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Gims, Big Flo et Oli : pourquoi ces artistes ne joueront pas en Tunisie ?

04 août 2023
Par Vincent Oms
Bigflo & Oli en concert au Paleo Festival (Nyon, Suisse, 2018)
Bigflo & Oli en concert au Paleo Festival (Nyon, Suisse, 2018) ©Melanie Lemahieu / shutterstock.com

Loin des habituelles raisons médicales derrière les annulations de spectacles, la conscience politique s’invite aussi dans le phénomène.

L’année 2023 aura été tristement marquée par nombre d’annulations de concerts attendus. Le rythme infernal des tournées aura mis en lumière des troubles physiques, comme chez la star Céline Dion, mais aussi psychologiques ou mentaux, avec des artistes aussi divers que Stromae, ou Lewis Capaldi il y a quelques semaines.

Une tendance également mise en lumière par la chanteuse Selah Sue, dans un entretien récent auprès de L’Éclaireur. Cet été marque l’émergence d’une autre cause, très différente, dans cette cascade d’annulations. Cette fois, l’implication politique des artistes vient justifier le non-respect des dates initalement prévues.

Tunisie interdite

Les amateurs de rap français n’auront pas pu passer à côté de ces annonces : Gims, puis dans la foulée Big Flo et Oli, auront décidé de ne pas assurer leurs dates prévues en Tunisie. Si le premier avait fait un bad buzz, assez drôle, autour de sa vision étonnante du mythe des pyramides égyptiennes, il a cette fois fait preuve de réalisme en condamnant la situation des migrants au sein de la « petite perle du Maghreb ».

Les mêmes raisons auront poussé le duo toulousain à lui emboîter le pas, sans concertation, on l’imagine, puisqu’ils avaient moqué Gims dans une de leurs chansons, sur une autre position du rappeur à propos des traditionnels vœux de nouvelle année.

Un geste apprécié des ONG

Pas de Gims à Djerba donc, ni de Big Flo et Oli au Festival International de Carthage. Une façon de dénoncer le sort des migrants, raflés puis abandonnés à leur triste sort en plein désert du Sahara, aux frontières de l’Algérie et la Libye, sans eau, ni nourriture. Une situation intolérable, que le responsable de l’ONU Antonio Guterres a vivement dénoncé, pointant du doigt la politique menée par le président tunisien, Kaïs Saïed.

Les ONG Human Rights Watch ou Amnesty International ont salué les initiatives des chanteurs, qui participent à la médiatisation de cette catastrophe humanitaire aux accents racistes. En outre, les rappeurs Big Flo et Oli ont présenté leurs excuses aux 4000 fans tunisiens qui les attendaient, promettant de venir plus tard et de reverser leur cachet à Médecins du Monde.

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Article rédigé par
Vincent Oms
Vincent Oms
Journaliste