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En 2022, plus de 32 millions de cas d’abus sexuels d’enfants en ligne signalés

04 mai 2023
Par Kesso Diallo
Instagram et Google font partie des fournisseurs de services dont les signalements ont augmenté en 2022.
Instagram et Google font partie des fournisseurs de services dont les signalements ont augmenté en 2022. ©dizain / Shutterstock

Plusieurs entreprises de la tech et réseaux sociaux ont signalé plus de cas d’exploitation sexuelle d’enfants en ligne, avec la majorité des rapports concernant des contenus pédopornographiques.

Organisme de protection de l’enfance, le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) permet au public et aux fournisseurs de services électroniques (ESP) de signaler les cas présumés d’exploitation sexuelle de mineurs en ligne grâce à sa CyberTipline. L’année dernière, il a reçu plus de 32 millions de signalements par le biais de ce service, comme il l’a révélé dans un rapport mardi. Une hausse de près de 3 millions comparé à 2021.

« Si vous regardez l’augmentation des signalements de 2021 à 2022, cela peut être principalement attribué aux signalements soumis par les fournisseurs de services électroniques qui soumettaient déjà un nombre important de signalements à CyberTipline l’année précédente », a déclaré un porte-parole du NCMEC à Bloomberg. En effet, 31,8 millions des rapports (99%) proviennent de ces fournisseurs et et parmi eux, 90% ont été soumis par seulement 5 ESP : Facebook, Instagram, Google, WhatsApp et l’application de chat Omegle.

Des signalements en hausse pour plusieurs fournisseurs

Plusieurs fournisseurs de services électroniques ont connu des augmentations importantes de ces signalements l’année dernière. C’est notamment le cas de Google, dont le nombre de rapports a plus que doublé pour atteindre 2,1 millions, mais aussi d’Instagram (5 millions), d’Omegle (608 601), TikTok (288 125) ou encore Discord (169 800). De l’autre côté, Facebook (21,1 millions) et WhatsApp (1 million) ont rapporté moins de cas présumés d’exploitation sexuelle d’enfants en 2022 qu’en 2021, mais qui restent tout de même élevés.

Si les ESP basés aux États-Unis ont soumis autant de rapports, c’est parce qu’ils sont légalement tenus de signaler les cas de pornographie infantile au service CyberTipline lorsqu’ils en connaissance. Au cours des dernières années, les entreprises de la tech et les réseaux sociaux ont en outre développé des outils de plus en plus puissants afin d’identifier et de supprimer de manière proactive ces abus en ligne.

Une forte hausse des cas de sextorsion financière

Parmi les signalements reçus par la CyberTipline l’année dernière, 99,5% (31,9 millions) concernaient des cas présumés de pornographie infantile, soit des contenus pédopornographiques. Le NCMEC rapporte par ailleurs une augmentation de 82% des rapports concernant la séduction en ligne d’enfants. « L’un des facteurs contributifs à cette croissance a été une augmentation alarmante des rapports de sextorsion financière », a précisé l’organisme. Ce crime consiste à inciter des enfants à envoyer des photos explicites pour ensuite les menacer de les partager avec leurs amis, leur famille ou d’autres personnes s’ils n’envoient pas d’argent.

Enfin, sur les plus de 32 millions de rapports reçus en 2022, le NCMEC en a transmis plus de 49 000 rapports aux forces de l’ordre. Cela, car l’incident signalé était de nature urgente ou parce qu’ils contenaient des informations selon lesquelles un enfant était en danger imminent.

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Article rédigé par
Kesso Diallo
Kesso Diallo
Journaliste