Sélection

Les meilleurs romans de Balzac

12 septembre 2023
Par Melanie C.
Les meilleurs romans de Balzac

Avec plus de 88 livres à son actif, Honoré de Balzac est l’un des écrivains les plus prolifiques de son siècle. Nombre de ses romans continuent d’enchanter les lecteurs du monde entier et d’être adaptés au cinéma, en témoignent les films Eugénie Grandet et Illusions perdues sortis cette année. Petit florilège, par ordre chronologique de parution, de ces ouvrages intemporels faisant partie du grand cycle de La Comédie humaine.

Les Chouans (1829)

Si le roman Les Chouans avait conservé son titre originel (Le Gars), aurait-il été aussi populaire près de deux siècles après sa parution ? Le titre a d’ailleurs fluctué pendant plusieurs années avant de prendre celui que l’on connaît en 1845, en tant que tome XIII de La Comédie humaine.

On se retrouve plongés à la fin de la Révolution française et au début du Consulat, en 1799, au cours d’une intrigue mêlant aventure, romance et politique. Ou l’envoi d’une belle aristocrate en terres bretonnes afin de séduire le chef de paysans armés souhaitant le retour de la monarchie.

Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, d’autant que les deux protagonistes vont tomber amoureux l’un de l’autre…

Deux adaptations ciné verront le jour : Les Chouans d’Henri Calef avec Jean Marais en 1947 et Chouans ! de Philippe de Broca sorti en 1988, avec Philippe Noiret et Sophie Marceau.

Petites misères de la vie conjugale (1830)

Cela ferait un bon titre de film de Woody Allen ou Pedro Almodovar. Quand Honoré de Balzac se lance dans une étude de mœurs, cela donne ces Petites misères de la vie conjugale. Un essai sur les différentes situations dans les couples et les familles, d’ordre sentimentales, psychologiques ou financières.

Rédigé sans ordre défini, il peut également se lire comme tel. Il est à noter de nombreux portraits truculents de ses semblables, sans lésiner non plus sur une part plus sombre et dramatique.

Une œuvre sans concession donc, qui obtint un joli succès lors de ses différentes éditions.

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La Peau de chagrin (1831)

Initialement baptisé Une débauche, La Peau de chagrin est un roman fantastique dans lequel un jeune homme achète chez un antiquaire un bout de peau unique, ayant le pouvoir d’exaucer tous les vœux de son propriétaire. Mais il y a une contre-partie : à chaque vœu, la peau diminue et avec elle, la vie de celui qui la possède.

Dans la lignée du pacte avec le Diable de Faust, La Peau de chagrin est une tragédie de l’âme humaine, puisque le héros ne se sert de la peau en question qu’à des fins de gloire, d’amour et de succès mondain. Voyant l’objet rétrécir de jour en jour, à la manière du portrait de Dorian Gray qui s’enlaidit et vieillit, il finit par mourir de dépit.

Le roman sera régulièrement adapté sur scène, en ballet, théâtre ou opéra, ainsi qu’au cinéma et à la télévision.

Le Chef-d’œuvre inconnu (1831)

Autre récit fantastique, Le Chef-d’œuvre inconnu. Une nouvelle qui eut un grand retentissement et dont la Maison de Balzac propose actuellement une exposition.

Il s’agit en effet d’une puissante réflexion sur l’art, par le prisme de Nicolas Poussin. Il rencontre un maître peintre fictif travaillant sur un chef-d’œuvre depuis une dizaine d’années, sans que personne ne l’ait encore vu. Poussin demande alors au maître de peindre sa promise, mais la beauté de cette dernière va rendre fou le vieux peintre. Cent ans après sa parution, Picasso sera amené à réaliser des illustrations pour une nouvelle édition et en 1991, Jacques Rivette y livrera sa version avec La Belle Noiseuse, dans lequel Emmanuelle Béart pose alanguie pour Michel Piccoli.

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L’Auberge rouge (1831)

L’Auberge rouge de son côté, est une autre démonstration de la capacité de Balzac à aborder des thématiques fantastiques.

Dans une auberge de campagne, un meurtre mystérieux a été commis avec des instruments chirurgicaux. Qui a bien pu procéder à une telle horreur ? À qui a profité le crime ?

À ne pas confondre avec un authentique fait divers qui éclata en Ardèche un an plus tôt, en 1830, dans lequel un couple d’aubergistes a trucidé une cinquantaine de voyageurs pendant une vingtaine d’années. C’est de cette histoire communément appelée « l’Auberge rouge » que Claude Autant-Lara et Gérard Krawczyk en feront des films à gros budget.

Le Colonel Chabert (1832)

Colonel de l’armée impériale sous Napoléon Bonaparte, Hyacinthe Chabert revient dix ans après son décès supposé. Entre temps, sa femme a refait sa vie en épousant un comte. Mais si elle accepte de rendre public le retour de son premier époux, elle risque de finir ruinée. Elle va tout tenter pour ne pas ébruiter l’affaire.

Le Colonel Chabert est une histoire inspirée de faits réels, survenus au cours des différentes campagnes napoléoniennes. Un roman régulièrement réédité et réécrit par l’auteur pendant une dizaine d’années.

Le livre sera souvent adapté au théâtre et au cinéma. On se souvient notamment de sa version de 1994, Le Colonel Chabert d’Yves Angelo, avec un casting dantesque : Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Fabrice Luchini ou encore André Dussollier.

Eugénie Grandet (1834)

Si vous avez aimé le personnage d’Harpagon de Molière, vous allez adorer Félix Grandet de Balzac. Difficile de faire plus avare que lui. Doué dans les affaires, il cache à sa femme et à sa fille Eugénie, l’état réel de sa fortune personnelle et préfère vivre dans le dénuement. Pourtant, dans les environs, on sait combien il pèse réellement et Eugénie devient le plus beau parti de la région. Mais Félix refuse de la marier pour ne pas avoir à dépenser de dot.

Eugénie Grandet est une critique acerbe de la petite bourgeoisie de province et des différentes mentalités sous la Restauration, dont certains passages cyniques pourraient correspondre à notre époque. Le roman a été souvent porté à l’écran, notamment en 2021 avec le film Eugénie Grandet de Marc Dugain, porté par un terrible Olivier Gourmet.

Le Père Goriot (1835)

Voici l’antithèse totale de Félix Grandet. Car le veuf Jean-Joachim Goriot est prêt à tous les sacrifices, jusqu’à vivoter dans la pauvreté la plus totale, pour que ses deux filles puissent s’épanouir et contracter de beaux mariages. Quitte à être totalement négligé et dénigré par ces dernières qui ont honte de lui.

Le Père Goriot est sans doute l’un des romans parmi les plus célèbres de Balzac, notamment pour sa manière de décrire les différents pensionnaires de la Maison-Vauquer. On y retrouve Rastignac rêvant d’intégrer la haute société ou Vautrin, un criminel qui tait ses méfaits. Goriot, abandonné par ses filles, en mourra de chagrin.

Le roman est à la fois une critique de la société parisienne sous la Restauration et une étude sur l’amour paternel. Il sera souvent adapté à la télévision et au cinéma. Charles Aznavour y livrera même une de ses meilleures prestations en 2004.

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Le Lys dans la vallée (1836)

Nouvelle étude de mœurs, Le Lys dans la vallée conte l’histoire d’amour tragique entre un jeune homme de famille aristocratique et une comtesse vertueuse, mais mariée à un homme violent. Pendant de longues années, leur idylle demeure platonique. Aussi, le jeune homme se rend à Paris, rencontre une femme proche du roi avec qui il va vivre une passion charnelle. Ce qui fera dépérir la comtesse.

Rédigé sous la forme d’une lettre, Le Lys dans la vallée est l’archétype même des romances impossibles à la Balzac, inspiré par la propre liaison qu’entretenait l’écrivain avec Laure de Berny.

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Illusions perdues (1837)

Jeune poète provincial, Lucien de Rubempré rêve d’amour et de gloire. Il monte à Paris en compagnie de sa maîtresse, Madame de Bargeton, mais une fois à la capitale, celle-ci va le délaisser pour sauvegarder les apparences. Ayant soif de revanche et de reconnaissance, Lucien va intégrer une équipe de journalistes et découvrir le pouvoir de l’écriture, capable de faire et défaire des réputations. Jusqu’à se perdre. *

Critique acerbe de la noblesse sous la Restauration et du monde corrompu de la presse, Illusions perdues est sans doute le roman le plus intemporel de Balzac. Conspué lors de sa sortie, il bénéficie depuis d’une réhabilitation, en témoigne son adaptation réussie par Xavier Giannoli en octobre 2021, superproduction glaçante sur le monde parisien pétri de débauche.

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La Maison Nucingen (1838)

On avait rencontré le baron de Nucingen dans Le Père Goriot et suivi sa trace dans Melmoth réconcilié. Le voici héros peu scrupuleux des autres avec son propre roman, La Maison Nucingen, traitant âprement de spéculation boursière et d’agiotage alors en vogue à l’époque. Il s’agit d’un parallèle avec la montée en puissance de la maison Rothschild.

Parmi les personnages principaux, Eugène de Rastignac tout droit sorti du Père Goriot et devenu un homme respectable. Raul Ruiz en fera le film La Maison Nucingen avec Elsa Zylberstein et Jean-Marc Barr.

Splendeurs et misères des courtisanes (1838)

Comportant 273 personnages, Splendeurs et misères des courtisanes est le roman le plus ambitieux en matière d’étude de mœurs de Balzac. Après les dorures, le stupre, l’auteur s’intéresse ici au monde de la prostitution et du crime, en suivant un forçat évadé et une demi-mondaine exploitée par ce dernier.

On y retrouve les personnages de Vautrin du Père Goriot, de Lucien de Rubempré des Illusions perdues et du baron Frédéric de Nucingen dans cette suite de La Maison Nucingen.

Le roman fit scandale puisqu’il parle ouvertement de viol, d’homosexualité, de la prostitution infantile ou des différentes frustrations sexuelles conduisant à des exactions.

Un roman choc fort documenté que n’aurait pas renié le Nana de Zola.

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La Cousine Bette (1846)

Lisbeth Fischer et son amie Valérie Marneffe décident de détruire la vie de celles et ceux qui les entourent. Et les deux femmes, aigries, réussissent plutôt bien leur petite entreprise.

Roman cruel par excellence, La Cousine Bette est l’un des derniers grands romans de Balzac, dans une veine plus réaliste que les autres.

Traitant des thématiques du vice et de la vertu, de l’argent et même de l’homosexualité féminine en sous-texte, le roman a souvent eu l’heur de se retrouver au cinéma, dont une version américaine avec un prestigieux casting, Jessica Lange en tête.

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Article rédigé par
Melanie C.
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