LE CERCLE LITTÉRAIRE – Le coup de cœur de Nadine D. : « Superbe fresque médiévale qui reste cependant d’une totale actualité tant elle rapporte des comportements humains malheureusement toujours aussi présents. Nous sommes à Tolède à la fin du XIVe siècle et au début du XV, mais aussi à Montpellier, à Bologne ou à Kiev et il ne fait pas bon vivre pour les Juifs de ce temps-là. »
Le Médecin de Tolède
Le coup de cœur de Nadine D. (Marseille)
Superbe fresque médiévale qui reste cependant d’une totale actualité tant elle rapporte des comportements humains malheureusement toujours aussi présents. Nous sommes à Tolède à la fin du XIVe siècle et au début du XV, mais aussi à Montpellier, à Bologne ou à Kiev et il ne fait pas bon vivre pour les Juifs de ce temps-là.
Attirance et répulsion
Avram Halevi est un brillant médecin et chirurgien que s’arrachent même les Chrétiens de Tolède chez lesquels il n’est pourtant pas autorisé à se rendre. Né d’un viol de sa mère alors qu’on assassinait son père et sa sœur, il est un marrane car de sang mêlé et à ce titre il vit dans le quartier réservé aux Juifs et connaîtra ainsi toutes les difficultés et les violences que subit ce peuple. Le fanatisme religieux, la haine de la différence, la force d’Avram pour y faire face font l’admiration de tous et des femmes en particulier dont il sera éperdument aimé.
De l’amour malgré tout
Ce n’est pas un roman de révolte, c’est un roman où la violence est présente mais c’est avant tout un roman d’amour : amour pour son vieux maître musulman, amour pour sa mère, pour les femmes de sa vie, pour son fils, pour tous ceux qu’il cherche à soulager par ses soins, amour pour la vie même.
Pas un moment d’ennui pendant cette lecture, les péripéties sont si nombreuses, les lieux si divers, les situations s’enchaînent à un rythme tel que l’on suit les aventures du héros avec avidité et plaisir pour refermer le livre avec le sentiment d’avoir un peu vécu dans ce Moyen-Âge à la fois si lointain et si proche par le fanatisme aujourd’hui toujours aussi présent.
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Paru le 19 janvier 2002 – 470 pages
Traduit de l’anglais (États Unis) par Elisabeth Gille