Raconter son histoire « avec ses propres mots ». Le 17 février, Gisèle Pélicot publie un premier livre dans lequel elle revient sur les violences qu’elle a subies, le procès historique d’Avignon et l’après, lorsque l’exposition médiatique retombe et qu’il faut continuer à vivre.
Annoncé depuis plusieurs mois, le livre de Gisèle Pélicot, Et la joie de vivre, paraîtra le 17 février aux éditions Flammarion. Le livre arrive un an après le procès hors norme qui s’est tenu à Avignon à l’automne 2024, et qui a fait de cette femme de 72 ans l’une des figures les plus emblématiques de la lutte contre les violences sexuelles en France. Tiré à grande échelle et traduit dans plus de 20 langues, le livre bénéficiera d’une sortie internationale simultanée.
Qu’est-ce que ce livre raconte ?
Dans cet ouvrage, Gisèle Pélicot prend la parole pour la première fois à la première personne. Écrit avec la journaliste Judith Perrignon, il s’ouvre sur les premiers jours du procès des viols de Mazan et retrace les mois d’audience. Il raconte l’expérience de l’auteure : ce qu’elle a traversé pendant des années, lorsqu’elle était droguée à son insu par son mari, Dominique Pélicot, qui l’avait livrée, inconsciente, à des hommes recrutés en ligne.
Gisèle Pélicot décrit la sidération, la douleur, la fatigue, mais aussi les étapes de reconstruction : apprendre à habiter de nouveau son corps, affronter son regard dans le miroir et trouver des raisons de continuer à vivre. Elle revient sur l’exposition médiatique du procès, les soutiens et la manière dont cette période a bouleversé sa perception d’elle-même et du monde.
Le récit de Gisèle Pélicot prolonge la décision qu’elle a posée au tribunal : refuser le huis clos et rendre publics des faits de violences sexuelles. Cela a fait de son procès un événement médiatique mondial. Elle a placé la question de la « soumission chimique » au cœur des discussions sur le consentement, la responsabilité collective et le traitement des victimes par la justice.
Qu’a écrit sa fille avant elle ?
Avant la parution du livre de sa mère, c’est Caroline Darian, sa fille, qui avait pris la plume. En 2022, elle publiait Et j’ai cessé de t’appeler papa, un récit autobiographique sur la découverte de l’horreur qui se jouait dans sa famille et sur l’effondrement de celle-ci.
En mars dernier, elle a également publié Pour que l’on se souvienne, dans lequel elle partage son regard sur le procès et poursuit son engagement contre la soumission chimique et pour une meilleure prise en charge des victimes.