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Tencent aimerait bien croquer un gros morceau d’Ubisoft

05 août 2022
Par Antoine Roche
Assassin's Creed Odyssey
Assassin's Creed Odyssey ©Ubisoft

Et si Ubisoft passait sous pavillon chinois ? En tout cas, Tencent semble bien motivé pour que cela arrive.

Non content de déjà viser les nuages avec un projet de console cloud en partenariat avec Logitech, Tencent semble avoir toujours plus d’appétit pour le secteur du jeu vidéo. C’est ce que nous révèlent les informations de Reuters, issues de quatre sources en lien direct avec le sujet. Le géant chinois souhaiterait augmenter ses parts au sein de l’éditeur français Ubisoft, décidément au cœur de nombreuses attentions. À 5 % de parts depuis 2018, Tencent aurait contacté la famille Guillemot afin de faire grimper ce pourcentage.

Tencent a de l’argent et souhaite s’en servir

Aucun chiffre exact n’a filtré, mais le but serait pour la firme de devenir actionnaire majoritaire grâce à un achat supplémentaire de parts. Aujourd’hui, Ubisoft est évalué à 5,3 milliards de dollars. D’après deux sources, Tencent pourrait offrir jusqu’à 100 euros par action afin de dépasser la famille Guillemot, actuellement à 15 %. En 2018, ce sont 66 euros pour 5 % qui avaient été déboursés.

À titre de comparaison, l’action Ubisoft est actuellement évaluée à 47 euros, et Microsoft proposait 95 dollars par action pour récupérer Activision-Blizzard à 69 milliards de dollars. Tencent semble avoir ce qu’il faut pour aller au bout. La firme aurait fourni les termes et une offre sans engagement aux Guillemot, avec un prix « bien au-dessus » des valeurs de la société afin d’écarter toute concurrence potentielle.

Ubisoft dans la tourmente

Outre cette chasse aux créateurs de jeux de qualité qui a lieu depuis plusieurs années, cette stratégie de Tencent aurait pour but de compenser quelques chiffres en baisse en Chine. En mai dernier, son revenu vidéoludique à domicile chutait de 1 % au premier trimestre, avec une hausse de 4 % à l’international.

Si la crise n’épargne que peu d’éditeurs, Ubisoft est assurément l’un des plus mal engagés ces derniers mois. Entre reports de jeux à la chaîne et mauvais résultats, la société derrière des licences fortes comme Assassin’s Creed, Far Cry et autres Ghost Recon reste malgré tout une cible de choix depuis son refus de succomber à Vivendi en 2018.

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Article rédigé par
Antoine Roche
Antoine Roche
Journaliste
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