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Deux tableaux de la collection Morozov vont rester en France

11 avril 2022
Par Félix Tardieu
La Fondation Louis Vuitton, où fut exposée la collection Morozov de septembre 2021 à avril 2022
La Fondation Louis Vuitton, où fut exposée la collection Morozov de septembre 2021 à avril 2022 ©Victor Kiev / shutterstock.com

Alors que le retour de la plupart des oeuvres de la collection Morozov vers la Russie devrait prochainement avoir lieu, deux tableaux resteront finalement en France, l’un appartenant à un oligarque russe et l’autre à un musée ukrainien.

Après plusieurs jours d’interrogation, le doute semble levé sur le sort de la collection Morozov : au terme de l’exposition de la Fondation Louis Vuitton, qui s’est refermée le 3 avril dernier après avoir attiré plus d’un million de visiteurs, les quelque 200 oeuvres de la collection abritant les plus grands noms de l’art moderne vont regagner les différents musées prêteurs russes, comme la loi le prévoit. 

En revanche, le ministère de la Culture a fait savoir à l’AFP le 9 avril dernier que deux tableaux de la collection Morozov resteraient bel et bien en France, à commencer par l’autoportrait du peintre Piotr Kontchalovski (1876-1956), considéré comme le « Cézanne russe », réalisé en 1912. Celui-ci appartient à l’oligarque russe Petr Aven, actuellement visé « par une mesure de gel d’avoirs ». Cet oligarque proche de Vladimir Poutine dirigeait la plus importante banque commerciale de Russie (Alfa Bank) avant le déclenchement du conflit en Ukraine. 

Valentin Serov, Portrait de Margarita Morozova, 1910 / Musée des Beaux-Arts de Dnipropetrovsk (Ukraine) ©Domaine public

Le second tableau retenu par les autorités françaises est un portrait de Margarita Morozova (ci-dessus), épouse de l’un des deux frères Morozov et réalisé par le peintre Valentin Serov (1865-1911). Ce dernier, qui appartient au musée des Beaux-Arts de Dnipropetrovsk (Ukraine), restera en France pour des raisons évidentes de sécurité et ce « à la demande des autorités ukrainiennes », rapporte l’AFP. En revanche, le doute subsiste quant à une troisième toile également signée par Serov, qui fut l’un des plus éminents portraitistes de la famille Morozov : il s’agit cette fois-ci d’un portrait de Timofeï Savvitch Morozov, le grand-oncle des deux collectionneurs russes. Le portrait est issu de la collection privé du Musée d’art d’avant-garde de Moscou (MAGMA), créé par un certain Viatcheslav Moshe Kantor, lui aussi visé par le gel de ses avoirs. Le tableau restera en France en attendant la décision du gouvernement. 

Le reste des oeuvres, appartenant exclusivement à l’État russe, rejoindront prochainement la Russie après que la France a obtenu de la Commission européenne une dérogation autorisant « le transfert ou l’exportation vers la Russie de biens culturels qui sont prêtés dans le cadre d’une coopération culturelle officielle avec la Russie ». Le convoi d’oeuvres récemment arrêté en Finlande, dont la valeur était estimée à 42 millions d’euros, a également pu regagner la Russie ces jours-ci. 

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Article rédigé par
Félix Tardieu
Félix Tardieu
Journaliste