Entretien

Rencontre avec Prinzly : « Je souhaite que ma musique soit un voyage et un film auditif »

22 mars 2023
Par Sarah
Rencontre avec Prinzly : « Je souhaite que ma musique soit un voyage et un film auditif »

Compositeur multi-platine à l’origine des hits de Damso, Hamza ou encore Disiz, Prinzly prend un nouveau tournant dans sa carrière. Il nous dévoile son premier album solo, Passager 8, en tant que rappeur. Avec cet album-concept, l’artiste-interprète belge nous transporte complètement dans son univers. Ce projet authentique et complet confirme son talent brut. Nous avons eu l’occasion de rencontrer Prinzly, le jour de la sortie de Passager 8. Entretien avec un artiste passionné.

Ton premier projet Passager 8 est sorti il y a quelques heures, comment tu te sens ? Est-ce que tu as regardé les premiers retours ?

Je suis dans une bonne énergie et là, je me sens très bien. Pour les retours, je n’ai pas été regarder pour ma santé mentale mais apparemment, ils sont vraiment très bons.

Le titre de ton projet Passager 8 fait référence au film Alien, le huitième passager, on ressent tes nombreuses inspirations liées à ce film, tu savais dès le début que ton album aurait ce titre ?

Au départ, je comptais l’appeler Xénomorphe, toujours inspiré du film Alien mais sur conseil de mon équipe et surtout sur le conseil d’Anissa Jalab (directrice de Wagram Belgique), on a décidé de changer. Elle trouvait que Xénomorphe, ça pouvait être compliqué pour un projet concept, elle m’a donc proposé Passager 8 parce que j’avais un morceau qui portait ce nom dans l’album, ça reprend également le même personnage.

Dans ton projet, on ressent tes diverses influences, ton enfance bercée par la musique, est-ce que tu te rappelles de ton premier souvenir marquant avec la musique ?

Au début, c’était surtout la musique qu’écoutaient mes parents. C’est ce que j’entendais dans les fêtes de famille : la rumba congolaise, du Michael Jackson, du Whitney Houston, différents trucs qui nous berçaient.

Et quelles étaient tes influences en grandissant ?

C’est quand j’ai commencé moi-même à chercher de la musique, c’était du rap évidemment mais surtout du rap américain et puis j’ai découvert le rap français, j’ai donc grandi avec.

Dès l’introduction de l’album, on est préparé à voyager, c’était un but pour toi d’amener les auditeurs au voyage ?

Mon plus grand but pour moi, c’était de faire ressentir à l’auditeur que c’était un voyage donc si c’est ce qu’on ressent, c’est que j’ai déjà réussi.

Prinzly - 1

Mon morceau préféré de ton album, c’est Flou. C’est pour moi le morceau le plus introspectif de ce projet, tu parles de ta fille, de ton passé, c’était important pour toi d’évoquer ces thématiques ?

Je pense que c’est important pour tout le monde mais ce n’est pas ce que j’avais prévu de faire à la base. Dès que Ponko a joué la mélodie de la prod, ce sont ces thématiques qui m’ont inspiré. Je me suis dit que c’était le bon morceau pour raconter quelque chose de vrai et de très réel.

Aucun morceau ne se ressemble dans le projet, c’était primordial d’aller explorer différents univers ?

Quand j’étais petit et que j’écoutais des artistes, c’était très varié. J’aime bien pouvoir voyager dans plusieurs atmosphères et plusieurs émotions quand j’écoute un projet. C’est ce que j’avais envie de partager aussi.

Un titre se démarque vraiment : Radiations. Comment t’es venue l’idée de ce son ?

Je suis quand même un grand fan de musique anglaise et variété française des années 80, par exemple Michel Berger. J’ai été beaucoup influencé en termes d’instrus par Jean-Michel Jarre aussi et c’est un peu dans cet esprit-là que j’ai composé ce morceau. J’ai un peu pensé à Sting aussi.

Tu as entièrement composé tout seul ce disque, même si tu as été accompagné sur certains sons par d’autres compositeurs, tu souhaites poursuivre dans cette lignée pour tes projets suivants ?

Oui j’aimerais rester dans cette lignée, c’est un peu ma manière de fonctionner, c’est comme le volet d’une trilogie que j’aurais envie de faire.

Une trilogie toujours inspirée de films ?

C’est une émotion que j’aimerais toujours faire ressentir aux gens, je souhaite que ma musique soit un voyage et un film auditif.

Prinzly

                                                                              ©Jonagraphe

Comme Kanye West, tu es passé de producteur à artiste-interprète talentueux. Être considéré aujourd’hui comme le Kanye West belge, qu’est-ce que ça symbolise pour toi ?

Si je suis le Kanye West belge, lui c’est le Prinzly américain (rires). C’est mon artiste préféré, ça me fait plaisir qu’on me compare à lui, c’est le modèle que j’ai suivi depuis le début. Il m’a quand même un peu montré la marche à suivre, j’ai pu apprendre de ce que lui a fait avant.

Dans cet album, tu nous proposes un casting 5 étoiles avec des collaborations qui semblent évidentes comme Hamza et Disiz, et d’autres plus inattendues comme Laylow et Tiakola, comment s’est fait ce choix ?

Ce sont des gars avec qui j’ai déjà bossé, on s’entend bien humainement et quand ils ont appris que je faisais un projet en solo, ils se sont proposés eux-mêmes. Évidemment, je n’allais pas refuser. Comme tu l’as dit, c’est des feats 5 étoiles et puis ce qui est cool aussi, c’est que j’ai pu les ramener dans mon univers, et même leurs auditeurs vont les redécouvrir.

On retrouve deux morceaux avec Hamza, c’était une volonté dès le départ ?

Avec Hamza, ça s’est vraiment fait au feeling. On s’est retrouvé ensemble au studio, on aime bien délirer ensemble, c’est un peu comme quand on retrouve des potes pour jouer à la PlayStation et donc on a fait le premier morceau, puis on a un fait un autre morceau et j’aimais trop les deux, donc j’ai gardé les deux.

Pour le featuring avec Laylow, tu lui laisses quasiment tout le morceau, c’était une volonté de ta part également ?

Ça s’est fait en deux temps. La première chose, c’est que Laylow sortait d’un run où il avait fait beaucoup de feats et des morceaux où il posait des couplets et des refrains, des trucs un peu plus classiques. Sur l’album Donda de Kanye West, il y a l’interlude de Don Toliver qui s’appelle Moon, un de mes morceaux préférés de l’album. Je voulais avoir une interlude où je laisse un autre artiste s’exprimer et pour moi, c’était Laylow.

Compact, c’est le morceau en featuring avec Tiakola. Comme tu le dis si bien, tu as voulu faire quelque que chose que Tiakola kiffe mais que les gens ne soupçonnent pas être son truc, tu peux nous parler un peu plus de cette connexion ? 

Tiako, pour son âge, c’est quelqu’un qui a une grande culture musicale et qui est beaucoup plus large que ce qu’on pourrait penser. C’est pour moi, un artiste qui peut aller sur n’importe quel style de musique, il faut juste lui donner l’opportunité. Moi, j’avais une vision de ce que je voulais faire avec lui, il a complètement assuré sa partie, j’aime beaucoup le résultat.

Il y a un absent dans tes featurings, c’est Damso. Tu savais dès le départ qu’il ne ferait pas partie du projet ?

Oui, mon équipe a même insisté pour que je le mette dessus. C’était important pour moi de pas l’avoir, on sortait déjà de QALF, ce qui était déjà très intense et ce serait bien d’avoir quelques cartouches pour la suite.

Tu as une date de concert prévue à Paris en mai, quel est ton rapport avec la scène ?

Je n’ai pas fait beaucoup de scène mais pour le peu que j’ai fait, j’adore. Des dates sont en train de se préparer. J’aimerais bien avoir une scénographie qui représente bien la musique, ce serait vraiment cool.

Pour finir cette interview, est-ce que tu aurais une citation ou une phrase qui t’inspire en tant qu’artiste ?

C’est une phrase que j’ai prise d’une artiste marocaine qui s’appelle Manal que j’aime beaucoup, avec qui je bosse aussi : « Dans la vie, on vit des choses, que ce soit des bonnes choses ou des mauvaises choses, tu ne peux pas savoir si c’est vraiment bon ou mauvais. » Une mauvaise expérience peut te mener sur quelque chose de très beau, une bonne expérience peut t’emmener sur quelque chose de moins bon au final. Ça m’aide à relativiser chaque moment aussi, il faut juste profiter de l’instant présent.

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Article rédigé par
Sarah
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Rédactrice Fnac.com
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