Avec Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot signe l’un des témoignages les plus marquants de l’année. Le livre, publié le 17 février, s’est imposé en tête des ventes et rencontre un large écho à l’étranger.
C’est une présence dont on retiendra longtemps l’image. Pour cette nouvelle édition du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Gisèle Pelicot a déambulé dans les rues de Paris aux côtés de sa fille et de dizaines de milliers de manifestantes, rassemblées dans la capitale et dans plus de 150 villes françaises pour dénoncer les violences faites aux femmes. « On ne lâchera rien ! », a-t-elle lancé à la foule avant le départ du cortège. Sa fille, Caroline Darian, a salué auprès de l’AFP « un vrai message d’espoir à toutes les victimes.
La septuagénaire est devenue l’un des visages les plus marquants du combat contre les violences sexuelles. Le 17 février dernier, elle publiait son premier livre, Et la joie de vivre, écrit avec la journaliste Judith Perrignon. Paru chez Flammarion, l’ouvrage a rencontré un immense succès auprès du public français et international, et s’est installé en tête des ventes.
Pourquoi le livre rencontre-t-il une telle popularité ?
Dès sa première semaine de commercialisation, il s’est écoulé à plus de 60 000 exemplaires en France. Et l’écho dépasse largement les frontières : traduit dans plus d’une vingtaine de langues, le récit circule aussi dans de nombreux pays et figure dans plusieurs classements internationaux, notamment en Angleterre et en Allemagne.
Dans ce contexte, Gisèle Pelicot s’est exprimée publiquement pour la première fois afin d’accompagner la sortie de l’ouvrage. Pendant plusieurs semaines, elle est apparue dans de nombreux formats – interviews, plateaux télévisés ou rencontres avec la presse – où elle revient sur le procès, mais aussi sur les raisons qui l’ont poussée à écrire.
Que raconte Et la joie de vivre ?
Dans ce livre écrit à la première personne, elle revient sur le très médiatisé procès de l’automne 2024. Il s’agit de l’affaire criminelle des viols de Mazan : pendant près de neuf ans, son mari l’a droguée à son insu afin de permettre à 51 hommes de la violer alors qu’elle était inconsciente.
Mais l’ouvrage ne se limite pas au récit judiciaire. Gisèle Pelicot y retrace aussi un parcours de vie : l’enfance, la famille, les souvenirs qui composent une existence… Elle évoque la sidération qui a suivi la révélation des faits, l’exposition médiatique du procès et les milliers de lettres reçues de femmes qui se sont reconnues dans son histoire, tout en esquissant le chemin de reconstruction entrepris depuis.
Dans les cortèges du 8 mars, sa silhouette avançant parmi les manifestantes a rappelé la portée de ce récit qui a bouleversé le monde entier : celle d’une femme qui a choisi de reprendre la parole, non seulement pour elle-même, mais aussi pour toutes celles qui continuent de lutter pour être entendues.