Critique

A Knight of the Seven Kingdoms : on a lu le livre (et c’est très prometteur)

02 janvier 2026
Par Samuel Leveque
“A Knight of the Seven Kingdoms”, le 19 janvier 2026 sur HBO Max.
“A Knight of the Seven Kingdoms”, le 19 janvier 2026 sur HBO Max. ©HBO Max

À quelques jours de la sortie de la série préquelle à Game of Thrones, nous nous sommes replongés dans le recueil Chroniques du chevalier errant. Voici notre avis.

Mieux connu en France sous le nom des Chroniques du chevalier errant, le recueil de nouvelles Tales of Dunk and Egg sera porté en série télévisée par HBO à compter du 19 janvier sous le nom A Knight of the Seven Kingdoms (« Un chevalier des Sept Couronnes »). Une fois de plus, la célèbre chaîne américaine a mis les petits plats dans les grands, avec une production au casting prestigieux pour ce retour dans le passé de Westeros. L’occasion de nous replonger dans ces récits, réédités à l’occasion de cette nouvelle adaptation télévisée.

Quelle est l’intrigue d’A Knight of the Seven Kingdoms ?

Composées entre 1998 et 2010 par George R. R. Martin, les Chroniques du chevalier errant constituent un cycle de trois longues nouvelles mettant en scène le jeune Duncan le Grand (dit Dunk) et son écuyer, un orphelin surnommé l’Œuf. Le premier est un chevalier vagabond promis à un destin épique, tandis que le second, obscur prince de la maison régnante des Targaryen voyageant incognito, est appelé à devenir l’un des souverains les plus appréciés du royaume, une fois adulte. Les nouvelles se déroulent avant leur ascension à la notoriété et se concentrent sur leurs jeunes années.

Peter Claffey dans A Knight of the Seven Kingdoms.©HBO Max

Les trois nouvelles du recueil se déroulent 70 ans après la violente lutte de pouvoir dépeinte dans House of the Dragon, et environ un siècle avant Game of Thrones. Cette période se distingue du reste de l’œuvre de Martin en ce qu’elle s’inscrit dans un contexte de relative stabilité politique et économique.

Les ambitieux Lannister n’ont pas encore pris le pouvoir, les finances des Sept Couronnes ne sont pas encore dans le rouge et aucune invasion extérieure ne menace immédiatement le continent. Seules les épisodiques rébellions Feunoyr semblent pouvoir fissurer la stabilité de l’Empire.

Peter Claffey et Tanzyn Crawford dans A Knight of the Seven Kingdoms.©HBO Max

Il s’agit ainsi de la seule série de cet univers à s’attacher à une séquence relativement apaisée de la chronologie imaginée par l’auteur. Ce choix ouvre la voie à une exploration plus fine des mœurs, du quotidien ordinaire et des mécanismes de l’organisation politique, en dehors des temps de crise. L’ensemble est en outre abordé selon une perspective inhabituelle : celle de deux personnages en apparence ordinaires, évoluant aussi bien parmi le petit peuple que dans l’entourage de la petite chevalerie.

Un road trip teinté d’humour et d’ironie

Les trois nouvelles se concentrent chacune sur un moment précis des premières aventures de Duncan et de son écuyer : leur rencontre lors d’un tournoi mouvementé, leur participation à la résolution d’un conflit entre deux maisons mineures, leur présence à un mariage aux lourdes implications politiques… La condition de chevalier errant du héros et la relation de confiance qu’il noue progressivement avec l’Œuf au fil de leurs aventures renvoient ainsi à la structure des récits classiques du road trip et du buddy movie.

Peter Claffey dans A Knight of the Seven Kingdoms.©HBO Max

Ce qui frappe au détour de ces péripéties, c’est le ton globalement plus léger adopté par Martin. Si les aventures de Dunk ne sont pas exemptes de drame, les Chroniques du chevalier errant se démarquent par leur registre assez humoristique, voire burlesque par moment. Le voyage de ces deux amis, somme toute assez inexpérimentés, laisse place à quelques scènes franchement cyniques et drôles, plutôt inhabituelles sous la plume de l’auteur américain, habitué à davantage de gravité.

Ce recueil aide aussi à comprendre la nostalgie éprouvée par nombre de personnages du Trône de Fer, 100 ans après ces événements, quand ils se remémorent (parfois au prix d’un embellissement de la réalité) les temps supposément plus apaisés vécus par leurs grands-parents et arrière-grands-parents.

Peter Claffey dans A Knight of the Seven Kingdoms.©HBO Max

L’enfance d’Aegon V est ainsi perçue par les générations ultérieures comme l’un des derniers moments de calme avant la lente descente aux enfers qui mènera aux éléments décrits par Martin à partir du premier tome de Game of Thrones.

Une initiation en douceur au trône de fer

Il faut signaler que les Chroniques du chevalier errant ne nécessitent pas de bagage particulier dans l’œuvre de George R. R. Martin. Conçues comme une série à part par ce dernier, ces nouvelles sont au contraire une très bonne manière de tenter une première approche de Westeros. On est loin des dizaines, voire des centaines d’heures de lecture nécessaires pour dévorer les quelque 3 000 pages qui constituent les cinq livres du Trône de Fer.

Daniel Monks dans A Knight of the Seven Kingdoms.©HBO Max

Un peu plus de dix ans après sa première parution en France, le recueil a été réédité de nombreuses fois, avec une traduction affinée et harmonisée avec le reste des récits se déroulant dans cet univers. L’édition J’ai Lu de 2022 bénéficie ainsi de la traduction de Patrick Marcel, considérée comme la plus aboutie et la plus cohérente. Il est donc plus que jamais temps de découvrir ou de redécouvrir Chroniques du chevalier errant pour être au top de la hype avant son adaptation télévisuelle très attendue.

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