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Jalen Ngonda : 3 excellentes raisons d’écouter son manifeste soul, « Doctrine of Love »

01 juin 2026

Par Julien D.

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©Max Banner

Lorsqu’une nouvelle tête s’impose dès son premier disque, on évoque souvent la fameuse « heure de vérité » du deuxième album. Avec Jalen Ngonda, le suspense n’aura pas duré bien longtemps. À l’heure où paraît « Doctrine Of Love », dans un monde qui manque cruellement d’amour justement, deux ou trois singles auront suffi à confirmer ce que l’on pressentait déjà : nous avons bien affaire à l’un des plus brillants représentants de la soul du 21e siècle.

Introduction

Si vous êtes un.e fidèle lectrice ou lecteur des recommandations musicales de L’Eclaireur, le nom de ce brillant chanteur et musicien vous parlera sûrement. Été 2023, à quelques semaines de la sortie de son premier album (Come Around & Love Me), on misait gros sur le nom de Jalen Ngonda. Cette toute jeune voix de la soul afro-américaine exilée au Royaume-Uni nous renvoyait illico aux monuments du genre signés Marvin Gaye, Sam Cooke, Al Green et autres Isley Brothers, Stylistics.

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Avec son nouvel opus, Doctrine Of Love, épousant parfaitement le ton et l’imagerie collective des grandes heures de la soul dite « classique », le trentenaire américain persiste et signe dans une voie qui lui va à merveille. Toujours accompagné par l’excellente maison Daptone Records, qui lui offre encore une fois l’écrin instrumental qu’il mérite, celui qui, pour sa toute première scène française, se présentait seul avec sa guitare — en avril 2023, en première partie de Thee Sacred Souls) — a depuis copieusement épaissi sa formule.

Alors autant dire qu’on attendait ce deuxième opus avec l’impatience des grands jours. Depuis, on reste scotché à la platine.

Vous voulez savoir pourquoi ? Explications en trois actes.

1- La pochette

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On dira ce qu’on voudra, même à l’heure de la dématérialisation, la pochette d’un album reste le premier élément qui nous saute à la figure. Hyper importante, la « cover » fait généralement partie intégrante du projet quand les artistes et les labels font bien les choses.

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : environ 30 à 50 % des acheteurs de vinyles n’ont pas de platine, mais adorent l’objet au point de l’accrocher dans leur salon comme une œuvre d’art.

À ce titre, le visuel de Doctrine Of Love s’inscrit dans la ligne artistique chère à son label new-yorkais.

Entre élégance vintage ouvrant la perspective d’une production aux vibrations « à l’ancienne » et éléments visuels pensés en écho au premier album, tout fonctionne. Police de caractère quasi similaire, photo de Jalen N’Gonda en pied et visage désormais découvert, maintenant que sa notoriété et sa crédibilité artistique sont reconnues. On passe du noir et blanc à la couleur, évoquant un nouveau chapitre plein de luminosité.

2 – Le sujet

L-O-V-E. Si ces quatre lettres se retrouvent régulièrement griffonnées dans les carnets des songwriters du monde entier, aux États-Unis, dans des genres aussi populaires que la country, le rock ou la soul, certains en ont fait un véritable étendard. Dans la ligne directe de ses premiers titres enregistrés en 2023, les textes de Jalen N’Gonda portent haut le flambeau de la passion et des tourbillons amoureux.

Mais à la différence des nombreuses chansons que l’on qualifierait de « tire-larmes », celles qui ont aussi fait les grandes heures de la soul classique, N’Gonda chante principalement la face lumineuse de l’épineux sujet.

Le monde se bagarre, les communautés se replient, les divisions sont plus fortes que jamais, mais le Dr Jalen a une ordonnance de premier choix : une doctrine de l’amour.

3- Soul & groove : l’accord parfait

Et si on parlait musique ? Ce disque possède tous les atouts pour résonner longtemps. Dix titres qui prennent cette fois une direction un peu différente de ce qu’on entendait sur le premier album.

Là où Come Around And Love Me embrassait majoritairement (et avec brio) les vibrations typiques de la mythique Motown, Doctrine Of Love zoome un peu plus large et épouse d’autres références qui ont fait l’histoire majeure de la soul américaine.

Si, à l’écoute de Hanging On The Shelf, Taken Out The Picture, Anyone In Love ou Doctrine Of Love, on retrouve les ficelles efficaces des arrangeurs du célèbre label de Detroit (intro batterie/percussions/piano, ruptures de rythme, refrains ascendants, chœurs pop, nappes de cordes, xylophone…), ce nouvel album lorgne aussi parfois davantage vers le Sud, vers cette southern soul — par opposition à celle élaborée au Nord — qui fit en son temps les grandes heures du fameux Chitlin’ Circuit.

Le groove cuivré de Burning Temptation, celui plus rugueux de Good Good Love ou ce génial I Can’t Ever Leave You, dont on aurait voulu qu’il dure éternellement, reflètent parfaitement la maîtrise de l’exercice.

Encore une solide preuve de la confiance qu’on accorde aux albums marqués du sceau Daptone Records. Le label new-yorkais a su, au fil des années, imposer ses artistes, sa ligne artistique et son modèle économique sans jamais renoncer à son indépendance vis-à-vis des majors de l’industrie musicale, ni céder à la facilité en enregistrant des disques avec de vrais musiciens.

À l’heure où de pâles copies générées par l’intelligence artificielle gangrènent les plateformes et les bacs, il est important de souligner la démarche et le savoir-faire de ces artisans, ainsi que celui de leur nouveau protégé, l’incomparable Jalen Ngonda, qui, à chaque venue sur le sol français, se voit obligé d’augmenter la capacité des salles où il se produit. Le signe indéniable d’une étoile montante.

Doctrine Of Love fait partie de la sélection des meilleurs 10 albums du mois de juin 2026.

Article rédigé par

Disquaire à la Fnac Montparnasse

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