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Le viol du silence et Le sang des mots d’Éva Thomas : réédition simultanée

10 octobre 2021
Par Sophie Benard
Éva Thomas à Grenoble, le 2 mars 2021. ©AFP/Jean-Philippe Ksiazek

Le 2 septembre 1986, Éva Thomas marque l’histoire. Invitée de l’émission « Les Dossiers de l’écran », elle est la première victime d’inceste à témoigner à visage découvert.

Le combat d’Éva Thomas pour briser le silence qui entourait l’inceste ne s’est pas limité à sa participation aux « Dossiers de l’écran ». Dès 1985, elle fonde l’association SOS Inceste qui propose une permanence téléphonique aux victimes et se bat pour faire inscrire dans la loi le non-consentement des personnes de moins de quinze ans. En 1986, elle écrit Le Viol du silence, qui fait le récit de l’inceste qu’elle a elle-même subi à l’âge de quinze ans. Et en 1992, elle publie Le sang des mots. Les victimes, l’inceste et la loi, qui revient sur l’importance de la reconnaissance légale des crimes incestueux.

Le Viol du silence, Éva Thomas. Réédité aux éditions Fabert le 07/10/2021.

Le témoignage d’un traumatisme

Le viol du silence vient d’être réédité, le 7 octobre dernier, aux éditions Fabert. Ce récit puissant a été le déclencheur, au moment de sa parution, d’une vague de témoignages de victimes d’inceste. À une époque où la pédophilie n’était pas considérée comme un crime, l’honnêteté avec laquelle Éva Thomas raconte l’ampleur du traumatisme qu’elle a dû surmonter a permis un revirement de l’opinion publique quant à la pédophilie et à l’inceste. Le choc salutaire créé par sa prise de parole et par son engagement sont à l’origine des lois que nous connaissons aujourd’hui. La réédition du Viol du silence est ainsi l’occasion de redécouvrir ce témoignage aussi sensible que douloureux.

Le sang des mots, Éva Thomas. Réédité aux Carnets DDB le 06/10/2021.

Une réflexion sur les lois

Les années d’engagement et de combat d’Éva Thomas lui ont donné l’occasion de militer pour faire évoluer les lois françaises en matière de crimes sexuels. Ainsi, dans Le sang des mots, elle revient sur la nécessité de l’allongement des délais de prescription et de la protection des mineurs de moins de quinze ans. Ce texte, lui aussi réédité ce mois-ci aux éditions Les Carnets DDB, permet de comprendre l’importance de la reconnaissance légale – et donc sociale – de ces crimes.

Article rédigé par
Sophie Benard
Sophie Benard
Journaliste
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