Pierre Thevenoux présente son spectacle Life Coach dans lequel il mêle improvisation et obsessions contemporaines façon développement personnel. À cette occasion, L’Éclaireur a rencontré l’humoriste pour comprendre son univers et évoquer son succès.
Qu’est-ce qui vous plaît tant dans le stand-up et dans l’art vivant ?
Ce que j’aime le plus, c’est l’idée d’essayer en permanence. C’est un peu comme dans un escape game : il faut trouver le mécanisme qui va déclencher le rire, si possible de manière originale. J’ai l’impression de tenter de craquer un code chaque fois, et c’est ce qui m’amuse le plus. J’arrive avec de nouvelles blagues, je les teste pour voir si elles fonctionnent. Ensuite, lors du spectacle, vous récoltez ce que vous avez semé : vous avez travaillé en comedy club, tout testé, et le spectacle peut enfin se dérouler.
Comment arrivez-vous à distinguer ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas ?
Il faut tester. La réaction du public est immédiate. Mais il faut aussi penser à faire des choses pour soi. Parfois, certaines blagues fonctionnent bien mieux que ce que j’imaginais. À l’inverse, il m’arrive d’être persuadé qu’un sujet va marcher et de me tromper. Dans ces cas-là, je continue parfois à le jouer, même s’il faut aussi savoir abandonner certaines idées. Il faut accepter de tester et de se confronter à l’échec.
Comment vivez-vous ces phases d’expérimentation, entre succès et “bides” ?
Au début, quand vous jouez votre place dans un comedy club et que vous vous retrouvez face à un silence, notamment devant un programmateur, c’est difficile. Vous savez que vous risquez de ne pas être repris. Aujourd’hui, je relativise davantage : je sais que je ne joue pas ma vie à chaque passage. Faire des bides fait partie du métier. Avec l’expérience et mon spectacle, je suis beaucoup plus à l’aise avec ça.
Qu’est-ce qui a changé entre vos passages en comedy club et le fait d’avoir aujourd’hui un spectacle complet ?
On dit souvent qu’on ne se soucie pas du regard des autres, mais la validation reste importante. Aujourd’hui, les gens prennent le temps d’acheter une place, de se déplacer, et ils rient beaucoup pendant le spectacle. Cela donne confiance. Le simple fait de voir la salle se remplir est déjà très rassurant et permet de se détendre davantage sur scène.

Cette confiance explique-t-elle le titre de votre spectacle, Life Coach ?
Pas du tout ! [Rires] Je ne savais pas vraiment comment appeler ce spectacle. J’aborde différents sujets, notamment ceux qu’on retrouve chez les “life coachs”, comme la santé mentale. Mais je ne cherche pas à faire la morale ni à apprendre la vie aux gens. Je traite simplement ces thèmes à ma manière, avec des angles qui, je l’espère, sont intéressants. L’objectif reste avant tout de faire rire, et j’ai l’impression que cela fonctionne bien.
Notamment dans les passages sur la mort…
Oui, ce passage fonctionne très bien. [Rires] Je pars du principe que les sujets qui m’angoissent ou m’obsèdent peuvent faire du bien s’ils sont traités avec humour. Si ça me fait du bien d’en rire, alors cela peut aussi aider d’autres personnes. Après tout, la mort concerne tout le monde. [Rires]
À partir de 20€
En stock
Acheter sur Fnac.com
Vous maîtrisez aussi l’improvisation. Comment trouvez-vous cet équilibre entre liberté et écriture ?
J’aime proposer un peu de tout. Au début, je privilégie des sujets légers pour installer une ambiance : les spectateurs ne viennent pas assister à une conférence. Puis, progressivement, je les emmène vers des thèmes plus profonds, comme la santé mentale. Ce sont des sujets profonds, mais ce sont souvent ceux qui provoquent le plus de réactions et de rires.

Ce spectacle est-il particulièrement personnel ?
Oui, dans une certaine mesure. Sur un premier spectacle, on cherche surtout à prouver qu’on est drôle, avec beaucoup de punchlines. Pour celui-ci, je voulais garder cette efficacité tout en proposant un fil conducteur et en me posant davantage de questions. Je parle un peu plus de moi, sans tomber dans quelque chose de purement autobiographique. L’idée est que le public puisse aussi s’y reconnaître.
Votre approche a-t-elle évolué entre votre premier et votre deuxième spectacle ?
Oui. Le premier spectacle sert souvent à gagner la confiance du public. On ne sait pas encore comment il va réagir. On peut y mettre toute son énergie et, malgré tout, ne pas trouver son public. Pour le deuxième, il y a déjà une forme de confiance installée. Cela permet de se détendre et de proposer quelque chose de plus personnel.
Qu’aimeriez-vous que votre public retienne de votre spectacle ?
D’abord, des rires, bien sûr. Mais, s’il doit rester quelque chose, ce serait peut-être l’idée qu’il faut apprendre à se détendre. Nous partageons tous les mêmes peurs et les mêmes angoisses. Si le spectacle peut offrir un moment de bien-être, une parenthèse, c’est déjà beaucoup.
Comment vivez-vous votre succès aujourd’hui ?
Très bien. J’ai la chance d’être un peu connu, sans que cela devienne envahissant. Je peux garder des relations normales avec les gens, et c’est un équilibre qui me convient parfaitement !
Life Coach, de Pierre Thevenoux, au République, à Paris, du 7 mai au 19 décembre 2026, et en tournée dans toute la France du 6 mai 2026 au 3 juin 2027. Et Podkassos – Le plateau d’humour, le 22 juillet et les 9 et 10 décembre 2026.