Décryptage

Sissi : sa vie est une véritable série !

16 janvier 2024
Par Lucie
Sissi : sa vie est une véritable série !
©René Arnold

Après la trilogie ciné des années 1950 qui a révélé Romy Schneider dans le monde entier, l’impératrice Sissi est à nouveau sous le feu des projecteurs avec des séries qui cartonnent. Retour sur un phénomène indémodable et un conte de fées aussi beau que tragique.

Sissi, héroïne romantique de cinéma

SissiLe 10 septembre 1898, était assassinée l’impératrice d’Autriche Élisabeth de Wittelsbach, dite Sissi. Mariée à 16 ans à l’empereur François-Joseph Ier, éprise de liberté et du refus de l’étiquette, Sissi passait le plus clair de son temps à voyager pour fuir la cour et sa belle-mère l’archiduchesse Sophie de Bavière. Reconnue pour sa légendaire beauté et sa longue chevelure, elle est très vite devenue une icône glamour et romantique, popularisée par divers ouvrages et par une quadrilogie cinématographique entre 1954 et 1957.

Sissi l'impératriceEn effet, Sissi, les jeunes années d’une reine, Sissi, Sissi impératrice et Sissi face à son destin sont des superproductions européennes mettant en avant l’histoire d’amour (idyllique ou presque, et donc loin de la réalité) entre Sissi et son cher empereur Franz. Romy Schneider y rayonne de jeunesse et de candeur et trouve-là un rôle dont on lui parlera durant toute sa carrière. Il faut dire que les quatre films ont engrangé des millions d’entrées et ont été multi-diffusés à la télévision, au point de devenir des classiques de Noël. Ce n’est pourtant pas la seule adaptation ciné de la vie de la jeune impératrice (il y en a eu d’autres avant et d’autres après), mais c’est celle qui a perduré à travers les décennies. Sans doute parce que le destin tragique de son interprète a épousé celui de son personnage.

Sissi, une série sulfureuse et épique

Jusqu’à 2021. Une production germano-autrichienne lance la mini-série Sissi en six épisodes de 45 minutes, diffusée chez nous sur TF1 avec un large succès. Diamétralement opposée aux films avec Romy Schneider, elle permet une relecture du mythe Sissi bien plus réaliste et… sexualisée. L’impératrice est toujours avide de liberté, mais elle est aussi sensuellement insatiable. Le premier épisode commence d’ailleurs avec la jeune femme en train de se caresser dans son lit en pensant à celui qu’elle aime. Elle va ensuite prendre conseils auprès de prostituées pour satisfaire son futur époux. Et la série est portée par une succession de scènes érotiques qui ont désarçonné les fans des films des années 1950.

Surtout, ce Sissi nouvelle génération tend à montrer la réalité de son époque, au plus proche de faits historiques avérés. Guerre, pendaisons, violences, premier enfant mort-né, jalousie de sa sœur, infidélités et froideur de Franz, rien ne sera épargné à l’impératrice. De l’image de la femme romantique, timide et touchante, il n’en reste presque plus rien. Sissi est ici maîtresse de sa destinée et de ses amours, une héroïne moderne et féministe, en avance sur son temps, ancrée finalement à ce qu’on attend d’une telle femme dans les années 2020. Elle est campée par l’actrice suisso-américaine Dominique Devenport qui n’avait sciemment pas vu les films avec Romy Schneider pour ne pas être influencée et pouvoir proposer sa propre vision de Sissi. Elle n’a pas laissé le public indifférent. Le propre des grands destins, qui peuvent sans cesse se réinventer. Et face à ce succès, la production a annoncé une quatrième saison à venir !

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L’Impératrice, une vision modernisée de la personnalité hors du commun de Sissi

l'impératriceDe retour sous un nouveau jour, Sissi est également mise en lumière dans une nouvelle série Netflix, avec une première saison en 2022 et une deuxième saison encore à découvrir. L’Impératrice, réalisée par Katharina Eyssen, présente Sissi incarnée par Devrim Lingnau et ses débuts à la cour. L’actrice joue à merveille un personnage touchant, au cœur authentique et empathique, révélant une personnalité aussi originale qu’excentrique, explosant de bonté. Sissi parait très pure, puisque très jeune au début de la série où ses gestes, ses réactions, sont très infantiles tout en paraissant arrachées de tout vice et toujours motivées par de bonnes intentions, à la limite de la naïveté… On s’éprend d’attachement pour cette fille vivant pour la liberté et l’amour simple et vrai, dans un environnement très codé et intéressé. Le contraste entre la personnalité originale et rebelle, emblématique de l’impératrice, et l’univers royal dans lequel elle est enfermée est explicité par l’angle choisi par Katharina Eyssen pour représenter Sissi. Devrim Lignau est comme une enfant aux grands yeux bleus qui n’écoute que son cœur affamé d’authenticité.

On la trouve malgré tout, courageuse et moderne : elle ose être honnête, pratique ses passions bien qu’elles soient réservées aux hommes et se moque de certaines traditions qu’elle juge absurdes. Souvent dépassée et étouffée par les malices de l’environnement social au château, sa situation est présentée de manière moins romantique et sans doute plus réaliste.

La rigueur de son entourage, la manipulation et les abus lui présentent rapidement et violement la réalité crue de la vie au Royaume, mais elle trouve réconfort dans sa relation douce et délicate avec Franz, épris d’elle « comme un moineau aime l’aube » comme le dirait l’Archiduchesse Sophie. 

Article rédigé par
Lucie
Lucie
rédactrice cinéma sur Fnac.com
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