Prise en main

Prise en main de la MSI Claw 8 EX AI+ : le grand retour d’Intel ?

16 août 2026

Par Sofian Nouira

Illustration
©MSI

Avec sa nouvelle puce Arc G3 Extreme issue de l’architecture Panther Lake, la MSI Claw 8 EX AI+ et Intel partent à l’assaut des consoles portables sous AMD Ryzen qui règnent pour l’instant en maîtres sur ce segment.

En résumé

Au final, la Claw 8 EX AI+ réussit haut la main son pari technique. La puce Panther Lake distance nettement les machines sous Ryzen Z2 Extreme, l’autonomie en mode Endurance change la donne pour le jeu en mobilité, et l’équipement, du Thunderbolt 4 au SSD remplaçable, est à la hauteur du tarif. Vous l’aurez compris, si vous cherchez la console portable PC sous Windows la plus performante et la plus endurante du moment, c’est elle. Reste la question du prix, certes lié à la conjoncture, mais tout de même difficile à passer sous silence. Toutefois, si votre budget vous permet de vous l’offrir, vous ne le regretterez pas.

Les plus et les moins
  • Les performances GPU nettement au-dessus de la concurrence sous AMD
  • L'autonomie remarquable en mode Endurance, jusqu'à 12 heures sur les jeux légers
  • L'écran lumineux de 120 Hz avec VRR descendant à 48 Hz
  • Le SSD M.2-2280 remplaçable et la connectique Thunderbolt 4 complète
  • Les ventilateurs qui ne s'arrêtent jamais, même au repos
  • La dalle brillante pénalisante en extérieur
  • Le tarif élevé, qui réserve la console aux plus motivés (et fortunés)

Introduction

Présentée au Computex 2026 de Taïwan, la Claw 8 EX AI+ est la vitrine du nouveau pari de MSI. Pendant que la concurrence s’appuie massivement sur les puces AMD Ryzen Z2 Extreme, à l’image de l’Asus ROG Xbox Ally X ou la Lenovo Legion Go 2, le constructeur taïwanais mise de son côté sur Intel. Le fondeur de Santa Clara a su convaincre son partenaire avec sa nouvelle puce Arc G3 Extreme, issue de l’architecture Panther Lake et épaulée par un GPU Arc B390. À ce jour, seule l’Acer Predator Atlas 8 joue sur le même terrain. Rappelons que toutes ces machines sont des consoles-PC, c’est-à-dire de véritables PC gamers au format console portable.

Sur le papier, la fiche technique de la MSI Claw 8 EX AI+ ne manque clairement pas d’arguments. Elle embarque un écran IPS tactile de 20,3 cm (8 pouces) en 1920×1200 rafraîchi de 48 à 120 Hz avec VRR, 32 Go de mémoire LPDDR5x-8533, un SSD de 1 To remplaçable, une batterie de 80 Wh, deux ports Thunderbolt 4 et du Wifi 7, le tout sous Windows 11 Home. Un équipement cohérent avec le positionnement très haut de gamme de la machine, commercialisée à son lancement au prix public conseillé de 1 649 € en Europe.

Le design et ergonomie

Avec ses 321x130x48 mm pour 785 g, la Claw 8 EX AI+ n’est pas une console que l’on glisse dans une poche de veste. C’est le tribut à payer pour l’écran de 20,3 cm et la grosse batterie logée à l’intérieur. La machine se pare d’un coloris Void Purple, un violet foncé qui la distingue au premier coup d’œil des habituelles consoles noires.

Côté contrôles, MSI a fait les choses proprement. Les joysticks comme les gâchettes reposent sur la technologie à effet Hall, ce qui les met à l’abri de la dérive qui gangrène tant de manettes, et les sticks profitent d’un rétroéclairage RGB. Les moteurs de vibration progressent également par rapport aux générations précédentes de Claw. Un lecteur d’empreintes digitales facilite le déverrouillage de Windows, détail loin d’être anecdotique sur ce type de machine.

Les haut-parleurs stéréo de 2×2 W avec traitement DTS Audio font le travail, mais à volume élevé, les grips se mettent à vibrer sous les doigts. Voilà qui est étrange et qui pourrait ternir pour certains une prise en main qui frise par ailleurs la perfection. Cela ne nous a pas gênés le moins du monde dans le cadre de notre test, mais cela mérite d’être mentionné.

L’écran

La dalle IPS de 20,3 cm affiche du 1920×1200 au format 16:10, avec un rafraîchissement variable de 48 à 120 Hz. Cette plage VRR a son importance, nous y reviendrons au chapitre de l’autonomie. Même si cette dalle n’est pas OLED, ce qui nous aurait semblé opportun au regard du prix demandé, il faut bien admettre que son rendu ne manque pas de qualités.

En effet, les couleurs sonnent juste, et le contraste est très correct et la luminosité satisfaisante dans l’ensemble. Le seul bémol tient à la finition brillante de la dalle. En extérieur ou sous un éclairage direct, les reflets deviennent vite envahissants, et la luminosité généreuse ne suffit pas toujours à les compenser.

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Les performances

C’est ici que la Claw 8 EX AI+ (et Intel) frappent fort. La puce Arc G3 Extreme aligne en effet 14 cœurs, avec 2 P-cores Cougar Cove à 4,7 GHz, 8 E-cores Darkmont à 3,4 GHz et 4 LP E-cores à 3,1 GHz. Le GPU Arc B390 et ses 12 cœurs Xe3 culminent à 2 300 MHz, soit 200 MHz de moins que dans les puces pour ordinateurs portables, ce qui lui coûte environ 5 % de performances en moyenne face à ses homologues laptop. Rien de dramatique donc. C’est face à la concurrence que cela devient intéressant. 

Le GPU délivre en effet environ 50 à 60 % de performances supplémentaires par rapport aux machines équipées d’un Ryzen Z2 Extreme ou d’une puce Lunar Lake, et l’avantage sur la Xbox Ally X tourne autour de 40 % en 1080p. Bien sûr, cela dépend des jeux, mais dans l’ensemble, la nouvelle puce Arc G3 Extreme fait (très) forte impression. Ainsi, dans Cyberpunk 2077 avec ray-tracing en Low, la console tient un peu moins de 50 fps de moyenne en rendu natif. L’upscaling XeSS fait ensuite le reste, avec environ 75 fps en Auto, 66 fps en Ultra Quality et jusqu’à un peu plus de 100 fps en Ultra Performance. Les 32 Go de LPDDR5x-8533 en double canal ne sont pas là que pour noircir la fiche technique. Cette mémoire rapide est en effet une exigence d’Intel pour que le GPU ait droit à l’appellation Arc B390, plutôt qu’à un générique « Intel Graphics ».

On note tout de même que quelques soucis de compatibilité persistent avec certains titres. Mais cela n’est sans doute qu’une question de temps avant que tout rentre dans l’ordre au royaume des pilotes Intel. Passons maintenant à la chauffe. Sur le plan thermique, le processeur grimpe à un peu moins de 100 °C sous forte charge, soit dans les mêmes eaux que le Ryzen Z2 Extreme de la Xbox Ally X. Sans surprise, dans ces cas de figure extrêmes, les ventilateurs ne s’arrêtent jamais et se font tout de même entendre. Plus étonnant, même au repos, il y a une sorte de fond sonore permanent qu’il faut accepter, même s’il ne gêne pas la plupart du temps.

L’autonomie

La batterie de 80 Wh est mise à contribution par trois profils de puissance gérés depuis MSI Center M. L’AI Engine autorise un TDP de 37 W avant de se stabiliser à 25 W, le mode Endurance privilégie la sobriété, et le mode Manuel débride la machine jusqu’à 45/35 W. La consommation s’étale de 6,4 à 9,6 W au repos jusqu’à un pic de 55 W en stress test, la puce se stabilisant alors à 45 W.

En jeu, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Cyberpunk 2077 en 1080p Ultra vide la batterie en 1 h 39 en mode Manuel à 35 W, en 2 h 21 avec l’AI Engine et en 3 h 19 en Endurance. Ce dernier mode réserve d’ailleurs une jolie surprise, puisque le même jeu y tourne à environ 90 fps avec la génération d’images 4x pour seulement 14 W consommés par la puce et une vingtaine de watts pour le système complet. Le test en jeu de PCMark 10 confirme d’ailleurs parfaitement cette tendance avec un peu plus de 300 minutes en Endurance, contre environ 150 minutes en mode par défaut. Sur les titres légers, la plage VRR descendant à 48 Hz fait des merveilles. Des jeux légers comme Balatro ou Titanium Court en mode Endurance ne tirent que 6,5 W au total, de quoi tenir 12 heures en théorie ! Intel avance de son côté, mesures internes à l’appui, jusqu’à 11 à 12 heures sur Team Fortress 2.

Signalons tout de même un comportement agaçant sous les 15 % de batterie, où le mode 25 W bascule d’autorité en 15 W, avec la chute de performances qui va avec. La recharge passe par le bloc 65 W USB-C PD 3.0 fourni.

La connectique et le logiciel

MSI n’a pas lésiné sur ce chapitre. Deux ports Thunderbolt 4 en USB4 à 40 Gbps ouvrent la porte aux docks et aux GPU externes, le Bluetooth 6 et un jack 3,5 mm complètent le tableau. Le Wifi 7 est de la partie grâce à une puce Intel BE213, mais limité à des canaux de 160 MHz au lieu de 320 MHz, ce qui plafonne les débits entre 1,8 et 2,3 Gbps. Correct, sans exploiter tout le potentiel de la norme. Le stockage marque un vrai progrès. Le SSD Micron 2500 de 1 To en PCIe Gen 4 x4 loge dans un emplacement M.2-2280 pleine taille, là où les générations précédentes se contentaient du format 2230, plus rare et plus cher au gigaoctet. Le lecteur microSD Express dépasse quant à lui les 800 Mo/s, de quoi installer des jeux sur carte sans trop de compromis.

Côté logiciel, Windows 11 Home reste Windows, avec ses lourdeurs sur un petit écran. Il serait tout de même malhonnête de ne pas reconnaître que Xbox Mode amène du mieux. Cette surcouche plein écran utilisable à la manette se montre nettement plus digeste que Windows 11 seul. On apprécie aussi les progrès faits en matière de gestion de la veille et du réveil, qui fonctionnent enfin de manière fiable. Une grande première sur une console portable sous Windows.

Mais tout n’est pas encore parfait pour autant. L’expérience est très correcte si vous restez uniquement dans l’univers Xbox. En revanche, dès qu’un launcher Steam (ou autre) s’en mêle, les choses se gâtent. On peut certes y accéder depuis un menu du Xbox Mode, mais nous avons régulièrement rencontré des problèmes, avec les contrôles qui ne réagissent plus, Steam qui ne se lance pas en mode Big Picture malgré le paramétrage, etc. Ce n’est pas dramatique et on finit toujours par parvenir à lancer son jeu. Mais cela ajoute de la frustration, surtout si vous avez connu Steam OS.

D’autres petits désagréments sont à noter, comme le fait que lors de l’invocation du menu Xbox, la machine s’obstine à vous placer sur le premier onglet de cet overlay, à savoir celui où MSI regroupe plusieurs raccourcis. Ils sont certes utiles, mais cela n’en reste pas moins frustrant la plupart du temps, d’autant que lors de l’appui, c’est bien le menu Xbox qui s’affiche en premier… avant d’aller automatiquement sur l’autre. De même, nous avons rencontré quelques problèmes pour jongler entre la vue Xbox et la vue Windows classique. Une fois sur cette dernière, il arrive qu’il soit tout bonnement impossible de retourner dans l’appli Xbox, nous forçant à redémarrer à quelques reprises tout de même.

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