Entretien

Emma Peters : la création en « multicolore »

17 juin 2024
Par Manue
Emma Peters : la création en "multicolore"
©Nicolas Despis

Elle vient de sortir son deuxième album, « Tout de suite ». C’est lors de son passage à la Fnac Saint-Lazare, le 7 juin 2024, pour un mini-concert, qu’Emma Peters nous a accordé un peu de son temps pour parler de son nouvel opus et de bien d’autres choses. Rencontre avec une artiste généreuse et bienveillante.

Votre deuxième album, Tout de suite, est sorti aujourd’hui. Comment vous sentez-vous ?

J’ai très peu dormi. On a fait la fête hier soir pour célébrer ça. Je suis surexcitée, j’ai l’impression d’être dans un monde parallèle. Il y a beaucoup d’émotions. Je suis très fière de cet album et du travail fait avec mes équipes. Cela fait un an et demi que j’attends que les gens écoutent ces chansons. Ça y est, cela ne m’appartient plus.

Avez-vous eu peur de la page blanche ?

Oui. J’ai une écriture très spontanée. Je peux n’avoir aucune inspiration pendant trois mois ; cela peut devenir angoissant parce qu’il y a des gens qui attendent et que je ne sais pas quand elle va revenir. Je me pose des questions : c’est terminé ? J’ai eu la chance du débutant et ça ne reviendra jamais ? J’apprends à me faire confiance. J’essaye de ne pas me forcer.

Comment s’est passée la création de ce deuxième album ?

Plutôt bien. J’appréhendais beaucoup le deuxième album. J’avais été très occupée avec ma première tournée. Quand tout s’est arrêté, cela a créé un vide. Je me suis demandé ce que je pourrais encore raconter. J’avais peur de me répéter, de faire une redite du premier album. On m’avait tellement dit : « tu verras, le deuxième, c’est plus dur, c’est compliqué. » J’étais un peu stressée et finalement, une chanson est venue assez rapidement, puis deux, puis trois… Je suis très vite repartie en studio. Je l’ai écrit de la même manière que le premier, c’est-à-dire de manière très spontanée, dans ma chambre. J’ai raconté tout ce qui s’est accumulé depuis deux ans et qui a changé pas mal de choses.

Un album, une grande tournée, une nomination aux Victoires de la musique… C’est un vrai tourbillon ?

Tout cela a fait beaucoup. Moi, j’ai grandi à la campagne dans la ferme de mes parents. Je n’ai aucune idée de ce milieu-là. J’ai beaucoup appris et je continue toujours d’apprendre encore aujourd’hui.

Votre famille compte beaucoup ?

C’est vrai que, dans ce tourbillon, il y a un socle familial hyper présent qui me soutient. Mes parents aiment ce que je fais. Ils prennent soin de moi. Ils sont les pires juges. Ils ne sont pas là pour me brosser dans le sens du poil. C’est très important de les avoir près de moi. Cela me maintient un peu sur Terre. 

Quelles couleurs musicales vouliez-vous donner à cet album ?

C’est difficile de répondre à cette question parce que j’ai plein d’influences très différentes. J’ai grandi dans la variété française. Je suis fan de Véronique Sanson et j’aime le rap français. En même temps, j’ai fait de la guitare classique espagnole, de la bossa nova, pendant 10 ans. Il y a beaucoup de choses que j’aime et comme je n’aime pas faire des choix, il y a des couleurs très différentes sur cet album. Il y a des chansons très variété française. Il y a un piano-voix. Il y a des sonorités urbaines. J’ai travaillé avec un producteur qui s’appelle Boumidjal X, compositeur de l’année aux Flammes et qui travaille avec les plus grands rappeurs français.  

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Quelles histoires aviez-vous envie de raconter ? 

Il y a des histoires d’amour parce j’adore ça et que cela m’inspire beaucoup – sans grande originalité – mais il y a aussi une chanson qui parle de la santé mentale (Juliette), le morceau Multicolore qui parle du fait que l’on a le droit d’aimer qui on veut, de la bienveillance, de la tolérance. C’est assez autocentré comme mon rapport à la scène, aux réseaux sociaux mais j’ai abordé des thèmes qui me tenaient à cœur mais pour lesquels je n’avais pas encore trouvé les mots jusqu’à présent.  

 

Pouvez-vous nous parler de cette chanson qui s’appelle Carino ?

C’est assez incroyable car, avec November Ultra, on se suivait sur les réseaux sociaux. On s’appréciait sans s’être jamais rencontrées. Cette chanson a été sans doute écrite avant les Victoires de la musique. Parfois sont organisés des séminaires où l’on met des artistes dans un même studio pour écrire des chansons. Moi, j’ai horreur de ça. C’est mon côté acariâtre. Bref, je ne voulais pas y aller. Je savais que November Ultra était invitée elle aussi. J’ai dit que je voulais bien y aller à condition que November et moi soyons dans le même groupe. Je me suis dont retrouvée avec November et Noor. On a parlé de tout sauf de musique pendant des heures et des heures. Et puis on a commencé cette chanson, November en espagnol, Noor en anglais et moi en français. On est reparties chacune de notre côté. Quand j’ai travaillé sur l’album, je les ai rappelées. Elles ont dit oui tout de suite. Et puis, avec ce qui c’était passé aux Victoires de la musique, je trouvais que c’était un beau clin d’oeil. On était dans la même catégorie mais pas en concurrence. On en a fait une amitié.

Quels sont vos coups de coeur musicaux actuels ?

Je suis très fan de Billie Eilish et j’ai du mal à passer à autre chose que son nouvel album (HIT ME HARD AND SOFT).  Je le trouve magnifique en tous points, hyper bien réalisé, magnifiquement produit. Je pense que Billie Eilish et Finneas, son frère, sont des génies. Donc j’ai du mal à écouter autre chose. Je vais quand même me plonger dans le dernier album de Jul qui vient de sortir (Mise à jour) mais je n’ai pas eu le temps encore.

Un mot à dire aux lecteurs et lectrices de L’Eclaireur ?

D’abord, je les remercie d’avoir pris le temps de lire en espérant que cela les a intéressés. Je leur souhaite d’écouter l’album avec sérénité. J’espère que c’est un album qui amènera à faire réfléchir mais qui fera aussi du bien et pourra être réconfortant parfois. J’ai hâte que l’on se voie sur scène.

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Manue
Manue
Disquaire à la Fnac Saint-Lazare
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