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L’écrivaine française Linda Lê est décédée à l’âge de 58 ans

10 mai 2022
Par Apolline Coëffet
L’écrivaine française Linda Lê est décédée à l’âge de 58 ans
©Beowulf Sheehan / Stock

La critique et écrivaine de talent s’est éteinte ce lundi 9 mai des suites d’une longue maladie. Elle laisse derrière elle un grand œuvre conséquent, habité par l’expérience de l’exil.

Celle qui tâchait d’apprivoiser les ombres dans ses innombrables romans n’est plus. Une longue maladie a fini par l’emporter ce lundi 9 mai, a annoncé Stock, son éditeur, à l’Agence France-Presse. Linda Lê n’avait que 58 ans. Et une carrière remarquable – récompensée à de multiples reprises –, empreinte de son expérience de l’exil. Dans son ultime ouvrage, De personne je ne fus le contemporain, publié en février dernier, elle y racontait un récit occulté. Un de ceux qui célèbrent les êtres que l’histoire a laissés sombrer dans l’oubli. 

Une carrière florissante

Écrivaine mais également critique littéraire, Linda Lê est née à Dalat, au cœur du Vietnam, en 1963. À l’âge de 14 ans, alors que la guerre fait rage, elle quitte le pays aux côtés de sa mère et de ses sœurs pour la France. Un pays qu’elle connaît déjà au travers des œuvres de Balzac et de Victor Hugo, qu’elle dévore au lycée français de Saïgon. Élève brillante, c’est tout naturellement qu’elle rejoint le lycée Henri IV, puis la Sorbonne où elle s’épanouit grandement. C’est là-bas qu’elle rédige, à 23 ans, les pages de son premier romain, Un si tendre vampire (1986). 

S’ensuit alors une carrière florissante, saluée notamment des prix Wepler et Renaudot, en 2010 et 2011, pour Cronos et À l’enfant que je n’aurai pas. En 2019, elle reçoit également le Prix Prince de Monaco qui récompense l’ensemble de son œuvre. Romans, nouvelles, essais… Malgré une présence discrète dans le paysage littéraire, Linda Lê est une auteure prolifique. Elle a rédigé pas moins de vingt ouvrages, édités pour la plupart chez Christian Bourgeois. 

Des textes qui marqueront les auteurs en devenir

Dans une écriture intimiste, elle entremêlait les voix de celles et ceux qui, comme elle, ont dû fuir leur terre natale. Elle évoquait toujours avec justesse la place des femmes, des relations mère-fille et de la perte dans ces expériences violentes, des thématiques souvent absentes des autres récits. Ses mots se présentaient ainsi comme une manière sensible de panser les blessures, ravivées par l’impossible transmission entre les générations et un sentiment d’arrachement douloureux.

« Sa discrétion, sa précision d’écrivain, et le goût fortement original du dernier sujet la rendaient différente de tout ce qu’on pouvait attendre. Son écriture était aussi le résultat de tant de lectures sédimentées, ses livres comme autant de marques de ce que la littérature avait déposé en elle », déclare Manuel Carcassonne, directeur des éditions Stock, dans un communiqué. Si Linda Lê se nourrissait des textes de ses prédécesseurs, il est certain que les siens marqueront à leur tour ceux des auteurs contemporains.

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Article rédigé par
Apolline Coëffet
Apolline Coëffet
Journaliste
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