
Deux ans après une première saison remarquée, Des gens bien ordinaires revient sur Canal+ ce 4 mars. Une suite toujours aussi mordante, qui prolonge la réflexion sur les rapports de pouvoir et les stéréotypes de genre.
En 2022, Des gens bien ordinaires débarquait sur Canal+ avec une proposition radicale : un monde inversé où les femmes dominent l’industrie pornographique et les hommes en sont les subalternes. Une satire sociale cinglante, imaginée par la réalisatrice Ovidie, qui détournait les codes pour mieux interroger les rapports de pouvoir et les stéréotypes de genre.

Le show avait alors surpris par son audace et sa pertinence, décrochant même un Emmy Award de la meilleure série courte. Deux ans plus tard, elle revient pour une seconde saison diffusée à partir du 4 mars sur Canal+, à quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes.
Une fable dystopique qui renverse les rôles
Des gens bien ordinaires suit le parcours de Romain, un jeune étudiant en sociologie incarné par Jérémy Gillet, qui tente d’échapper à sa condition d’homme dominé en intégrant l’industrie pornographique. Mais dans cet univers où les rôles sont inversés, la voie du succès est semée d’embûches.
Si la première saison voyait son personnage principal faire ses débuts face à la caméra, il aspire désormais à passer derrière, déterminé à produire des films plus égalitaires et artistiques. Pourtant, ses ambitions se heurtent à un système verrouillé, où les femmes ne comptent pas laisser un jeune idéaliste bouleverser l’ordre établi.

Autour de lui, ses alliées restent fidèles. Isaure (Raïka Hazanavicius), éternelle amie et soutien indéfectible, et Andrée (Sophie-Marie Larrouy), star du X qui oscille entre protection bienveillante et désillusion. Mais Romain devra aussi composer avec de nouveaux visages : Sharon (Aloïse Sauvage), cheffe opératrice qui pourrait bien l’aider à concrétiser ses aspirations, et Falco (Andranic Manet), un acteur qui attire l’attention d’Andrée. À ce casting étoffé s’ajoutent Corinne Masiero et Judith Godrèche.
Une suite toujours aussi incisive, mais plus attendue
La première saison avait créé la surprise en abordant avec subtilité les contradictions d’une société dominée par le matriarcat, tout en conservant un ton à la fois caustique et humaniste. Un équilibre que la saison 2 tente de prolonger, avec des enjeux recentrés sur la bataille artistique et idéologique de Romain. Télérama salue une suite « encore plus mordante, avec un humour insolent et salvateur » et « un esprit frondeur qui authentifie l’oppression et offre, dans un même geste, une chance de s’en affranchir ».

En revanche, Le Monde pointe une certaine dilution de la narration. « Moins surprenant que dans la première saison, le dispositif narratif continue de fonctionner, même si cette saison, un peu diluée, a des airs d’entre-deux », peut-on lire dans leurs colonnes.
Néanmoins, le propos reste percutant, concluent les critiques. En assumant une approche presque autobiographique, Ovidie continue d’interroger un système dont elle connaît les rouages. Loin d’un simple exercice de style, Des gens bien ordinaires maintient sa singularité dans un paysage audiovisuel où peu de productions osent une telle radicalité.