Un excellent cru ! L’année 2025 a été particulièrement fertile en sorties d’albums audacieux et inventifs, produits aussi bien par des artistes établis que par des voix émergentes. Voici un tour d’horizon des plus beaux paysages sonores qu’ils nous ont offets.
Alors que Rosalía et FKA twigs ont entrepris des virages radicaux – vers le classique pour l’Espagnole et l’électro pour l’Anglaise –, d’autres artistes, comme Oklou ou Theodora, ont ouvert à la pop française de nouvelles voies, allant jusqu’à se faire entendre à l’international. On rembobine !
| Lux de Rosalía
Début novembre, Rosalía ébranle la pop avec Lux, un album aux forts accents classiques et flamencos. Après Motomami (2022), un concentré de tubes infusés de reggaeton, la star espagnole surprend en opérant un retour assumé à ses racines musicales.
À contre-courant des tendances, elle livre un opus intimiste et audacieux, où la voix et l’émotion prennent le pas sur l’efficacité immédiate. Un véritable chef-d’œuvre, adoubé par Björk et Madonna, entre autres !
| Eusexua et Eusexua Afterglow de FKA Twigs
Particulièrement prolifique, FKA twigs a signé cette année deux albums radicalement électros : le génial Eusexua et sa suite Eusexua Afterglow. Construit à partir des mots euphoria et sexual, ce titre définit, selon l’artiste, un concept de bien-être, d’osmose parfaite entre le corps et l’esprit.
Pour célébrer cet état de transe, la musicienne explore une électro sensuelle et immersive, où la danse devient un langage et le club un espace de libération spirituelle.
| Choke Enough d’Oklou
Saluée par la critique internationale et soutenue par FKA twigs, avec qui elle a enregistré le titre inédit Viscus en octobre dernier, Oklou s’est démarquée avec un premier album résolument singulier : Choke Enough.
La productrice poitevine y revisite l’ambient et la new wave, inventant ainsi un langage musical propre et fascinant.
| MEGA BBL de Theodora
Savoureux cocktail sonore mêlant influences afrocaribéennes, rythmiques bouyon, hip‑hop et musiques électroniques, MEGA BBL a permis à Theodora de se hisser parmi les artistes francophones les plus écoutés au monde.
Inconnue du grand public il y a encore un an et demi, la musicienne s’est imposée grâce à une verve décomplexée et une musicalité énergique et métissée.
| Labyrinthe de Feu! Chatterton
Porté par un lyrisme intact, le groupe Feu! Chatterton présentait son quatrième album, Labyrinthe, dans lequel on se perd volontiers.
Plus électronique que ses prédécesseurs, le disque conserve le charme désuet des opus précédents du groupe, tout en explorant de nouvelles textures sonores, parfois psychédéliques. Entre envolées poétiques et expérimentations musicales, Labyrinthe confirme la singularité et l’audace du quintette parisien.
| Mayhem de Lady Gaga
Après le très décevant Joker : folie à deux sorti en 2024, Lady Gaga est revenue, en mars, dans un état de grâce avec le vivifiant Mayhem, porté par le tube Abracadabra.
Mêlant influences électroniques gothiques et mélodies disco-fun, l’album comporte plusieurs collaborations avec le producteur français Gesaffelstein, qui illustrent à merveille le chaos et la transformation.
| Debí Tirar Más Fotos de Bad Bunny
Début janvier, Bad Bunny inaugurait les festivités avec son sixième album studio entièrement en espagnol : Debí Tirar Más Fotos. Ainsi, il venait réchauffer l’hiver. Benito Antonio, de son vrai nom, rend hommage à son île de Porto Rico sur des rythmes variés, allant du dembow au boléro, en passant par le perreo, créant un cocktail de pop urbaine endiablée !
Entre célébration de ses racines et exploration musicale, l’album confirme sa place de figure incontournable de la scène latino, mais aussi mondiale.
| La Favorite de Yoa
Dans son premier album générationnel, intitulé La Favorite, Yoa explore des thèmes intimes, comme l’amour, l’amitié et la santé mentale, grâce à une écriture franche et incarnée.
Musicalement, l’artiste franco-suisse dynamite les frontières avec poésie, faisant se rejoindre pop, électro, reggaeton, bossa et hyperpop. Bousculant ainsi à merveille les codes, son album fait incontestablement partie de nos favoris.
| Don’t Tap the Glass de Tyler, the Creator
Sans préavis, Tyler, the Creator a surpris tout le monde au cœur de l’été en dévoilant son neuvième album studio, Don’t Tap the Glass, un opus en rupture avec son précédent, Chromakopia (2024). Ce projet court – à peine 28 minutes –, mais punchy, a été pensé pour enflammer le dance floor. Le rappeur y mêle hip‑hop, électro, funk et influences dance. Léger, mais efficace !
| Deadbeat de Tame Impala
Tame Impala, projet du musicien australien Kevin Parker, sortait en octobre Deadbeat, son cinquième album studio, le premier depuis The Slow Rush (2020).
Inspiré par les bush doofs d’Australie-Occidentale (des raves organisées en plein air), le disque mêle avec joie psychédélisme et électronique, tout en se voulant intimiste, à l’image de la pochette : une photo de Parker avec sa fille !