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Les Déracinés, de Catherine Bardon : tourments de l’exil

13 août 2018
Par Le Cercle Littéraire
Les Déracinés, de Catherine Bardon : tourments de l’exil

LE CERCLE LITTÉRAIRE – Le coup de cœur de Martine L. (Lyon). Wilhelm Rosenheck fait ses études à l’Université de Vienne. Sa famille y réside. Il souhaite devenir journaliste. Il travaille pour le Neue Freie Presse, le principal quotidien en Autriche. D’immenses plumes collaborent à ce journal, dont Stefan Zweig, chargé de la rubrique « nouvelles théâtrales et artistiques ».

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Les Déracinés

Le coup de cœur de Martine L. (Lyon)

Wilhelm Rosenheck fait ses études à l’Université de Vienne. Sa famille y réside. Il souhaite devenir journaliste. Il travaille pour le Neue Freie Presse, le principal quotidien en Autriche. D’immenses plumes collaborent à ce journal, dont Stefan Zweig, chargé de la rubrique « nouvelles théâtrales et artistiques ».  

Un rêve s’effrite

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La vie artistique à Vienne est intense. La famille Rosenheck est juive mais vit la tradition de manière laïque. Leur statut social leur permet de bien vivre et les juifs sont très bien intégrés dans l’économie et la culture de Vienne.

Lors d’un vernissage, Wilhelm rencontre Almah Kahn. Elle est juive et issue d’un milieu aristocratique. Elle a fait des études pour devenir dentiste et travaille dans un cabinet. Une passion torride nait entre eux et se solde par un mariage et la naissance de leur fils Frédérick.

Mais la vie aisée et facile de Vienne semble s’obscurcir. La montée du fascisme est évidente et Hitler envahit l’Autriche. Tous les juifs sont stigmatisés et perdent leur travail. Almah et Wilhelm vivent dans la crainte de la dénonciation. Après avoir mis longtemps à admettre la situation, il faut partir et s’exiler. Ils rêvent de rejoindre Myriam, la sœur de Wilhelm, et son mari aux États-Unis, mais les quotas de juifs que l’on accepte aux USA sont atteints. Après de nombreuses démarches infructueuses pour quitter l’Autriche, ils partent enfin pour la Suisse et les camps de réfugiés. Puis le dictateur de la République Dominicaine accepte de les accueillir. Il souhaite construire et moderniser son pays. Après de nombreux périples, le froid, la chaleur, le train le bateau, ils arrivent en République Dominicaine. La déception puis l’euphorie les envahissent.

Partir

Catherine Bardon  relate une partie méconnue de l’histoire : l’exil et le sort de ces déracinés. Il faut faire abstraction de son passé et de ses origines.

Elle nous décrit les difficultés de tout quitter y compris sa famille, perdre son statut social et se soumettre au mépris et à l’anéantissement de la personnalité et de l’être humain. De nombreuses réflexions et questions jaillissent.

Wilhelm et Almah ont-ils fait le bon choix ? Almah, qui reste si stoïque et maîtresse de ses émotions, retrouvera-t-elle la joie de vivre ?  Wilhelm survivra-t-il à ce qu’il considère pour lui comme un échec ?

Excellent roman sur le sacrifice de son pays, l’abandon de ses rêves et l’adaptation à une nouvelle vie que l’on n’a pas choisie.

Roman instructif et enrichissant, riche d’aventures et de fait réels. Malheureusement encore un passage difficile de l’histoire de la guerre.

À lire absolument.

Parution le 3 mai 2018 – 624 pages

Les Déracinés, Catherine Bardon (Les Escales) sur Fnac.com

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