation bouleversante et universelle sur les liens familiaux, le temps qui passe et la déception. La simplicité de la mise en scène du long-métrage atteint ici une forme de perfection émotionnelle. Et le génie d’Ozu réside en sa captation de l’égoïsme ordinaire des enfants face à la solitude de leurs parents vieillissants.
5. In the Mood for Love, Wong Kar-wai (2000)
À Hong Kong en 1962, M. Chow (Tony Leung Chiu-wai) et Mme Chan (Maggie Cheung) emménagent le même jour dans des appartements voisins. Ils découvrent bientôt que leurs conjoints respectifs ont une liaison ensemble. Meurtris, ils se rapprochent mais se promettent de ne jamais devenir comme eux, vivant un amour platonique fait de non-dits et de frôlements.
Avec In the Mood for Love, Wong Kar-wai signe le film romantique ultime. La beauté plastique des cadres et leur tension mélancolique en font une œuvre visuellement insurpassable. C’est un tour de force qui montre que le manque et l’absence sont parfois plus puissant qu’une simple histoire d’amour.
6. 2001 : l’Odyssée de l’espace, Stanley Kubrick (1968)
De l’aube de l’humanité à la conquête spatiale, le film suit le voyage du Dr Dave Bowman (Keir Dullea) vers Jupiter à bord du Discovery One. Le vaisseau est contrôlé par HAL 9000, un ordinateur doté d’une intelligence artificielle qui commence à manifester des comportements inquiétants lors d’une mission liée à un mystérieux monolithe noir.
Ce monument du septième art a totalement redéfini la science-fiction moderne. Véritable expérience sensorielle et philosophique, 2001 : l’Odyssée de l’espace interroge la place de l’homme dans l’univers avec un réalisme technique qui n’a pas pris une ride. Sa narration audacieuse, presque dénuée de dialogues, a prouvé que le cinéma pouvait atteindre une dimension métaphysique par la seule puissance de l’image.
7. Beau Travail, Claire Denis (1999)
Dans le décor aride de Djibouti, l’adjudant-chef Galoup (Denis Lavant) mène une existence régie par la discipline militaire de la Légion étrangère. Son équilibre est perturbé par l’arrivée d’une jeune recrue, Sentain (Grégoire Colin), pour qui il développe une jalousie obsessionnelle qui le conduira à sa perte.
Beau Travail est une œuvre physique et poétique. La chorégraphie des corps et la scène finale iconique en font l’un des films les plus marquants du cinéma français contemporain. En filmant le désir et la discipline avec une telle sensualité, Claire Denis a imposé un nouveau langage visuel qui continue de fasciner le monde entier.
8. Mulholland Drive, David Lynch (2001)
Après un accident de voiture sur les collines d’Hollywood, une femme amnésique (Laura Elena Harring) trouve refuge chez une apprentie actrice, Betty (Naomi Watts). Ensemble, elles tentent de découvrir l’identité de l’inconnue, plongeant dans un labyrinthe onirique où la réalité et le rêve se confondent dans les coulisses sombres de l’industrie du cinéma.
Mulholland Drive est le puzzle cinématographique par excellence. Lynch y explore les fantasmes et les cauchemars d’Hollywood avec une virtuosité singulière, laissant chaque spectateur être libre de son interprétation.
9. L’Homme à la caméra, Dziga Vertov (1929)
Ce film documentaire expérimental saisit le tumulte de la vie urbaine en URSS, d’Odessa à Moscou. Sans intertitres ni scénario narratif, il montre le travail, les loisirs et les machines à travers le regard d’un caméraman qui filme la réalité tout en étant lui-même filmé, créant une mise en abyme du processus cinématographique.
L’Homme à la caméra est un manifeste de la puissance du montage. Vertov y expérimente des techniques (accélérés, ralentis, surimpressions) qui font encore, de nos jours, partie du langage visuel cinématographique. Une prouesse pour l’époque.
10. Chantons sous la pluie, Stanley Donen & Gene Kelly (1952)
En 1927, Don Lockwood (Gene Kelly) est une star du cinéma muet. L’arrivée du parlant bouleverse l’industrie et met en péril la carrière de sa partenaire Lina Lamont (Jean Hagen) à la voix insupportable. Avec l’aide de son ami Cosmo (Donald O’Connor) et de la jeune Kathy (Debbie Reynolds), il tente d’adapter son dernier film en comédie musicale.
Chantons sous la pluie est souvent considéré comme la meilleure comédie musicale de l’histoire. C’est une déclaration d’amour au cinéma, débordante d’énergie, de talent et d’humour, qui parvient à transformer une période de crise technique en une fête visuelle irrésistible.
11. L’aurore (Sunrise: A Song of Two Humans), F.W. Murnau (1927)
Un pécheur (George O’Brien) est séduit par une femme de la ville (Margaret Livingston) qui le pousse à noyer sa propre épouse (Janet Gaynor) pour s’enfuir avec elle. Incapable de commettre l’acte, l’homme tente de regagner le pardon de sa femme lors d’une journée mémorable à la ville.
L’Aurore représente l’apogée artistique du cinéma muet. La fluidité de la caméra et l’expressionnisme des sentiments créent une œuvre d’une beauté plastique universelle. F.W. Murnau y atteint une telle perfection visuelle que le film parvient à raconter les émotions les plus complexes sans jamais avoir besoin de recourir à la parole.
12. Le Parrain, Francis Ford Coppola (1972)
Au sein de la famille Corleone, l’une des cinq plus puissantes familles de la mafia new-yorkaise, le patriarche Vito (Marlon Brando) refuse de s’impliquer dans le trafic de drogue. Cette décision déclenche une guerre sanglante, forçant son fils cadet, Michael (Al Pacino), pourtant éloigné des affaires criminelles, à reprendre le flambeau pour protéger le clan.
Cette tragédie grecque transposée dans le milieu de la pègre est bien plus qu’un simple film de gangsters. La réalisation de Coppola et les performances de ses acteurs font du Parrain un pilier incontournable de la culture populaire. En explorant la corruption de l’âme à travers le prisme de la famille, le film s’impose comme une étude psychologique sombre et impitoyable sur le coût du pouvoir.
13. La Règle du jeu, Jean Renoir (1939)
L’aviateur André Jurieux (Roland Toutain) vient de traverser l’Atlantique en solitaire pour les beaux yeux de Christine (Nora Gregor). Déçu de ne pas voir la jeune femme à son arrivée au Bourget, il accepte l’invitation de son ami Octave (Jean Renoir) pour une partie de chasse en Sologne chez le mari de Christine, le marquis de La Chesnaye (Marcel Dalio).
Considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire, ce film a pourtant subi les foudres de la censure à sa sortie. La virtuosité technique de Jean Renoir, notamment son usage révolutionnaire de la profondeur de champ, permet à La Règle du jeu de capturer avec une cruelle justesse l’insouciance d’une bourgeoisie au bord du gouffre, juste avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale.
14. Cléo de 5 à 7, Agnès Varda (1962)
Cléo (Corinne Marchand), une jeune chanteuse, attend les résultats d’un examen médical entre 17h et 19h. Dans une angoisse croissante, elle déambule dans les rues de Paris, passant de l’objet regardé à un sujet qui regarde enfin le monde autour d’elle.
Récit en temps réel, Cléo de 5 à 7 transforme une simple déambulation urbaine en une quête d’identité profonde et féministe. Le film rompt avec les codes de l’époque en passant de la futilité de l’apparence à une conscience aiguë du monde, affirmant ainsi Varda comme la figure de proue d’un cinéma moderne et libre.
15. La Prisonnière du désert, John Ford (1956)
Ethan Edwards (John Wayne), un vétéran de la Guerre de Sécession, se lance dans une quête obsessionnelle de plusieurs années pour retrouver sa nièce Debbie (Natalie Wood), enlevée par les Comanches lors d’un massacre.
La Prisonnière du désert, western crépusculaire, dépasse les codes du genre pour explorer l’obsession et le racisme d’un héros profondément ambigu. La mise en scène grandiose et ses décors de Monument Valley révèlent une étude psychologique sombre qui a radicalement influencé le cinéma moderne.
16. Meshes of the Afternoon, Maya Deren et Alexander Hammid (1943)
Ce court-métrage expérimental explore le subconscient d’une femme à travers une série de rêves circulaires. Des objets symboliques comme une clé, un couteau ou une fleur de coquelicot reviennent sans cesse, tandis que le personnage se dédouble dans un cauchemar domestique teinté de surréalisme.
Meshes of the Afternoon est un pilier du cinéma d’avant-garde. Maya Deren y prouve qu’avec peu de moyens, le cinéma peut explorer les profondeurs de l’esprit humain avec une force visuelle unique.
17. Close-up, Abbas Kiarostami (1989)
Hossein Sabzian, un cinéphile fauché, se fait passer pour le célèbre réalisateur Mohsen Makhmalbaf auprès d’une famille bourgeoise de Téhéran. Lorsqu’il est démasqué et arrêté pour escroquerie, le cinéaste Abbas Kiarostami s’empare de l’histoire filmant le véritable procès et demandant aux protagonistes réels de rejouer leur propre rôle.
Cette enquête vertigineuse sur l’identité et la fascination pour l’art questionne la vérité même des images. En mélangeant reconstitution et réalité brute, Close-up s’impose comme une réflexion philosophique majeure sur le lien entre cinéma et misère sociale.
18. Persona, Ingmar Bergman (1966)
Elisabeth Vogler (Liv Ullmann), une actrice célèbre, s’enferme soudainement dans le mutisme en pleine représentation. Elle est envoyée au bord de la mer avec Alma (Bibi Andersson), une jeune infirmière chargée de s’occuper d’elle. Dans cet isolement, les personnalités des deux femmes commencent à s’entremêler et à se confondre.
En brisant la narration traditionnelle, Persona s’impose comme une expérience visuelle radicale sur les masques que nous portons en société. Une œuvre dépouillée et brutale qui sonde l’inconscient avec une précision chirurgicale.
19. Apocalypse Now, Francis Ford Coppola (1979)
Pendant la guerre du Viêt Nam, le capitaine Willard (Martin Sheen) est chargé d’une mission secrète : remonter un fleuve jusqu’au Cambodge pour assassiner le colonel Kurtz (Marlon Brando), un officier devenu fou qui dirige sa propre armée de partisans dans la jungle.
En dépassant le simple cadre du film de guerre, Apocalypse Now devient une épopée psychédélique sur la folie et la part d’ombre de l’humanité. Un tournage légendaire qui a accouché d’une œuvre totale, dont la démesure visuelle et sonore reste un choc sensoriel inégalé.
20. Les Sept Samouraïs, Akira Kurosawa (1954)
Au XVIe siècle, un village de paysans japonais est régulièrement pillé par des brigands. Pour se défendre, ils décident d’engager sept samouraïs sept aux profils variés, menés par le sage Kambei (Takashi Shimura). Ensemble, ils organisent la défense du village et forment les paysans au combat, en attendant l’assaut final qui changera leur destin à tous.
La mise en scène dynamique des Sept Samouraïs et son montage révolutionnaire apportent une intensité viscérale aux scènes de bataille. Akira Kurosawa nous offre avec ce long-métrage une œuvre humaniste profonde qui dépasse le simple film de sabre pour interroger le sacrifice, le mépris de classe et la fin de l’ère des héros.
La suite du Top 100 (Positions 21 à 100)
- 21. La Passion de Jeanne d’Arc, Carl Theodor Dreyer, 1927
- 22. Printemps tardif, Yasujirō Ozu, 1949
- 23. Playtime, Jacques Tati, 1967
- 24. Do the Right Thing, Spike Lee, 1989
- 25. Au hasard Balthazar, Robert Bresson, 1966
- 26. La Nuit du chasseur, Charles Laughton, 1955
- 27. Shoah, Claude Lanzmann, 1985
- 28. Les Petites Marguerites, Věra Chytilová, 1966
- 29. Taxi Driver, Martin Scorsese, 1976
- 30. Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma, 2019
- 31. Le Miroir, Andreï Tarkovski, 1975
- 32. Psychose, Alfred Hitchcock, 1960
- 33. 8½, Federico Fellini, 1963
- 34. L’Atalante, Jean Vigo, 1934
- 35. La Complainte du sentier, Satyajit Ray, 1955
- 36. Les Lumières de la ville, Charlie Chaplin, 1931
- 37. M le maudit, Fritz Lang, 1931
- 38. Certains l’aiment chaud, Billy Wilder, 1959
- 39. À bout de souffle, Jean-Luc Godard, 1960
- 40. Fenêtre sur cour, Alfred Hitchcock, 1954
- 41. Le Voleur de bicyclette, Vittorio De Sica, 1948
- 42. Rashōmon, Akira Kurosawa, 1950
- 43. Killer of Sheep, Charles Burnett, 1977
- 44. Stalker, Andreï Tarkovski, 1979
- 45. La Bataille d’Alger, Gillo Pontecorvo, 1966
- 46. La Mort aux trousses, Alfred Hitchcock, 1959
- 47. Barry Lyndon, Stanley Kubrick, 1975
- 48. Wanda, Barbara Loden, 1970
- 49. La Parole, Carl Theodor Dreyer, 1955
- 50. Les Quatre Cents Coups, François Truffaut, 1959
- 51. La Leçon de piano, Jane Campion, 1993
- 52. Tous les autres s’appellent Ali, Rainer Werner Fassbinder, 1974
- 53. News from Home, Chantal Akerman, 1976
- 54. Blade Runner, Ridley Scott, 1982
- 55. Le Cuirassé Potemkine, Sergei Eisenstein, 1925
- 56. Le Mépris, Jean-Luc Godard, 1963
- 57. Sherlock Jr., Buster Keaton, 1924
- 58. La Garçonnière, Billy Wilder, 1960
- 59. Sans soleil, Chris Marker, 1983
- 60. Moonlight, Barry Jenkins, 2016
- 61. La Dolce Vita, Federico Fellini, 1960
- 62. Daughters of the Dust, Julie Dash, 1991
- 63. Casablanca, Michael Curtiz, 1942
- 64. Les Affranchis, Martin Scorsese, 1990
- 65. Le Troisième Homme, Carol Reed, 1949
- 66. Touki Bouki, Djibril Diop Mambéty, 1973
- 67. Les Glaneurs et la Glaneuse, Agnès Varda, 2000
- 68. La Jetée, Chris Marker, 1962
- 69. Andreï Roublev, Andreï Tarkovski, 1966
- 70. Metropolis, Fritz Lang, 1927
- 71. Les Chaussons rouges, Michael Powell & Emeric Pressburger, 1948
- 72. Mon voisin Totoro, Hayao Miyazaki, 1988
- 73. Voyage en Italie, Roberto Rossellini, 1954
- 74. L’Avventura, Michelangelo Antonioni, 1960
- 75. Mirage de la vie, Douglas Sirk, 1959
- 76. L’Intendant Sansho, Kenji Mizoguchi, 1954
- 77. Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki, 2001
- 78. Sátántangó, Béla Tarr, 1994
- 79. A Brighter Summer Day, Edward Yang, 1991
- 80. Céline et Julie vont en bateau, Jacques Rivette, 1974
- 81. Boulevard du crépuscule, Billy Wilder, 1950
- 82. Les Temps modernes, Charlie Chaplin, 1936
- 83. Une question de vie ou de mort, Michael Powell & Emeric Pressburger, 1946
- 84. Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard, 1988
- 85. Pierrot le Fou, Jean-Luc Godard, 1965
- 86. L’Esprit de la ruche, Víctor Erice, 1973
- 87. Blue Velvet, David Lynch, 1986
- 88. Chungking Express, Wong Kar-wai, 1994
- 89. Shining, Stanley Kubrick, 1980
- 90. Madame de…, Max Ophüls, 1953
- 91. Le Guépard, Luchino Visconti, 1963
- 92. Les Contes de la lune vague après la pluie, Kenji Mizoguchi, 1953
- 93. Yi Yi, Edward Yang, 2000
- 94. Parasite, Bong Joon-ho, 2019
- 95. Get Out, Jordan Peele, 2017
- 96. Tropical Malady, Apichatpong Weerasethakul, 2004
- 97. La Noire de…, Ousmane Sembène, 1966
- 98. The General, Buster Keaton et Clyde Bruckman, 1926
- 99. A Man Escaped, Robert Bresson, 1956
- 100. Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone, 1968