Sélection

Le top des meilleurs films de John Carpenter

06 juillet 2022
Par Camille J.
Le top des meilleurs films de John Carpenter

A l’occasion de la réédition de Los Angeles 2013 le 6 juillet prochain, la Fnac vous fait un petit tour d’écran des meilleurs films de John Carpenter.


 Assaut – 1976

 

Réalisateur, scénariste de presque tous ses films et compositeur également de la majorité, John Carpenter évolue parmi les années 70 et 80. Enchainant aussi bien les films d’action, futuriste, fantastique et d’horreur, il adopte un style majoritairement de série B, qui n’exclut pas son authentique sens de la mise en scène. Après un premier court transformé en long métrage de fin d’étude, Dark Star en 1974, c’est avec Assaut que sa carrière décolle. Avec un budget quasi inexistant (100.000$), ce film en huis-clos s’appuie sur des cadrages serrés et des séquences de grandes violences, certaines pouvant paraitre inacceptables pour un public non averti. Avec un scénario des plus simples (écrit en 8 jours !), un commissariat se fait prendre d’assaut en pleine nuit. Carpenter nous emmène au bout de la nuit dans un film prenant et déroutant, avec une tension qui monte tout du long. Un thriller réaliste qui montre la cruauté de l’humain, purement basique et gratuite de la peur de l’autre.     

Halloween – 1978

 

Au même titre que RomeroHooperCraven, quand on pense horreur, on pense Carpenter, et pourtant mis à part quelques films, ce n’est pas le plus gros de sa filmographie. Mais celui-ci, qu’il co-écrit avec sa compagne Debra Hill, est un incontournable de son corpus, et du sous-genre tout court. Halloween 1978, La nuit des masques, a su relancer le genre du slasher au moment où il en avait le plus besoin. Dans la nuit du 31 octobre 1978, le jeune Michael Myers, échappé de son hôpital psychiatrique pour avoir assassiné sa sœur à l’âge de 6 ans, a bien l’intention de reprendre là où se sont arrêtés les massacres. Il poursuit la jeune population d’Haddonfield sans relâche avec l’intention de rendre cette nuit de festivités inoubliable. Une franchise qui fête ses 44 ans avec 11 films qui ont depuis repris le flambeau, mais on en revient toujours aux origines du mal façon Carpenter.      

Fog – 1980

 

Le mythe du vaisseau fantôme prend vie dans Fog. Il est raconté qu’à la tombée de la nuit, un nuage épais de fumée fera renaitre de leurs cendres les marins naufragés du siècle dernier. Rien de tel pour célébrer le centenaire d’Antonio Bay en Californie que la légende urbaine devienne réalité pour les habitants. Un thriller horrifique maitrisé qui pourtant sur le papier n’enchante guère plus. On y retrouve Janet Leigh (Psychose) mais aussi sa fille Jamie Lee Curtis, rescapée d’Halloween tout comme Debra Hill qui rempile en co-scénariste, comme la plupart de sa filmographie. A l’instar de The Mist (2007) adapté de Stephen King, la véritable peur survient de cette entité invisible et imprévisible où seuls les crochets de mercenaires de l’océan dépassent pour mieux trancher dans le vif. Une bataille sans merci pour ceux qui réclament justice, œil pour œil. Ils en veulent à la ville et sont bien déterminés à rétablir équitablement le nombre de morts équivalent aux leurs. La rancune est un vilain défaut qui prend du temps à se dissiper, et de cette épaisse fumée, la justice sera enfin rendue.     

New York 1997 – 1981

 

Diptyque avec sa suite Los Angeles 2013New York 1997 est co-scénarisé par John Carpenter et Nick Castle, qui n’est autre que The Shape, aka Michael Myers dans Halloween (il joue aussi dans Dark Star). Les deux amis ont également créé un groupe de musique appelé The Coupe de Villes avec Tommy Lee Wallace (réalisateur de Halloween 3 et Il est revenu). New York 1997 est un film emblématique des années 80. Comme à son habitude, le scénario ne fait pas dans la dentelle, on va droit au but et le tout ressemble à une très bonne série B. 1997, New York n’est plus la Grande Pomme que l’on connait avec ses grattes-ciel et sa vie à 1000 à l’heure. Transformée en ghetto de fortune, avec des remparts, où le seul moyen d’y entrer est par les airs, le temps semble être arrêté, la météo aussi. Tout est sombre et lugubre à l’image film d’anticipation apocalyptique. Kurt Russell est Snake, un rôle iconique aux gros bras et au patch de pirate, débouté pour l’occasion. Avec ses allures de cador, lui seul peut mener à bien sa mission, entrer dans Manhattan et sauver le président dont l’avion a été détourné. Une mission sombre et burlesque qui aujourd’hui encore fait plaisir à voir. 

The Thing – 1982

 

Avec The Thing, cet Alien de l’Antarctique, Carpenter signe un film culte, angoissant, oppressant, qui fait froid dans le dos à tous les niveaux. Après la découverte d’un corps enfoui dans la glace et vieux de milliers d’années, les 12 chercheurs de l’expédition vont trouver bien plus qu’ils ne cherchaient. Surtout lorsque la créature reprend vie et commence à les traquer un par un. Polymorphe, elle peut prendre n’importe quelle apparence, et c’est bien là que l’horreur réside. La confiance entre les coéquipiers se perd peu à peu et tourne à la paranoïa. Tension, folie et survie vont mettre tous les sens à mal dans cette œuvre horrifique, adaptation magistrale de la novella de John W. Campbell Jr. Le scénariste Bill Lancaster déchaîne les explosions d’intensité avec brio, Kurt Russell est de nouveau de la partie, et les huis-clos qui caractérisent Carpenter vont une nouvelle fois mettre à mal le spectateur dans l’une des œuvres préférées du réalisateur.    

 Christine – 1983

Avec un simple bolide, Carpenter nous fait une œuvre dont on se souvient tous aujourd’hui. Christine, un nom qui sonne doux à l’oreille mais qui cache bien son jeu. Adapté du roman éponyme de Stephen King, jamais une histoire n’aura autant pris vie et pris de vies que sous les traits de la Plymouth Fury de 1958. Avec Arni, un adolescent introverti persécuté par ses camarades comme conducteur principal. Christine n’attend que de rendre justice pour tout le mal causé. En absorbant sous le capot toute la méchanceté de ceux qui l’entourent. Celle qui n’est programmée que pour tuer attend la moindre opportunité pour appuyer sur l’accélérateur. Une tueuse aussi redoutable que n’importe quel tueur en série des années 1980. Soutenu par le script débordant d’intensité de Bill Phillips, Carpenter raconte cette étonnante histoire avec style.   

Invasion Los Angeles – 1988

Dans Invasion Los Angeles, lorsque John porte des lunettes de soleil qu’il a trouvées dans des circonstances étranges de trafic de lunettes, il voit la vie en noir et blanc. Mais la vraie particularité de celles-ci est qu’il reconnaît surtout les extraterrestres qui se sont fondus dans la masse depuis toujours et les messages subliminaux de soumission accrochés partout. Prenant l’apparence des humains pour mieux nous tromper, les exo squelettes sont devenus la majorité de la population mondiale. Bien visibles et pourtant cachés des yeux du monde. Il n’en faut pas plus pour ceux qui portent ses lunettes pour lutter et tenter de renverser la tendance. Seuls contre tous, les hors-la-loi n’ont plus rien à perdre face à la vérité. Un film vintage et surprenant, qui change un peu de sa filmographie tout en gardant ses codes spécifiques. On y retrouve le côté souvent brut de ses premiers films (Carpenter revient ici à l’écriture).

L’Antre de la folie – 1995

Pour comprendre la folie, il n’y a rien de tel que d’y participer. Et c’est sur ce constat que John Trent (Sam Neil), détective, va se perdre à ses dépens pour retrouver l’écrivain d’épouvante Sutter Cane, auteur disparu de l’œuvre à succès récent  « l’antre de la folie ». Un thriller psychologique dans lequel on retrouve la patte de Carpenter. Accompagné par une employée de la maison d’édition, les deux vont parcourir le livre pour en apprendre plus sur l’auteur et son œuvre, afin de le retrouver. Un jeu de pistes qui va les conduire à Hobb’s End, une bourgade oubliée du monde, où le paranormal à bien sa place. De quoi définitivement confondre fiction et réalité. Troisième volet de sa « trilogie apocalyptique » après The Thing et Prince des TénèbresL’Antre de la folie fait partie des films dans le film ou plutôt des films dans le livre dans ce cas. Carpenter et le scénariste Michael De Luca signent un thriller de fond qui sort de sa filmographie du premier mais qui a tout à fait sa place parmi ses meilleures œuvres.

Los Angeles 2013 – 1996

 

Suite de New York 1997Los Angeles 2013 est toujours scénarisé par Carpenter et Debra Hill, mais sans Nick Castle et avec Kurt Russell. On reste dans le thème de la prison à grande échelle comme dans le premier volet. Alors que la terre à subi une onde de choc, séparant Los Angeles du continent Américain, les pires citoyens du pays se retrouvent ensemble sur cette nouvelle terre. Comme dans le premier film, l’autodérision de la série B est de nouveau présente, même plus assumée, mais comment faire autrement ? Snake (Kurt Russell) reprend du service. A croire que de New York à Los Angeles, il y a toujours un mal alpha plus méchant que les autres, qui a besoin qu’on lui remette les idées en place. Et c’est là que Snake intervient, toujours avec ses gros bras et son œil aguerri. Les plans d’un film à l’autre se ressemblent dans la pénombre, parce que quand l’homme agit mal, il le fait mieux de nuit c’est certain. Un film à ne pas prendre au sérieux, qui conclut parfaitement le diptyque.

The Ward – 2011

Pas forcément le film que l’on retient de sa filmographie mais étant son dernier en tant que réalisateur, c’est un passage obligé. The Ward, passé inaperçu à l’époque, reprend pourtant les codes de film d’horreur fidèles à Carpenter. Présenté en avant-première au premier PIFFF (Paris International Fantastic Film festival) auquel j’ai pu assister, The Ward joue sur une ambiance anxiogène. Et rien de tel qu’un hôpital psychiatrique pour nous garantir un bain de sang via un concept efficace : un groupe de femmes internées dans cet asile se retrouve en proie à un fantôme perdu dans l’espace-temps. Si la sortie semble être au bout du couloir, la trouver va se révéler plus compliqué. C’est également l’occasion de retrouver Amber Heard, à qui il faudra bien plus qu’une thérapie dans un hôpital pour revenir sur des plateaux de cinéma. 

Article rédigé par
Camille J.
Camille J.
Vendeuse Vidéo à la Fnac Champs-Elysées
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