Dans ce nouveau documentaire, Netflix revient sur l’un des épisodes les plus sensibles de la trajectoire de Michael Jackson : son procès de 2005. Plus qu’une contre-enquête, il propose une plongée dans la fabrique judiciaire d’une affaire qui continue, 20 ans plus tard, de diviser l’opinion.
Introduction
Le mythe Michael Jackson n’en finit pas de produire ses contre-récits. Quelques semaines après Michael, le biopic d’Antoine Fuqua consacré à l’ascension du chanteur et très critiqué pour avoir laissé hors champ ses affaires judiciaires, Netflix prend le chemin inverse. Avec Le verdict, disponible le 3 juin, la plateforme consacre trois épisodes au procès de 2005, celui qui avait vu la star être acquittée de tous les chefs d’accusation.
De quoi parle le documentaire ?
La série revient sur l’affaire Gavin Arvizo, du nom de l’adolescent qui accusait le chanteur d’abus sexuels, d’administration d’alcool à un mineur et de séquestration. Arrêté en 2003, jugé en 2005 à Santa Maria, en Californie, l’artiste avait été déclaré non coupable. Le documentaire cherche à comprendre comment s’est construit ce verdict.
Les audiences n’ayant pas été filmées, Netflix tente de combler cette absence par les récits de ceux qui étaient présents dans la salle : jurés, avocats, journalistes judiciaires, témoins, membres de l’accusation ou de la défense. Le procès a été abondamment commenté, mais rarement raconté dans son ensemble.
Le documentaire permet donc de replacer les accusations, les failles des témoignages, la stratégie de la défense et le poids de la célébrité. En revenant aux audiences, la série rappelle aussi que l’affaire Jackson n’a jamais été une simple opposition entre fans et accusateurs : elle mêle soupçons d’abus sexuels, fascination pour Neverland, puissance financière, emballement médiatique et difficulté à juger une icône mondiale.
Quelles affaires sont rappelées ?
Dès 1993, Michael Jackson avait été accusé d’abus sexuels par Jordan Chandler, alors âgé de 13 ans. L’affaire s’était conclue par un accord financier, sans reconnaissance de culpabilité et aucune condamnation pénale. Dix ans plus tard, le documentaire Living with Michael Jackson, présenté par le journaliste Martin Bashir, relançait les interrogations autour de Neverland et du rapport de la star aux enfants.
Après sa mort, en 2009, ces accusations ont continué d’alimenter le débat. Leaving Neverland, diffusé en 2019 et réalisé par Dan Reed, donnait la parole à Wade Robson et James Safechuck, qui affirmaient avoir été abusés lorsqu’ils étaient mineurs. La succession Jackson a toujours contesté ces récits.
Là où le biopic célébrait l’artiste, le nouveau documentaire Netflix revient plutôt à la face cachée du chanteur, l’homme poursuivi en justice. Le résultat paraît moins pensé pour livrer une vérité définitive que pour faire entendre les contradictions d’un dossier dont la mémoire collective a souvent retenu des images, des slogans ou des camps irréconciliables.